Tour du monde, les bilans: #4 – Les Philippines

Qui n’a jamais rêvé d’aller aux Philippines? Les lagons turquoise, les plages paradisiaques, le soleil… pour nous, c’était notre pays « carte postale » au beau milieu du tour du monde, celui où on pensait pouvoir se poser (parce que oui, contrairement à ce que tout le monde s’imagine, un tour du monde n’est absolument pas reposant et qu’on est parfois – souvent – sur les rotules!).

Et si les paysages splendides existent bel et bien, il faut aussi avoir en tête que les Philippines, ça ne se cantonne pas à ça – loin de là…

  • Nombre de jour de voyage: 19
  • Nombre d’îles visitées: 7
  • Nombre d’hébergements différents: 8
  • Chambre la plus chère: Cliffside Cottage à El Nido (27,48€/nuit)
  • Chambre la moins chère: Xylla Guest House à Siquijor (8,29€/nuit)
  • Nuits comptées à part: aucune
  • Trajet le plus long: Coron vers Kalibo (22h de trajet pour un peu plus de 200km…)
  • Nombre total de photos: 868
  • Merveilles du Monde: aucune
  • Nombre de moyens de transport utilisés: 8 (scooter, avion, taxi, van, ferry, tricycle, bus, banca)
  • Nombre d’articles publiés sur le blog: 10 (incluant les articles « livres »)
  • Dépenses totales: 1286€ pour deux

• Pas de tuk tuk mais des tricyles •

C’est la première chose qu’on a remarquée en arrivant à Tagbilaran le 31 décembre: après 6 semaines de « tuk tuk? », aux Philippines, les tuk tuk n’existent pas – ici, ce sont des tricycles! des motos accrochées à un petit abri sur roue, ça ressemble un peu à des side-car.

Bien entendu, on ne serait pas en Asie si le nombre de passager ne dépassait pas largement le nombre de places assises – ce n’est pas rare de voir 5 ou 6 personnes dans la roulotte et un ou deux passagers supplémentaires assis derrière le chauffeur, sur le siège de la moto!

 • L’importance du catholicisme •

Pas de temple bouddhiste aux Philippines, mais énormément d’Iglesias ni cristo – des églises du Christ! On sent l’importance de la religion catholique sur l’archipel – en 2 jours, nous avions déjà croisé 3 bonnes soeurs en tenue, et c’est sans compter sur les nombreux tricycles qui affichent des versets de la Bible à l’arrière du véhicule (90% en ont un, voir par exemple sur le tricycle vert juste au dessus). C’est très curieux au beau milieu d’un continent dont ce n’est absolument pas la religion dominante!

A Kalibo, on a aussi vu une affiche qui annonce de la tenue d’une messe sainte le premier vendredi de chaque mois… au centre commercial! (je précise que la ville dispose d’une cathédrale…).

• L’influence hispanique / latino •

On le sent surtout au niveau des noms propres de lieux: El Nido (le nid) ou Puerto Princesa (port princesse), Pescador Island (l’île aux poissons)… les églises s’appelles pratiquement toutes Iglesia ni cristo… j’imagine que ça résulte de l’historique de la colonisation de l’archipel, sous domination espagnole entre le début du XVIème et le début du XXème siècle.

• Le riz qui sèche sur des tapis au bord de la route •

Au début je ne comprenais pas trop ce que c’était… et en regardant bien, ils font simplement sécher le riz sur les bords de la route, sur des tapis / couvertures. Dans l’idée, je comprends qu’il faille le faire sécher – en pratique, en plein milieu des gaz d’échappement, je ne suis pas convaincue par le système!

• Chansons remixées •

Dans tous les endroits publics où on est susceptibles d’entendre de la musique (salles d’attentes pour les transports, restaurants…), on s’est rendu compte rapidement que toutes les chansons connues qu’on entendait (Queen, Red Hot et bien d’autres) étaient systématiquement des remix locaux! (alors là, il faut avouer qu’on a pas trop compris le but…)

• Difficile de trouver des supermarchés 

Des petites supérettes de rue, ça, il y en a. Mais dès qu’on cherche un endroit un peu plus substantiel… y’a plus personne. En 2 semaines, nous n’avons vu que deux centres commerciaux, un à Puerto Princesa, et l’autre à Kalibo. J’imagine que les locaux s’en accommodent très bien, mais pour nous petits occidentaux, parfois on aime bien avoir un peu plus de choix ^^’ (on reste loin de la galère qu’on a connue en Inde tout de même ^^)

• L’importance de la politique anti-drogue •

C’est un point sur lequel le gouvernement et les forces de l’ordre insistent bien, et on s’en rend vite compte. Entre les nombreux endroits « smoke free » (parfois même des villes entières, comme à Siquijor ou à Kalibo), les contrôles des sacs par des chiens policiers avant de monter dans le ferry (à Coron), ou encore les nombreux panneaux de prévention un peu partout type « chose life, not drugs »… on avait parfois l’angoisse que quelqu’un nous ait glissé quelque chose dans notre poche sans qu’on s’en rende compte et qu’on se fasse choper avec ça!

• Les agents de sécurité dans les grandes surfaces •

Dans le peu de supermarchés / galeries marchandes que nous avons vu, nous avons été à chaque fois très étonnés par le nombre d’agents de sécurité. Entre l’interdiction d’entrer avec notre gros sac à dos (il fallait le laisser à la consigne à l’entrée), la fouille du petit sac à l’entrée, la fouille du petit sac au passage à la caisse pour s’assurer qu’on a rien volé, la re-fouille du petit sac à la sortie, les caisses où on trouve deux personnes (le caissier + l’agent de sécurité), on a trouvé que c’était un peu abusé. D’autant que pour plein d’autres choses, les philippins nous ont paru bien trop coulants…

Dans les aéroports, où les sacs sont contrôlés au check in et au boarding, ils ont ajouté un autre contrôle à l’entrée: on ne rentre tout simplement pas dans le bâtiment si on ne se fait pas contrôler une première fois (et les deux autres contrôles habituels ont bien lieu ensuite).

• Le bordel pour les ferries •

Prendre le ferry aux Philippines, c’est tout un truc et ça devient parfois presque plus compliqué que de prendre l’avion. Déjà, on peut rarement acheter ses billets en ligne (ou juste trouver les infos de tarifs et d’horaires), il faut la plupart du temps se renseigner et les acheter directement au port, à l’extérieur, après avoir fait la queue. Pas très pratique pour s’organiser – certains blogs ont des infos mais pas forcément à jour, et les compagnies de ferries sont très loin de toutes avoir un site internet…).

Ensuite, il faut faire une seconde queue pour payer le « terminal fee » (tu obtiens un deuxième papier, sans quoi tu ne peux pas rentrer pour prendre ton ferry), puis une troisième queue pour le « check in » des sacs (obtention d’un troisième papier qui indique ce que tu as comme bagages). En théorie, ça suffit pour rentrer dans le terminal (c’est déjà pas mal), mais parfois, le vigile à l’entrée ne te remet pas et te demande d’aller faire une 4ème queue pour payer et abandonner ton bagage avant le terminal (normalement, il y a des règles de taille/poids des sacs, mais quand tu vois des gens avec des sacs plus gros que toi qui passent sans souci alors que toi non, tu te rends compte qu’en fait, c’est juste à la tête du client). Une fois tout ça terminé, tu entres dans le terminal en passant les mêmes contrôles qu’à l’aéroport (le sac passe sur un tapis roulant et toi sous un portique électronique). Et enfin, tu peux te poser et attendre ton ferry – dans certaines salles d’attente on trouve des gens qui proposent des massages! après tout ça, on peut comprendre… en tout cas il faut vraiment anticiper les horaires et partir en avance, car c’est toujours long…

• Respect global de l’environnement 

C’est personnel car pour le coup, j’ai vu pas mal d’avis contraires, mais là où nous sommes allés, nous avons vu peu de déchets sur les plages ou au niveau des chutes d’eau et tout nous a semblé globalement assez propre, on a même vu des poubelles de tri sélectif à certains endroits 🙂

• Les routes pas finies •

Encore un point qui nous a laissés un peu perplexes – énormément d’endroits ont des routes qui ne sont pas terminées. Entre les routes de caillasse – voire de terre – dès qu’on sort des « grands axes » (qui seraient des départementales chez nous), et celles qui sont bel et bien bétonnées mais seulement sur une partie, c’est vraiment un pays où l’infrastructure routière est encore en plein développement. Une des routes de Palawan (je ne me souviens plus si c’est celle jusque Port Barton ou El Nido) n’a été terminée qu’en 2016, alors que c’est l’île la plus touristique de l’archipel. En ville, par exemple à Moalboal, on ne comptait plus les voies censées être à double sens, pour lesquelles seule une moitié était praticable et l’autre en travaux (avec des feux de circulation qui ne sont pas automatiques mais modifiés par des locaux… efficacité au top! ou pas…).

• Parfois difficile de trouver de l’argent • 

J’en ai parlé sur mon deuxième article philippin – nous avons eu beaucoup de mal à retirer de l’argent à Palawan. A El Nido, nous n’avons tout simplement pas réussi – tous les distributeurs de la ville se sont avérés à court de cash, et dans la ville suivante, entre un des distributeurs qui avait le même problème et celui qui ne prenait pas les cartes étrangères, ça a été long aussi. Sachant que les CB ne sont que très peu acceptées, c’est tout de même un gros point noir pour un pays aussi touristique…

Il faut aussi savoir que comme on a peu de choix en tant que touristes pour payer (à part en liquide), on est contraint de retirer aux distributeurs, qui nous donnent très souvent des gros billets. Et quand on veut payer avec ça, je ne vous raconte pas la galère que ça peut être pour récupérer notre monnaie. Parfois, les billets ne sont simplement pas acceptés car les gens n’ont pas la monnaie dessus; parfois, ils s »enfuient » avec – en fait, ils vont chercher de la monnaie chez le voisin.. bref, il faut vraiment être patient à ce niveau! On s’en est toujours sortis, mais ce n’était pas toujours évident!

•  L’architecture et les bâtiments • 

C’est un pays qu’on visite clairement pour ses paysages et pas pour ses villes, qui n’ont aucun intérêt et sont véritablement uniquement des dortoirs. Dommage vu le nombre de touristes qui y passent!

•  Le bordel des transports en général • 

Il y a plusieurs aspects: déjà, les transports sont assez chers par rapport au coût de la vie dans le pays, et pour nous qui voyageons « on a budget » en mode sac à dos, ça a été une portion de notre budget bien plus importante qu’ailleurs. Il faudrait ne pas bouger beaucoup pour que ça reste raisonnable en terme de tarif, mais dans un pays qui possède 7000 îles, ce serait dommage…

Ensuite, l’accès aux informations est hyper limité. Très peu de compagnies (ferries ou bus) disposent de sites internet, donc à part farfouiller sur des blogs ou des forums pour obtenir des infos – qui ne sont pas forcément à jour -, c’est difficile d’pbtenir la moindre information et d’organiser ses trajets à l’avance, il faut bien souvent attendre d’être quelque part pour prendre son billet suivant au port / à la gare (quand on peut les prendre en avance, ce qui n’est pas toujours le cas).

Enfin, tout simplement les temps de trajets qui sont vraiment déconnants – il faut prendre son mal en patience, car les Philippins s’en contrefichent, pour eux c’est normal. Il faut très souvent combiner plusieurs types de transport pour arriver à destination (à minima tricycle + ferry, parfois bus / taxi / van ou autre en plus). Par exemple, Siquijor – Moalboal, à peu près 9h pour faire 70km; Coron – Kalibo, 22h pour 200km. Un truc de fou. Déjà en Inde et au Vietnam ça nous avait paru long… mais c’était sans commune mesure avec les Philippines!

A cause de cette galère de transport et de collecte d’infos, par exemple, nous avons fait une escale à Puerto Princesa qui n’a servi à rien. Si c’était à refaire, nous ne y arrêterions pas.

•  L’accident  et l’inconfort des scooter  • 

Pas vraiment de notre faute malheureusement, nous roulions hyper doucement, mais vu l’état de la route (terre, ornières, gadoue) c’était un peu inévitable. Ca m’apprendra à vouloir aller voir des rizières…

L’inconfort, c’est pour le mal de fesses: très souvent, nous avons dû faire des arrêts « je n’en peux plus j’ai trop mal! » ^^

•  Les guest houses trop chères vu les prestations • 

De manière générale, nous avons trouvé les guest houses assez chères au vu des prestations. Nous avons eu des hébergements bien meilleurs pour nettement moins au Vietnam, par exemple. Dans deux des endroits où nous avons dormi, les chambres étaient infestées de fourmis; la moitié n’avaient pas d’eau chaude, des problèmes d’évacuation d’eau dans la salle de bain, ou bien nous avons galéré pour y entrer alors que c’était censé être ouvert H24… bref, plusieurs anecdotes nous sont un peu restées en travers de la gorge. (Par contre, il parait évident qu’avec un budget plus conséquent, il y a des hôtels qui proposent des endroits splendides!).

• Les fast boats • 

On en a pris deux qui nous ont mis véritablement par terre: El Nido vers Coron, et Bulalacao vers Caticlan. Ce sont des bateaux qui volent à moitié tellement ils vont vite mais qui, du coup, font des bonds dans l’eau et énormément de gens sont malades dedans, nous compris (alors que nous n’avions jamais été sujets au mal de mer avant). On a regretté de ne pas avoir pensé à prendre des cachets contre le mal des transports…

•  Le wifi •

Nulle part aux Philippines nous n’avons eu un wifi correct. Il était véritablement infâme partout. Outre les soucis évidents pour communiquer avec nos proches, c’était très compliqué pour nous en terme de photos / vidéos (notre pc a une petite mémoire et nous vidons très souvent le contenu sur notre drive; avec un wifi qui ne fonctionne pas, c’était impossible, donc ordinateur plein, pas moyen de remettre de nouvelles images, donc retard de traitement…). Et je ne parle pas de ce qui nous a le plus ennuyés: sans wifi, c’est impossible de faire des recherches – notamment sur ces fameux transports!, ou simplement pour les hébergements suivants… c’était vraiment galère.

 • Les tarsiers à Bohol •

Juste trop choubi ♥ (voir le premier article)

• Les « lampadaires étoiles » •

Je n’en ai pas de photos mais à Bohol, tous les lampadaires publics sont en forme d’étoiles, j’ai trouvé ça super joli!

• Le butterfly garden à Siquijor •

Visite que j’ai faite sans Seb et j’ai adoré! J’étais seule pendant 30mn à pouvoir faire toutes les photos que je voulais, c’était top!

• Être invités au repas d’anniversaire du fils de la GH à Siquijor •

On ne s’y attendait pas du tout et on a trouvé ça très sympa 🙂

• Le Sardine run à Moalboal •

Clairement, un de nos meilleurs souvenirs du tour du monde pour le moment!

• La végétation luxuriante •

Les promenades en bord de route sont juste top!

• Les paysages paradiasiaques de Palawan •

• Le fait de pouvoir visiter les îles en scooter •

J’ai même appris à conduire ces bestioles 🙂

• Le snorkling • 

(Pour les myopes comme moi: prévoir des lentilles, sinon vous n’en profiterez pas…)

• La gentillesse des gens •

A nouveau (et jusqu’à la fin je pense): ne pas avoir eu d’avantage de budget. On aurait pu aller dans des hôtels bien plus sympas, faire des excursions privatisées pour éviter les foules (je deviens misanthrope mais vraiment, ces foules de touristes qui ne respectent rien et qui me gâchent mes photos, je n’en peux plus) et moins s’arracher les cheveux sur certains trajets.

En terme de lieux, nous avons réussi à voir l’essentiel de ce que nous voulions; gros point noir pour moi pour les rizières: nous avons dû abandonner celles de Banaue/Batad au nord à cause de la météo, puis celles de Bohol après notre accident de scooter, nous n’avons donc toujours pas vu de rizières… peut être en Chine? 🙂

(Calculé selon le taux de change en vigueur actuellement, pour 19 jours de voyage. Au départ, nous pensions rester 21 jours)

Notre budget prévisionnel tablait sur un coût de la vie égal à 31 euros par jour et par personne aux Philippines. Nous étions donc partis sur 31 euros x 21 jours = 1302€ pour deux. Comme nous sommes restés moins longtemps que prévu, le budget théorique pour 19 jours est passé à 1178€ pour deux.

Nous avons finalement atteint un budget total de 1186€ pour deux, soit 643€ par personne.Notre moyenne était de 33,85€ par jour et par personne, ce qui était légèrement au dessus des 31€ théoriques. Ce qui nous a plombés, ce sont les transports: presque 40% du budget, alors que ça n’en représentait que 21% au Vietnam et au Cambodge, soit pratiquement moitié moins…

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Si quelqu’un est déjà allé aux Philippines, je serais curieuse d’avoir son avis 🙂

  sinon, c’est un pays qui vous tente?

3 réflexions au sujet de « Tour du monde, les bilans: #4 – Les Philippines »

  1. Il est toujours plus facile de voyager dans le confort. Mais auriez vous les mêmes souvenirs de tout ce que vous avez entrepris depuis le 14 novembre 2019 ? Certes non !!!

    La vous vivez vraiment l’aventure d’un tour du monde avec ses joies et ses galères. Et au final, je ne suis pas certains que vos souvenirs les plus marquant soient ceux qui auront nécessité aucun effort de votre part.

    Finalement, il y a peut être une morale à tout ça : A vous de la trouver !
    En tout cas , pour l’observateur que je suis en lisant avec grand plaisir les récits de vos aventures je peut vous dire en toute simplicité: Chapeau !
    Ce que vous êtes en train de réaliser est tout simplement formidable.
    Bonne route à vous deux pour la suite.

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