Toutes blessent, la dernière tue – Karine Giebel

Synopsis: 

Le nouveau roman de Karine Giebel met en scène deux personnages. Le premier, c’est Tama, une enfant marocaine. Elle a 8 ans quand son père, pensant lui offrir un avenir meilleur et une chance d’aller à l’école, la vend à une riche famille franco-marocaine installée à Paris. Elle va devenir la « boniche », subissant de multiples sévices avant d’être revendue à une autre famille où elle sera aussi exploitée. Deuxième personnage central, Gabriel, un tueur professionnel qui vit dans un chalet isolé et qui découvre un jour chez lui une jeune femme blessée et amnésique. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Et quel va être le rôle de Gabriel, homme mystérieux et dangereux ?

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Mon avis: 

Ceux qui ont déjà lu du Giebel le savent: l’auteure aime les textes très noirs et n’aime pas les happy ends. Je m’attendais donc à lire quelque chose de sombre avec ce nouveau roman.. et j’ai été servie. En terme de contenu, je crois que c’est le pire des 7 livres que j’ai lus d’elle. Pire en terme de noirceur, parce que sinon, encore une fois, c’est excellent. 

Toutes blessent, la dernière tue est un roman qui se focalise sur un thème bien particulier et sur lequel je n’avais jamais rien lu auparavant: l’esclavage moderne, et notamment la servitude domestique. La structure du récit n’est pas linéaire: dans la plupart des passages, on suit Tama, une enfant maghrébine (8 ans au début du livre, 16 à la fin) qui a été vendue par son père à une famille en France (son père qui pensait que sa fille pourrait aller à l’école et donc avoir un bon avenir). Malheureusement pour elle, ce n’est pas du tout ce qui se passe, et elle se retrouve littéralement l’esclave d’une famille aisée. L’essentiel du texte est à la troisième personne, mais d’autres passages sont racontés directement par Tama. Un autre axe narratif nous présente Gabriel, un homme qui vit seul dans une maison isolée. On comprend vite que ce n’est pas un enfant de coeur. Un beau jour, il trouve une jeune femme chez lui, dans un sale état, qu’il va recueillir avant de réaliser qu’elle est amnésique. Et en plus de ces différents récits enchâssés, on en a d’autres, plus rares, racontés par un autre personnage, Izri. La construction du texte est donc complexe et n’a pas dû être évidente à suivre tous les jours pour Karine Giebel. Pourtant, pour le lecteur, c’est fluide et clair, et on sait toujours où on est et avec qui. 

Le contenu est hallucinant de violence et de cruauté. La malveillance humaine semble sans limite dans l’histoire de Tama, certains passages sont véritablement très durs et on peut se demander si l’auteure n’en rajoute pas un peu dans l’horreur – sauf qu’elle a elle-même expliqué que toutes les situations décrites dans le roman sont basés sur des témoignages et des faits réels – ça fait peur… ce qui est frappant, c’est le contraste entre la situation de Tama et celle de Gabriel. C’est lui qui devrait être le reflet du « Mal » et finalement, il parait bien plus humain que les familles d’apparence lambda auxquelles Tama est confrontée tout au long du texte…

Comme toujours, la plume est percutante et hyper efficace, le texte prend le lecteur aux tripes et c’est très difficile à lâcher, on veut savoir ce qui va arriver à Tama. Du bon gros page turner en somme. J’attendais de voir comment l’auteure allait terminer son histoire: à la fois, c’est dans la lignée de ce qu’elle écrit d’habitude, mais en même temps, l’épilogue vient apporter une touche de « positif » dans l’horreur (positivité toute relative.. mais qu’on ne peut s’empêcher d’apprécier!). Clairement, âmes sensibles, s’abstenir. Pour les autres… préparez-vous à être chamboulés ^^

En résumé: 

 

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