Reines de sang – Philippa Gregory

Synopsis: 

Jane, Catherine et Mary Grey sont trois sœurs qui ne souhaitent rien d’autre que profiter des beautés de ce monde, de leur jeunesse, et de trouver l’amour. Mais leur héritage royal font d’elles des cibles aux yeux de leurs cousines : Marie et Élisabeth qui se partageront successivement la couronne d’Angleterre et redoutent plus que tout de la perdre. Chacune d’entre elles est cependant déterminée à prendre les rênes de leur propre destin pour être la dernière Tudor même si cela signifie risquer sa vie et vivre ses derniers instants à la Tour de Londres. Dans ce jeu de pouvoir, qui sera la dernière Tudor ?

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Mon avis: 

Etant clairement fan des écrits de Philippa Gregory, je ne pouvais pas passer à côté de son nouveau titre, Reines de Sang. Il m’a fallu une bonne semaine pour le lire – j’ai légèrement moins accroché que pour d’autres romans de l’auteure – mais ça reste d’excellente facture!

L’auteure nous plonge (à priori pour la dernière fois) dans l’histoire des Tudors, avec la fin de cette dynastie, puisque nous allons suivre ici 3 soeurs (Jane, Catherine et Mary Grey), des cousines de la reine Elizabeth (et donc appartenant à la famille Tudor), qui pouvaient prétendre au trône d’Angleterre. Les chapitres l’alternent pas les voix, ce sont des parties successives; on commence le livre avec Jane, l’aînée, et la partie la plus courte, puis on enchaîne avec Catherine, qui se voit allouer la partie la plus longue, puis on termine avec Mary, la plus jeune des trois.

J’ai lu un avis qui parlait de l’omniprésence de la religion dans ce roman – pour ma part, je ne suis franchement pas d’accord. La religion était omniprésente de base dans la société de l’époque, et particulièrement à cette période de l’histoire anglaise, et ça me semble tout à fait logique qu’on en parle dans des romans historiques. Je n’ai pas trouvé que ça phagocytait le récit ou qu’il n’était question que de ça. Par contre, il est vrai que le personnage de Jane est excessivement pieux et qu’elle est décrite comme très dévote et moralisatrice, c’est d’ailleurs pour ça que sa partie est celle qu’il m’a le moins plu, je l’ai trouvée donneuse de leçons et bien trop rigide et intransigeante pour être appréciable, même si je salue son absence de soif de pouvoir et le fait qu’elle aille au bout de ses convictions sans jamais se renier.

Catherine, elle, était bien plus légère. Elle voulait profiter de la vie et est tombée amoureuse d’un noble de la Cour, qu’elle finit par épouser en secret, alors qu’elle a bien conscience qu’il aurait fallu demander l’autorisation royale… son histoire est très différente de celle de Jane, et j’ai particulièrement tiqué (comme à chaque fois) sur le peu de connaissances que pouvaient avoir les gens à cette époque sur le fonctionnement du corps (je pense notamment à un passage dans lequel pendant des mois, elle ne sait pas si elle est enceinte ou pas, sans parler du fait qu’elle n’a pas conscience du lien entre avoir des rapports sexuels et tomber enceinte justement). Il y a bien évidemment le manque de connaissances scientifiques, mais certains aspects étaient tout simplement cachés aux jeunes (et surtout aux filles), les laissant dans une ignorance dangeureuse et qui paraît révoltante à mes yeux de femme moderne. Son histoire est tragique, mais bien plus prenante que la première partie.

Enfin, Mary, la dernière soeur, est naine, à une époque où les différences physiques étaient bien plus mal perçues qu’aujourd’hui. Elle est nettement plus forte mentalement que ses soeurs, plus à même d’intégrer les intrigues de la Cour, alors que paradoxalement, c’est elle qui en est le plus exclue de par sa différence physique. C’est elle que j’ai préféré suivre car c’est la plus maligne.

Globalement, l’histoire des trois soeurs n’est pas réjouissante, mais elles vivaient à une époque dure et on le sait en ouvrant le livre. J’ai été assez surprise par le tableau très noir que dresse l’auteure de la Reine Elizabeth, qui apparaît comme une égocentrique paranoïaque pendant tout le roman, ce qui tranche avec l’image de grande souveraine que j’en avais. Il n’est pas du tout question de ses choix politiques dans Reines de Sang, mais bien de son rapport au trône et au pouvoir en général, et de sa peur maladive d’en être écartée, peur qui la conduit à se comporter de manière à peu près aussi tyrannique que son père Henry VIII (les 6 mariages en moins).

Comme toujours avec Philippa Gregory, d’un point de vue historique et écriture, c’est irréprochable. J’aurais aimé qu’elle se penche sur le règne d’Elizabeth de façon plus globale (Reines de Sang ne se déroule qu’au début de ce fameux règne), mais visiblement ce n’est pas au programme… tant pis ^^ en tout cas, pour amateurs de romans historiques: ne pas s’abstenir!

En résumé:

2 réflexions au sujet de « Reines de sang – Philippa Gregory »

  1. Les romans de Philippa Gregroy sont des valeurs sûres pour moi et depuis longtemps maintenant. Je suis une fan de romans historiques et j’ai vraiment découvert la Renaissance anglaise par le biais de ses romans. Alors bien sûr, un roman n’est pas un livre d’Histoire mais rendre leur consistance aux personnages, les faire revivre sous nos yeux…j’aime tellement ça ! Et il est vrai que l’auteure s’y entend.
    Tu m’as carrément convaincue avec ta chronique… Je pense vraiment que je vais ajouter vite Reines de Sang à ma PAL d’autant plus que là, l’auteure s’intéresse à des femmes vraiment très très peu connues. 🙂

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