Les larmes de la déesse Maorie (trilogie Kauri, tome 3) – Sarah Lark

Synopsis: 

1899, Nouvelle-Zélande. Le fils de Lizzie et Michael (personnages principaux de « À l’ombre de l’arbre Kauri ») est envoyé dans une Afrique du Sud en proie à la guerre des Boers, au grand dam de Roberta qui se bat pour rester à ses côtés. Pendant ce temps, la jeune Atamarie connaît sa première victoire : elle est la première femme à pouvoir poursuivre des études d’ingénierie à l’Université de Wellington. En effet, depuis sa plus tendre enfance, elle est fascinée par les comètes maories. Cette passion lui permet de faire la connaissance du pionnier de l’aviation mondiale…

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Mon avis: 

Un an et demi après ma lecture des deux premiers tomes de cette (seconde) trilogie néo-zélandaise de Sarah Lark, je retrouve ici la plume de cette auteure que j’aime d’amour. Cette seconde saga aborde des thèmes qui m’ont légèrement moins parlé que dans sa première série, mais j’adore malgré tout.

Quelques années après le tome précédent, nous retrouvons la troisième génération de protagonistes: les petits-enfants de Lizzie et Michael. Je dois avouer que j’ai eu un peu de mal à tous les resituer, et ça m’a un peu gênée au début, même si c’est vite passé. Ici, les personnages principaux, ce sont Atamarie et sa meilleure amie Roberta. Atamarie, petite-fille de Lizzie et Michael donc, et un quart Maorie, est la première femme étudiantes en ingénierie en Nouvelle-Zélande. Elle s’amourache rapidement de Richard Pearse, qui s’est mis en tête de fabriquer la première machine volante; mais Richard a un comportement pour le moins singulier… Roberta, de son côté, est plus réservée, et devient institutrice. Elle est amoureuse de Kevin, l’oncle médecin d’Atamarie (et, lui, fils de Lizzie et Michael), qui, pour échapper à une croqueuse de diamants nommée Juliette, s’est enrôlé dans l’armée pour aller faire la guerre en Afrique du Sud. Elle décide de le suivre là-bas…

J’ai trouvé tous les arcs narratifs intéressants, même si j’avais forcéments mes préférés. L’histoire se déroule sur une période assez courte par rapport à d’autres romans de l’auteure (5 ans environ). La partie historiquement la plus intéressante est évidemment celle en Afrique du Sud, puisque je connais très mal l’histoire de ce pays (à part les évènements plus récents sur l’apartheid et Nelson Mandela), et j’ai véritablement découvert le peuple des Boers, ces descendants des colons néerlandais aux croyances très rigoristes. Le personnage de Kévin y est dépeint sous un jour nettement plus valorisant qu’au tout début du livre, où il passait plus pour un salaud; on se dit que finalement, c’est un type bien. Le personnage de Doortje est difficile à apprécier pendant la plus grande partie du roman, même si elle se détend à la fin, et qu’on apprend à s’attacher à elle; son évolution est clairement la plus impressionnante du livre, et je me demande si elle est réaliste pour l’époque (un boer aurait-il pu apprendre à vivre dans une société plus libérale, comme elle?). Finalement, Kevin se révèlera être un homme de principes, mais complètement faible avec les femmes. Il est ouvert et bon médecin, mais dès qu’il s’agit de sa vie privée, que ce soit au début avec Juliette ou à son retour en Nouvelle Zélande (et toujours avec Juliette), on le sent bizarrement incapable de prendre de bonnes décisions… du coup, c’est un peu dur de savoir ce qu’on pense de lui, il est très ambivalent. Ne parlons pas de Juliette – on se demande franchement ce que les hommes ont dans la tête avec elle.

Atamarie, de son côté, est également intéressante à suivre d’un point de vue historique, puisque Richard Pearse, l’homme dont elle tombe amoureuse, a vraiment existé et serait le premier homme a avoir volé avec un engin mécanique, même si ce n’est pas ce qui a été retenu par les livres d’histoire. Sa relation avec lui fait pourtant mal au coeur car on sent bien que quelque chose cloche avec Richard – l’auteure donne d’ailleurs suffisamment d’indices pour que le lecteur pose le diagnostic, qui semble coller avec ce qu’on sait du personnage, même si la maladie n’existait pas encore en tant que telle à son époque. Au final, Atamarie et Roberta, chacune à leur façon, s’attachent à des hommes qui ont de grandes qualité mais qui ne sont, de toute évidence, pas faits pour elles, et ça dure franchement une grosse partie du livre, on a envie de les secouer pour qu’elles ouvrent les yeux.

Malgré des thèmes qui ne me parlent pas forcément à la base, je vois mal comment on pourrait s’ennuyer à la lecture de ce livre – et des romans de cette auteure en général. Ils sont excellents, très bien écrits, on sent le travail de recherche derrière et le sens de l’exactitude historique. Les personnages sont travaillés, crédibles dans leur ambivalence, il y a un vrai souffle romanesque dans ces sagas familiales que j’adore vraiment – j’ai découvert qu’une troisième étant en cours de publication en français, je vais évidemment me pencher dessus!

En résumé:

2 réflexions au sujet de « Les larmes de la déesse Maorie (trilogie Kauri, tome 3) – Sarah Lark »

  1. Ce que je trouve assez formidable avec Sarah Lark c’est qu’elle parvient, avec des sujets qui, comme tu le soulignes, ne nous parlent pas forcément, à nous captiver malgré tout. 😉 J’ai énormément aimé Le Pays du Nuage Blanc et j’ai lu Les Rives de la Terre Lointaine en mars dernier : j’ai été autant séduite alors que j’avais peur de redondances vu que les résumés étaient assez semblables. Au final, je n’ai pas du tout ressenti cela, au contraire et je me suis laissée emporter par l’histoire de Michael, Kathleen et Lizzie. J’ai hâte de connaître la suite de leurs aventures d’ailleurs.

    Et j’ai terminé ce weekend L’île aux mille sources, son nouveau roman publié aux éditions de l’Archipel et j’ai encore une fois adoré ! 😉 Cette fois, l’auteure nous emmène en Jamaïque à l’époque des plantations de canne à sucre et c’est toujours aussi bon. Décidément, Sarah Lark est vraiment la reine du roman d’évasion historique. ^^

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