Les figures de l’ombre – Margot Lee Shetterly

Synopsis: 

Armées de simples crayons et de règles, elles ont propulsé les États-Unis en tête de la course à la conquête spatiale. Les « ordinateurs de couleur ». Tel était le descriptif de poste des mathématiciennes afro-américaines Dorothy Vaughan, Mary Jackson, Katherine Johnson et Christine Darden, employées à la NASA dans les années soixante. Grâce à ces femmes, les États-Unis envoyaient l’astronaute John Glenn en orbite en 1962, dix mois seulement après Youri Gagarine. Pourtant, leurs noms sont restés inconnus du grand public pendant des décennies. Dans une Amérique rongée par la ségrégation raciale, sans compter le sexisme auquel elles devaient faire face, leurs carrières ont été, pour ainsi dire, oblitérées.

image9 bis

Mon avis: 

Après avoir vu l’excellente adaptation ciné du livre à sa sortie début 2017, je me penche enfin sur le bouquin. Je dois dire (c’est souvent le cas quand je commence par le film) que j’ai moins aimé le livre. Il faut dire que j’avais vraiment adoré le film et que lors de la séance à laquelle j’étais allée (à l’UCG des Halles à Paris), le public avait applaudit à trois reprises pendant la diffusion, c’était dingue, il y avait une ambiance top dans la salle. (« Here at NASA, we all piss the same color »!).

Je pensais que le livre serait du coup le roman biographique duquel est tiré le film, mais en fait, ce n’est tout simplement pas un roman. C’est une sorte de documentaire historique sur ce qui s’est passé à Langley et sur l’histoire de la NASA depuis les années 20 jusqu’aux années 70 (en gros). Alors, oui, les personnages du film, on les retrouve dans le livre (c’est normal, puisqu’il s’agit de faits et de personnes réelles. L’une d’entre elle est d’ailleurs encore en vie et a fêté ses 100 ans en 2018). Le fond historique est également le même. Mais là où le film est orienté comme un récit axé autour de l’histoire de 3 femmes (Dorothy, Katherine et Mary), le livre est éminemment plus général et contextuel.

S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à l’auteure, c’est de ne pas avoir potassé son sujet. On sent les montagnes d’heures (d’années?) qu’elle a dû passer à compiler les informations et recueillir les témoignages. Et c’est un travail d’une grande qualité, sur un sujet qui m’intéresse beaucoup (l’émancipation des noirs et des femmes aux Etats Unis au XXème siècle et la ségrégation). Mais le livre est rédigé de façon très académique, très factuelle, et je ne pense pas qu’il soit accessible au grand public comme le film, qui raconte la même chose mais d’une autre manière, qui rend les personnages plus humains et plus palpables que ces noms rémanents dans le livre. Il y a à vrai dire tellement de noms dans le bouquin (et plusieurs Dorothy et plusieurs Katherine…) que j’ai eu un mal fou à repérer qui était qui, ceux qui revenaient de ceux qui ne faisaient que passer. Heureusement que j’avais vu le film avant, ça m’a un peu aidée.

Pour les amateurs d »histoire de façon générale, ça peut bien évidemment plaire, c’est une mine d’information sur les époques décrites (seconde guerre mondiale, course à l’espace au début de la guerre froide…). Pour ceux qui voudraient découvrir le roman du film, attention, vous risquez d’être déçus. 

En résumé: 

 

4 réflexions au sujet de « Les figures de l’ombre – Margot Lee Shetterly »

Répondre à topobiblioteca Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *