Calendar Girl (Intégrale) – Audrey Carlan

Synopsis: 

Mia vit seule avec son père et sa petite sœur à Las Vegas. Elle veut devenir comédienne. Depuis le départ de sa mère, son père boit et joue. Il emprunte 1 million de $ qu’il perd et ne peut rembourser. Le prêteur sur gages l’expédie dans le coma. Mia doit assumer la dette de son père sous peine que sa petite soeur et elle subissent le même sort. Elle deviendra escort. Un contrat mensuel de 100 000 $. 12 hommes, 12 villes, 12 rencontres, 12 livres… Des scénarios qui se croisent, se recroisent et se décroisent.

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Mon avis: 

Qui n’a pas entendu parler de Calendar Girl? Cette série publiée par Hugo Romance a fait grand bruit lors de sa sortie en 2017: un nouveau tome tous les mois, on voyait des affiches absolument partout. A l’époque, j’étais interpellée (ces sorties qui font le buzz, j’aime bien les lire par curiosité, pour me faire ma propre idée), mais les couvertures infâmes d’Hugo (c’est vraiment un truc qui me bloque totalement chez eux), et surtout le plan marketing qu’on voit à 3km et qui prend les lecteurs pour des planches à billet m’ont complètement refroidie. (Mais si, le fait de sortir des livres de la taille d’une novella de 120 pages pour 10€ tous les mois pendant 12 mois.. vous la voyez, la série à 120€ pour des livres qui se lisent en une heure chacun?). Bref, j’avais totalement laissé tomber l’idée de lire cette série, jusqu’à ce que je trouve une intégrale des 12 mois en ebook. C’est beaucoup plus intéressant comme ça.. j’ai donc enfin lu Calendar Girl!

Et c’est comment? Et bien, comme le laissaient entendre la couverture, la  maison d’édition et le synopsis… c’est du new adult archi banal qui se laisse lire, mais qui ne casse clairement pas 3 pattes à un canard. On est vraiment sur le cas d’une auteure qui a clairement surfé sur la vague des romances érotiques post-50 shades et qui, pour moi, n’apporte rien au genre, même si c’est une bonne lecture de plage. Je suis bien contente de ne pas avoir acheté les 12 tomes en papier à leur sortie!

Concrètement, le pitch, c’est quoi? On suit l’histoire de Mia, 24 ans, qui se retrouve obligée de travailler comme escort girl pendant 1 an pour éponger les dettes de jeu de son père. Chaque contrat mensuel lui rapporte 100 000$, et si elle couche avec ses clients (ce à quoi elle n’est pas tenue), elle obtient 20 000$ supplémentaires. On va donc la suivre pendant ces 12 mois, avec 12 contrats / hommes différents.

Vous vous doutez bien que le coup du « je me sacrifie pour ma famille » n’est qu’un prétexte pour suivre le quotidien d’une escort pendant un an, et notamment les scènes de sexe – on est quand même dans du new adult.

Alors, qu’est ce qui ne m’a pas plu dans Calendar Girl? L’écriture, d’abord. Ca se lit très facilement d’accord, mais qu’est ce que c’est bateau… niveau fan fiction pour moi. Je suis étonnée que ça ait été publié, et que ça ait eu un tel succès… J’ai ri devant certaines tournures de phrases, et j’ai vraiment trouvé le style très pauvre et les scènes de sexe très plates (un comble..). je trouve toutefois que l’auteure s’est améliorée à ce niveau au fil des tomes, il y a du mieux sur la fin.

L’héroïne, ensuite. En janvier, elle rencontre un mec parfait, ils éprouvent des sentiments l’un pour l’autre, il lui propose de rester et de payer la dette de son père (le super plan…!) mais elle refuse et préfère rester escort… alors, elle enchaîne avec les clients suivants, continue de penser à Mr Janvier, mais refuse de laisser tomber son plan… là où j’ai du mal avec ses décisions, c’est qu’on peut saluer son besoin d’indépendance financière, mais je ne comprends pas pourquoi elle continue de coucher avec les hommes suivants (alors qu’elle n’y est absolument pas obligée) vu la relation qu’elle a avec le premier. En plus, elle a du caractère et j’apprécie ça, mais elle se permet de parler à ses clients d’une façon délirante pour quelqu’un qui est payée 100 000 $ par mois – à ce tarif-là, elle pourrait être plus agréable avec eux… surtout quand on voit ce qu’elle fait (en dehors des scènes de sexe – lesquelles sont totalement en option pour elle -, elle est vraiment payée une fortune à ne rien faire! Assister à quelques soirées, poser pour quelques photos, se montrer quand on lui demande.. et point. Vu comme ça, escort parait être le meilleur plan du monde! Je suis à peu près sûre que la réalité du métier est bien différente et nettement plus sordide…)

Ensuite, le simple postulat de base de l’intrigue: devenir escort pour éponger la dette de son père… il n’y a que moi qui trouve ça malsain..? Et surtout que la patronne de l’agence d’escort s’avère être la propre tante de Mia… je débloque en lisant ça! Si je dirigeais une agence d’escort, je ne suis pas sûre que j’en informerais mes neveux et mes nièces, alors de là à les y engager et les « vendre » à des hommes comme de la viande… j’ai un mal fou à comprendre ce pan de l’intrigue!

Et puis globalement, les récits mensuels sont beaucoup trop courts. Vu la quantité de scènes de sexe (mal écrites) et le fait que chaque tome ne fait qu’une centaine de pages, les intrigues sont réduites à peau de chagrin, les personnages masculins ne sont qu’esquissés et ont des traits de personnalité vraiment généraux, presque grossiers et caricaturaux (je pense notamment au français Alec, Mr Février: un cliché ambulant! Où l’auteure a-t-elle pu aller pêcher que les hommes étaient comme ça en France? Ridicule).

Point positif tout de même, le fait que chaque mois soit assez différent des précédents, la raison de l’embauche de Mia est toujours amusante à découvrir (ça me parait fou, ces hommes prêts à dépenser 100 000 dollars par mois pour des raisons aussi banales que « je n’ose pas avouer à ma mère que je suis gay », « j’ai besoin d’une muse pour mes peintures » (prend toi un modèle, ça coûte moins cher sans déconner!), « je suis harcelé lors des soirées alors j’ai besoin de quelqu’un pour repousser les autres femmes »…). L’auteur a au moins réussi à se renouveler de mois en mois, même si j’ai du mal à croire à cette représentation idyllique du boulot d’escort. Dans la vraie vie, on imagine bien que les clients ne sont pas tous des bombes sexuelles, il doit y avoir bien des vieux pervers dans le tas et ça m’étonnerait qu’elles soient payées autant uniquement pour servir de plantes vertes… Sur le dernier tiers de l’année, l’auteure a vraiment réussi à sortir du carcan rigide qu’elle avait créé (un mois = un client) et à faire un peu évoluer son intrigue, plus riche, j’ai apprécié que l’histoire se renouvelle un peu, ça fait moins redite que les premiers mois. Et même si je trouve que c’est assez pauvre en terme de style, il faut reconnaître que le côté feuilleton / épisodes mois par mois est assez addictif et donne envie de lire la suite. C’est une assez bonne lecture détente de plage, en somme, même si ça ne va pas plus loin. 

Dans le genre « femme qui se découvre après avoir couché avec plusieurs hommes différents », je trouve la série S.E.C.R.E.T de L. Marie Adeline bien meilleure, nettement mieux écrite, plus mature, avec des personnages mieux travaillés (bref… c’est mieux à tous les niveau ^^).

En résumé: 

2 réflexions au sujet de « Calendar Girl (Intégrale) – Audrey Carlan »

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