Le corps exquis – Poppy Z. Brite

Synopsis: 

L’histoire d’amour de deux tueurs en séries, qui se connurent dans un bar et dont la relation va apporter à chacun des expériences nouvelles. S’y mêlent les recherches de la police pour retrouver le premier tueur, échappé de prison et l’histoire d’un homme atteint du sida, rongé par sa maladie et par son amour destructeur pour son ex-amant.

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Mon avis: 

J’avais repéré cet auteur avec le titre Âmes perdues chez Gibert il y a quelques années. Finalement, c’est avec ce Corps exquis que je découvrirai Poppy Z. Brite… et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas pour tout le monde.

Pour la petite histoire, quand je cherchais une image d’illustration de l’auteur pour l’article, je tombais alternativement sur des photos d’homme puis de femme, j’étais un peu perdue. En fait, Poppy Z. Brite est transgenre, et la première remarque flagrante que je me suis faite à la lecture du livre, peut-être liée à la sexualité de l’auteur(e), c’est qu’il n’y a aucune femme dans le texte. AUCUNE. Je n’avais jamais lu ça auparavant. Non seulement tous les personnages principaux et secondaires sont des hommes, mais à aucun moment ils n’ont d’interaction avec des femmes, c’est très étrange, on dirait que les femmes n’existent tout simplement pas. Alors, bien entendu, les personnages principaux en question sont tous des hommes homosexuels, mais de là à donner l’impression que nous évoluons dans un monde sans femmes… je n’ai pas trop compris.

Une fois cette première constatation faite, Le Corps Exquis, ça parle de quoi? Nous sommes dans les années 90 et on suit alternativement plusieurs personnages, la plupart avec un narrateur omniscient, à l’exception du personnage d’Andrew, dont les chapitres sont à la première personne. Andrew, c’est un tueur en série anglais, homosexuel, séropostif et nécrophile, emprisonné depuis 5 ans. Il parvient à s’évader en se faisant passer pour mort et, en semant quelques cadavres dans son sillage, réussit à se réfugier à la Nouvelle Orléans. A la nouvelle Orléans, son destin va croiser celui de Jay, également tueur en série homosexuel et nécrophile de son état, sauf que lui a la particularité d’être en plus cannibale… et surtout, il est libre, il n’a jamais été arrêté pour ses crimes. Autour de Jay gravitent plusieurs autres protagonistes (tous masculins et homosexuels donc), notamment Tran (un jeune homme d’une vingtaine d’années d’origine vietnamienne, drogué et jeté dehors par ses parents), et Luka, l’ex de Tran, séropositif.

Vous l’aurez compris, dans ce livre, il est question d’hommes, d’homosexualité, de séropositivité (le texte a été écrit en 96 et le SIDA a longtemps été associé à la communauté gay), de drogue, de meurtres, de nécrophilie et de cannibalisme. Bref, des thèmes très joyeux… ^^. Poppy Z. Brite ne s’est pas gêné pour écrire un texte aussi transgressif que possible, la lecture est dérangeante, malsaine, pour le coup c’est franchement impossible de s’identifier aux personnages (enfin… j’espère pour vous ^^) et certaines scènes de meurtre horribles sont racontées avec une telle froideur clinique que c’est très perturbant et clairement pas pour tous les publics. Ames sensibles, passez votre chemin! Dans le même genre, il m’a rappelé American Psycho, mais celui-ci est vraiment encore bien plus transgressif. Franchement, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander ce que l’auteur pouvait avoir dans la tête pour écrire un bouquin comme ça. Je ne suis pas sûre d’avoir envie de savoir ^^. Il y a pourtant quelque chose de macabrement fascinant dans le livre, mais l’impression générale que j’en garde sera surtout un gros malaise à la lecture et je ne pense pas me pencher sur l’autre roman que j’avais repéré de l’auteur. Une curiosité ce bouquin…

En résumé:

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