Quand la nuit devient jour – Sophie Jomain

Synopsis: 

Camille, 27 ans, souhaite mourir par euthanasie volontaire assistée. Le combat qu’elle mène contre sa dépression est sans fin et ni Dieu, ni la science, ni la médecine, ni le sport, ni l’amitié ne l’ont aidée. Elle a rendez-vous dans une clinique belge pour exaucer son voeu. Pourtant, là-bas, elle fait une rencontre qui pourrait changer le cours des choses.

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Mon avis: 

Comme Avant toi avant lui, Quand la nuit devient jour évoque le thème (assez casse-gueule , il faut l’avouer) de l’euthanasie active. Il a fait beaucoup parler de lui à sa sortie et j’étais assez curieuse de le découvrir.

Finalement, ma lecture a été bonne, j’ai tout avalé d’une seule traite (le livre est très court), mais je reste franchement circonspecte sur le choix de l’auteure de nous présenter une candidate à l’euthanasie qui est soignée pour dépression. A vrai dire, je ne savais même pas que c’était possible pour une pathologie comme celle-là, et je ne suis pas certaine que ce soit l’exemple le plus parlant ou le plus représentatif pour évoquer le sujet. Même si, bien évidemment, l’auteure a bien fait son boulot et qu’on ne peut s’empêcher de comprendre l’envie du perosnnage de mourir, je ne suis pas convaincue par l’euthanasie dans ce cas-là (alors que je suis tout à fait pour dans le cadre de pathologies plus lourdes, de maladies handicapantes douloureuses/incurables etc).

Le roman est divisé en deux parties: dans la première, le personnage de Camille nous fait une rétrospective de comment elle en est arrivée là, en commençant par son enfance, son mal-être, ses troubles alimentaires, etc. Et puis, quand nous sommes « à jour » avec son histoire, la forme du texte change et on bascule dans une sorte de carnet de bord / décompte jusqu’à la date prévue de l’euthanasie, semaines qu’elle passe dans une sorte de clinique en Belgique. Il est beaucoup question de sa relation avec ses parents, qui ne comprennent et n’acceptent pas son choix – et je reconnais qu’à leur place, je pense que je n’y arriverais pas non plus.

La construction du personnage est fouillée, je n’ai rien à redire de ce côté-là. La plume de Sophie Jomain m’a paru nettement plus mature que dans Les étoiles de Noss Head, mais l’insertion d’une « romance » dans ce texte m’a semblé assez curieux comme choix, d’autant que la fin qui en découle est ouverte et qu‘au final, on ne sait pas trop ce qu’il en est pour Camille.

Le livre est globalement une bonne découverte qui invite à la réflexion sur le sujet polémique que peut être l’euthanasie. Pour autant, je trouve que certains choix de l’auteure (la relation de Camille avec son psy, la pathologie) sont peu judicieux. Mention spéciale à la couverture du poche, très jolie!

En résumé:

2 réflexions au sujet de « Quand la nuit devient jour – Sophie Jomain »

  1. C’est un sujet qui n’est pas facile à traiter en effet … J’ai lu récemment « Le tout dernier été » d’Anne Bert, qui a choisi l’euthanasie assistée en Belgique car elle est atteinte d’une maladie incurable. Son livre a été publié juste après sa mort programmée. C’est aussi un récit court, mais poignant.

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