Filles de la mer – Mary Lynn Bracht

Synopsis: 

Sur l’île de Jeju, au sud de la Corée, Hana et sa petite soeur Emi appartiennent à la communauté haenyeo, au sein de laquelle ce sont les femmes qui font vivre leur famille en pêchant en apnée. Un jour, alors qu’Hana est en mer, elle aperçoit un soldat japonais sur la plage qui se dirige vers Emi. Aux deux filles on a maintes fois répété de ne jamais se retrouver seules avec un soldat. Craignant pour sa soeur, Hana rejoint le rivage aussi vite qu’elle le peut et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d’autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie.

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Mon avis: 

Filles de la mer est un roman que j’ai vu passer chez plusieurs blogueuses (notamment Pretty books) qui m’ont vraiment donné envie de le lire. C’est chose faite et je ne regrette pas, c’est un livre remarquable que je n’oublierai pas!

Le roman nous plonge au coeur d’évènements historiques avérés, et pourtant dévoilés au public récemment: le système des « femmes de réconfort » (= clairement, des esclaves sexuelles) utilisées par l’armée japonaise durant la colonisation de la Corée, pendant la seconde guerre mondiale. Personnellement, je ne connaissais pas du tout ce pan de l’histoire asiatique, et encore moins les haenyeo, les « filles de la mer » du titre, dont sont issues les deux personnages principales, Hana et Emi. Les haenyo, c’est une communauté de femmes qui vit sur l’île de Jeju, entre la Corée du Sud et le Japon, et qui subsistent et font vivre leur famille grâce à ce qu’elles trouvent lors de leurs plongées en mer. C’est donc une vraie leçon d’histoire que j’ai prise lors de cette lecture, en plus d’avoir découvert un roman bouleversant.

L’auteure a choisi d’alterner les époques; en 1943, nous suivons Hana, haenyo de 16 ans qui se retrouve kidnappée par un soldat japonais en tentant de protéger sa petite soeur Emi. Elle va se retrouver en Chine, prisonnière d’une sorte de « pension » où ses journées vont être rythmées uniquement par la succession de soldats qui viennent abuser d’elle… en 2011, on va suivre Emi, la petite soeur d’Hana qui espère la retrouver lors des « manifestations du mercredi », organisées en mémoire de ces évènements à Séoul (manifestations qui existent réellement).

Qu’il s’agisse d’Hana ou d’Emi, les deux protagonistes principales sont très attachantes et affrontent les drames de leurs vies respectives avec une force et une dignité incroyables. Sans jamais de plaindre, elles avancent avec courage, faisant chacune face aux difficultés de la guerre (et de ce qui s’est passé ensuite) à sa façon. Le roman est indéniablement un (nécessaire) plaidoyer contre les violences faites aux femmes en temps de guerre, plaidoyer qui se poursuit encore aujourd’hui, depuis que les premières femmes de réconfort sont sorties du silence en 1991 (seulement).

La plume de l’auteure est très douce et immersive; malgré l’horreur de certains passages, on ne tombe jamais dans le sensationnalisme et l’ensemble reste couvert d’un voile d’humanité. Une excellente lecture.

En résumé:

4 réflexions au sujet de « Filles de la mer – Mary Lynn Bracht »

  1. En plus d’un récit fort, ce roman a l’air intéressant pour son aspect historique. Une amie coréenne m’avait un peu parler de ces femmes de réconfort qu’elle vivait comme une blessure ouverte pour la Corée…

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