La reine clandestine (The cousin’s war, tome 1) – Philippa Gregory

Synopsis: 

1464. L’Angleterre est en guerre. La maison d’York, avec à sa tête le roi Édouard IV, s’oppose à la maison de Lancastre, qui souhaite lui reprendre le trône. Le jeune roi fait alors la connaissance d’Élisabeth Woodville, veuve de Sir John Grey et mère de deux garçons, Richard et Thomas. Séduit, il l’épouse secrètement. Mais Richard Neville, comte de Warwick, cousin et principal conseiller du roi, voit d’un très mauvais oeil cette union qui contrecarre ses desseins politiques. Il voit de plus son influence décroître au profit des proches d’Élisabeth. Neville passe alors à l’ennemi et rejoint la maison de Lancastre… Luttes fratricides, complots et trahisons, secrets de palais…

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Mon avis: 

Après deux romans excellents de Philippa Gregory (Deux soeurs pour un roi et L’héritage Boleyn), j’avais très envie de continuer ma découverte des ouvrages de cette auteure. A ma connaissance, seule une suite de ces deux-là était disponible depuis quelques mois en français, et j’ai été très surprise de découvrir celui-ci (ainsi que sa suite directe, La princesse blanche) en librairie la semaine dernière. Moi qui avais terminé ma PAL papier avant le départ en tour du monde, me voilà avec deux nouveaux romans à liquider en quelques jours ^^

La reine clandestine n’appartient pas à la série des Tudors comme Deux soeurs pour un roi et L’héritage Boleyn. C’est une autre saga – on pourrait presque parler de saga préquel, puisque nous sommes deux générations avant les évènements de la série des Tudors (qui nous parle de la vie du roi Henry VIII et ses épouses successives). Dans cette nouvelle série, Philippa Gregory a choisi de nous plonger au coeur de la guerre des deux roses, un épisode de l’histoire anglaise auquel je n’ai jamais compris grand chose ^^’. Ca se déroule dans la seconde moitié du XVème siècle, quelques décennies avant l’avènement d’Henry VIII justement. Je savais qu’il s’agit de deux clans (chacun symbolisé par une rose) se battant pour la couronne, et que ça a inspiré G.R.R Martin pour Game of Thrones, mais c’est tout. Et si la lecture de ce roman a évidemment éclairé ma lanterne sur les tenants et les aboutissants de ce conflit célèbre, c’est tout de même resté très complexe de par le nombre de personnages, les liens de parenté divers et les trahisons / changements de camps des uns et des autres.

L’auteure a choisi (à nouveau) de nous présenter cet épisode historique via un point de vue féminin (alors que les femmes ont longtemps été des personnages historiques secondaires). Ici, la narratrice est Elizabeth Woodwill, une jeune fille de bonne famille de 27 ans en 1464, veuve et mère de deux garçons, qui se retrouve sans richesses suite à la mort de son mari. Elle présente une requête à Edouard IV, prétendant au trône d’Angleterre, pour récupérer les terres de son défunt époux… et très vite, il tombe amoureux d’elle et l’épouse en secret. (Ca parait assez rocambolesque comme début d’histoire mais ce sont pourtant des évènements historiques avérés)!. Très vite également, il se retrouve couronné roi, officialise son union avec Elizabeth et fait d’elle la reine d’Angleterre, contre l’avis de son conseiller principal qui aurait voulu qu’il épouse une autre jeune fille plus intéressante en termes d’alliances politiques – sans compter le fait qu’Elizabeth vient d’une famille auparavant favorable à l’opposant d’Edouard.

Nous sommes rééllemen plongés au coeur du conflit entre les York et les Lancastre. Comme je le disais plus haut, ça a vraiment clarifié les choses pour moi sur les tenants et les aboutissants du conflit, mais c’est vrai qu’il y a tellement de personnages et d’enjeux différents qu’au début et à la fin du roman, j’étais vraiment perdue. Un autre point de vue que celui d’Elizabeth aurait peut-être permis d’apporter une plus-value – ce que l’auteure a en fait écrit dans les tomes suivants de la saga, qui reprennent les mêmes évènements que dans ce livre-là, mais vu par d’autres femmes! Je ne suis pas sûre d’être hyper d’accord avec ce procédé – j’aurais préféré avoir plusieurs points de vue en un seul livre plutôt que de lire plusieurs fois la même histoire avec différents points de vue

Le roman couvre une période de 21 ans puisqu’il termine en 1485; l’auteure évoque et nous propose une explication sur un mystère historique (qui va être développé dans La princesse blanche), ce que je trouve fascinant: la disparition des deux fils d’Elizabet et Edouard, héritiers du trône. J’ai vraiment hâte de lire la suite pour découvrir ce que l’auteure nous a réservé à ce sujet. Comme d’habitude avec Philippa Gregory, le roman dans son intégralité est hyper pointu, que ce soit au niveau de l’écriture et de la plume de l’auteure qu’à celui des faits historiques qu’elle interprète. On sent un remarquable travail de recherche derrière tout ça, c’est très documenté mais jamais didactique ou pompeux, toujours bien intégré à l’intrigue. Je trouve vraiment que de ce point de vue-là, c’est vraiment impeccable.

Je n’ai pas spécialement accroché au côté « sorcellerie » développé par l’auteure autour des personnages d’Elizabeth et de sa mère, censées descendre d’une déesse des eaux. Je m’interroge vraiment sur la part de vérité historique derrière tout ça, et aussi tout simplement sur l’utilité de ces passages dans le roman.

Globalement, c’est un bon roman. Ce sera celui auquel j’aurais le moins accroché des romans de l’auteure, de par la complexité du conflit évoqué et un côté sorcellerie qui m’a interpellée, plutôt dans le mauvais sens. Mais il reste néanmoins vraiment bon, et historiquement hyper intéressant. Je suis très contente d’avoir pu découvrir l’histoire de la grand-mère d’Henri VIII, et j’ai hâte de terminer le tome consacré à sa mère (La princesse clandestine). Je regrette un peu que le personnage de Richard III reste anecdotique – la découverte récente de son corps (2012) rend ce roi (dépeint par Shakespeare comme terrible) très intriguant.

En résumé: 

 

 

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