Carnet de bord TDM – Vietnam #1: Le Sud (Ho Chi Minh et Mui Ne) et le centre (Hoi An et Hue) 📷

Jour 30 – vendredi 14 décembre 2018 – passage de la frontière Cambodge / Vietnam (trajet en bus : Phnom Penh – Ho Chi Minh)

Commençons par le gros morceau de cet article: le visa vietnamien et le passage de la frontière terrestre Cambodge / Vietnam.

Pour info, pas besoin de visa d’entrée au Vietnam si vous restez moins de 15 jours. Comme nous avions prévu d’y rester 3 semaines, il nous en fallait un.

Et là, grande question: attend-on d’arriver pour le faire faire sur place, comme on a déjà fait pour d’autres pays asiatiques (Thaïlande, Cambodge, Laos), où le fait-on en avance par internet (e-visa)?

En fait, on sait que la douane est passablement corrompue au Vietnam, on a vu beaucoup de témoignagnes qui parlaient de pots de vins obligatoires pour obtenir son visa sur place (en plus du prix de départ du visa qui est de 25$), du coup, on a préféré utiliser le système du e-visa en pensant qu’on serait moins emmerdés à la frontiére.

Avant de partir, nous avons donc lancé la procédure sur internet pour l’obtention de ce fameux visa. Là où ça se corse, c’est que pour le e-visa, on ne peut pas entrer dans le pays de n’importe quel poste frontiére, et il faut impérativement savoir auquel vous allez passer pour faire la demande (et il y a beaucoup de choix possibles..). Le poste frontière choisi sera précisé sur le visa, et vous ne pourrez passer nulle part ailleurs (finalement, entre les contraines du e-visa et les pots de vin du visa sur place, je ne sais pas ce qui est le plus relou..). Renseignements pris, les bus Phnom Penh – Ho Chi Minh ne passent que par un seul poste, Moc Bai, donc nous avons pris celui-là.

Ça a mal commencé déjà quand moi j’ai obtenu mon visa avant le départ, mais pas Seb. Son dossier a pris du temps a être traité et il n’a obtenu confirmation de son visa qu’une fois que nous étions arrivés en Inde.. donc, contrairement à moi, il n’a pas pu l’imprimer avant le départ.

Quand nous sommes arrivés au Cambodge à l’aéroport, le pays avant le Vietnam, nous avons acheté notre visa Cambodgien sur place, en recevant un papier « arrival » (complété et récupéré le jour même par la douane) et un autre « departure », qu’on complète et qu’on montre à la douane quand on quitte le pays. Ces papiers sont en plus des tampons d’entrée et de sortie qu’on reçoit de base à la frontière. Jusque là, tout allait bien, et on était entrés sereins sur le territoire cambodgien.

Ensuite, il a fallu qu’on réserve ce fameux bus Phnom Penh – Ho Chi Minh. On a trouvé un blog francophone qui parlait d’un bus qui faisait la liaison et qui était en face d’un hôtel sympa. On a pas trop cherché et on a pris le combo bus + hôtel, sachant que l’hôtel était vraiment pour nous arranger par rapport au départ du bus, car sinon il était assez excentré dans Phnom Penh et on aurait pas pris celui-là sans ce bus.. bref.

La veille du départ, Seb cherche à imprimer son fameux visa arrivé en retard. Il a vu des témoignages sur internet disant que ce n’était pas nécessaire d’avoir le papier et que montrer son téléphone au douanier suffisait, mais il a préféré jouer la sécurité et l’imprimer quand même. Il demande à l’accueil de l’hôtel si on peut lui imprimer son papier, mais ils ne pouvaient pas. On lui a indiqué un endroit mais ce n’était pas à côté, donc il a quand même tenté avant la fameuse compagnie de bus en face.. qui lui a imprimé son billet. Pas besoin d’aller loin finalement 🙂

Et là, en rentrant, il a vérifié – par acquit de conscience – les avis sur la compagnie de bus.. et on a flippé. Les avis étaient tous véritablement catastrophiques, et beaucoup parlaient du fait que le bus abandonnait les gens au poste frontière (qui est à plusieurs dizaines de kilomètres d’Ho Chi Minh)! On avait pas trop envie de se retrouver largués à la frontières donc on a voulu annuler nos billets mais la veille du départ, ce n’est plus remboursable.. tant pis, on a pris d’autres billets avec la compagnie qu’on avait prise pour faire l’aller retour Phnom Penh – Siem Reap, Mékong Express. On avait été déçus par le retour de jour mais au moins on connaissait et les avis n’étaient pas horribles. C’est la dernière fois qu’on achète un billet quelconque sans vérifier les avis avant..

A ce stade-là, on était à 25$ chacun de visa, + deux allers en bus chacun (le premier, que nous n’avons finalement pas pris, n’étant pas remboursable..). La feinte, c’est que l’hôtel où nous avions dormi était prévu pour être en face du premier bus que nous devions prendre, mais pas du second, qui était à 7km de l’hôtel. Nous n’avions plus assez de sous pour payer un tuk tuk, donc nous avons dû faire le trajet à pied avec nos gros sacs à dos.

Une fois arrivés au comptoir de Mékong Express, comme il y a un passage de frontière, ils vérifient les passeports et nous demandent de compléter le fameux papier «departure » reçu à l’arrivée dans le pays. Ils vérifient même avec toi que c’est bien complété, donc à ce moment-là, on était toujours sereins.

Ensuite, on s’installe dans le bus, et rapidement, un des employés de la compagnie (il y en a toujours en plus du chauffeur) passe dans les rangs pour collecter les passeports.

Je fais ici une parenthèse: on s’était beaucoup renseignés sur le passage de cette frontière et on avait lu pas mal de témoignages. On savait qu’il y avait des arnaques fréquentes dans les bus, notamment des mecs qui demandent 5$ par passager pour « aller plus vite à la douane », ou autre raison à la con. On était bien résolus à ne pas payer ces fameux 5$ chacun (le visa est payé, il n’y a rien à payer en plus normalement!). On a aussi vu d’autres témoignages qui expliquent que souvent, les compagnies de bus collectent les passeports des différents passagers pour simplement faciliter le passage et que c’était normal et pas forcément une arnaque. Dans l’idée je n’aime pas du tout laisser mon passeport à un inconnu, mais bon, si c’est comme ça que ça marche ici..

Bref, quand l’employé s’est avancé pour collecter les passeports, on s’est dit que ce n’était pas anormal, tout le monde donnait le sien. Sauf qu’il nous a demandé 1$ chacun. Je deviens suspicieuse, je demande à quoi ça lui sert le dollar puisque le visa est déjà payé. Explications pas claires dans son anglais très bancal, en gros, ce serait nécessaire pour que le mec de la douane puisse finaliser la procédure dans le cas des visas pris sur internet. la suspicion s’agrandit. On est encore loin des 5$ par personne, donc on a dit ok pour 1$, même si on avait l’impression de se faire avoir.

Et plus tard, le mec parti avec tous les passeports du bus revient nous voir Seb et moi (juste nous, pas les autres passagers), pour nous dire qu’il y a un souci avec notre passeport. Flip, comment ça, un souci avec notre passeport?! (Sachant que c’est le même gars qui les avait déjà vérifiés à l’agence avant le départ, et qu’il aurait pu nous le dire à ce moment-là!). Toujours sans remercier son anglais approximatif, on comprend que notre fameux papier « departure » n’est pas tamponné par la douane. Ben oui, on est pas encore partis du pays.. incompréhension. Et en fait il nous explique que quand on arrive au Cambodge, les douaniers tamponnent obligatoirement le passeport directement, mais aussi ce papier « departure » (ce qui ne le semble absolument pas logique quand on arrive.. ils tamponnent déjà le papier arrival.. pourquoi tamponner le papier du départ au moment de l’arrivée?). Bref on discute avec lui – suspicion à son niveau maximum – quand il nous dit qu’on est les deux seuls personnes du bus à ne pas avoir ce fameux tampon sur le papier departure, et que ça risque d’être un gros souci pour sortir du pays, et quand on s’énerve un peu (on se doutait bien qu’il nous truandait) il nous dit que c’est notre passeport donc c’est notre faute en gros, il fallait faire attention quand on est arrivés, que c’était notre responsabilité de nous assurer que tout était bien en règle, et que si c’est pas le cas, on peut s’en prendre qu’à nous même.

(Alors là mais clairement, j’avais juste envie de lui cracher dessus au gars. On arrive dans un pays qu’on connait pas, avec des formalités administratives qu’on connait pas, et il s’attend à ce qu’on explique au douanier comment faire son taf? Sans déconner!). La conclusion de son discours, c’était que sans ce tampon, le passage de la douane allait être compliqué pour nous, et qu’il pouvait essayer de s’arranger avec les douaniers, mais qu’il fallait qu’on lui donne chacun 5$… les fameux 5 dollars… alors, là où on a quand même tiqué par rapport aux récits d’arnaques qu’on avait pu lire, c’est que normalement, les arnaques, ça concerne l’intégralité des passagers d’un bus. Là, tout le monde a payé un dollar, mais le coup des 5$ pour le tampon manquant, on était les seuls concernés.. il nous a montré un autre passeport qui avait effectivement bien le fameux tampon sur le papier departure.. du coup on était perdus. On sentait bien qu’on se faisait avoir mais on voyait pas quoi faire. Il nous a dit en gros « vous n’êtes pas obligés de payer, vous pouvez vous en occuper vous même, c’est juste que ça risque d’être long, ce sera plus facile si c’est moi qui m’en charge » (vu qu’il parle la langue, on veut bien le croire). Dans l’idée, on voulait tellement pas payer qu’on préférait nettement le faire nous même, et c’est là qu’on a eu la feinte ultime: on lui demande par acquit de conscience « ok, mais si on le fait nous même, on est d’accord que le bus nous attend? » et lui de répondre « ah ben non pas forcément, si c’est long, on peut partir sans vous ». Très sérieusement.

Du coup, le choix, c’était soit on payait 5$ chacun (+ le 1$ chacun de départ) = 12$ en tout, on était tranquilles et on repartait avec le bus, mais on savait clairement qu’on se faisait entuber quelque part, soit on ne payait pas, on s’en occupait nous même, mais on prenait le risque que ça dure des plombes avec le tampon manquant, et que le bus nous plante sur le  bord de la route à la frontière, sans moyen de rejoindre Ho Chi Minh. Le choix a été vite fait vu la somme (12$ ça fait 10€…, on aurait plus réfléchi s’il nous avait demandé 50€ chacun), mais pas sans colère, parce qu’on savait pertinemment que c’était pas net son histoire.

Là, il a fallu qu’on lui donne ses 12$, sauf qu’on avait plus assez en dollars (comme on passait une frontière et que de l’autre côté au Vietnam on utilise pas de dollars, on avait écoulé notre monnaie et il devait nous rester 5 ou 6$ seulement, au cas où, ou pour manger sur la route. Bref, pas assez pour le payer. Le mec nous regarde d’un air genre « c’est votre problème, si vous pouvez pas payer, démerdez-vous, mais ne venez pas pleurer si le bus part sans vous ». J’étais INSUPPORTEE par son attitude – et pourtant dans l’obligation de rester calme pour ne pas le braquer. Franchement, ça a été dur de prendre sur moi et Seb a géré la plupart des échanges, car j’étais trop énervée. Heureusement, Seb avait des euros sur lui et il a donc payé le mec en euros (en perdant au change en plus, du coup!), et on est arrivés à Moc Bai, le poste frontière (au moins, on s’était pas plantés sur ça).

Là, le bus s’arrête, le mec de la compagnie qui a nos passeports repasse dans les rangs pour nous les rendre (sur le moment, on a absolument pas compris pourquoi il les avait pris dans le bus si c’était pour nous les rendre avant même qu’on voie le moindre officiel). On passe la douane cambodgienne pour obtenir notre permis de sortir du territoire.. et là, dans la file, on s’aperçoit que le papier « departure » est tamponné! Alors que dans le bus, il ne l’était pas…

Voilà donc où est l’arnaque: le mec te fait croire qu’il faut 5$ pour le douanier (pot de vin? Frais administratifs pour rattraper l’erreur du mec de l’aéroport qui a oublié le tampon?), alors qu’en fait, il tamponne les passeports lui même, dans le bus!! Donc il te prend 10$ pour mettre un tampon sur le siège derrière toi! Heureusement que Seb m’a retenue, car j’aurais pu le tuer. Bien entendu, 10$ ce n’est pas une grosse somme, mais nous n’avions absolument rien à régler et c’est vraiment une question de principe, c’est complètement malhonnête!

Quant aux deux premiers dollars qu’il nous a demandé à tout le bus, idem, je pense que c’est juste sa commission.. j’étais vraiment furax et je fulminais!

Le seul moment sympa de ce trajet Phnom Penh – Ho Chi Minh (qui en plus est arrivé avec 2h de retard…) a été notre discussion avec deux autres voyageuses françaises, d’une quarantaine d’années, aussi en mode baroudeuses / sac à dos, qui se sont adressées à nous en nous entendant parler avec le fameux arnaqueur. Elles avaient une façon de parler bien particulière, et j’ai compris tout de suite qu’elles étaient sourdes. Elles nous ont fait rire dans ce moment de galère et rien que pour ça, je les en remercie. En fait, elles ne parlent pas anglais, et à la douane, ils ne parlent pas français. C’est là que l’expression dialogue de sourd prend tout son sens: elles devaient communiquer avec les douaniers par gestes. Mais pas non plus en langue des signes, sinon, ils n’auraient pas compris. On leur a proposé d’interpréter leurs propos en anglais pour faciliter la communication, mais elles ont rigolé, en nous disant que ce n’était pas la peine et qu’elles se faisaient toujours beaucoup mieux comprendre avec leurs gestes qu’en anglais! On était bluffés. On les a observées et effectivement, le passage du premier guichet a été rapide! Ça s’est corsé au second, quand ils font un contrôle des sacs (comme à l’aéroport, sacs posés sur un tapis roulant) et de ce qu’on a sur nous. On passe sous un portique qui repère ce qu’on porte. Leur souci à ces dames, c’est que l’une des deux avait un implant dans son oreille et que, comme les gens qui ont des pacemakers ne peuvent pas forcément faire d’IRM, elle, avec son implant, elle ne peut pas passer de portique.. et ça, c’est plus compliqué à faire comprendre avec des signes. On voyait bien que le douanier ne la comprenait pas et la poussait vers le portique, et elle, elle refusait obstinément de passer dessous, en énervant le mec. En fait, il s’est avéré que les portiques étaient là pour la déco (en gros): ils n’étaient reliés à rien, pas d’électricité, rien. En clair, ils ne servent à rien..  En tout cas, j’ai trouvé ça génial de voir que même avec un handicap qui reste gênant pour communiquer, surtout avec des gens qui ne parlent pas la même langue, certaines personnes ont quand même le cran de se lancer et de voyager. J’ai tellement de proches qui ont des blocages sur les voyages, qui ne le font pas parce qu’ils ont peur de ci ou de ça, alors que c’est tellement facile! Et ces dames, qui auraient pour le coup une vraie raison de ne pas oser voyager (surtout en mode sac à dos comme ça), qui le font, et avec le sourire en plus! Une vraie inspiration je trouve 🙂 tout le monde devrait en prendre de la graine (moi la premiére!).

Bref, revenons-en au Vietnam: nous sommes donc arrivés avec 2h de retard, à 22h au lieu de 20h, nous n’avions pas mangé et nous avions trés faim. Vu l’heure, nous craignions que tout ne soit fermé, mais en fait, l’arrêt de bus (et l’hôtel qui était heureusement à 300m) étaient dans une zone très animée avec plein de bars et de restaurants. (Ça nous a un peu fait un choc d’ailleurs, c’était très occidentalisé et tellement orienté « fête », on avait rien vu de semblable depuis notre arrivée en Asie, ça nous a fait penser à Times Square..). Du coup, on s’est installés quelque part pour manger avant d’aller dormir après cette longue et frustrante journée 😊

Jour 31 – samedi 15 décembre 2018 – Ho Chi Minh / Saigon

Nous avions repéré les principaux points d’intérêt de la ville, nous avons donc fait une longue promenade entre 11h et 15h à pied pour voir successivement le marché Ben Thanh, le Nguyen Hue, la cathédrale (maheureusement en travaux) et la Poste (qui date de l’époque coloniale française), ainsi que la Pagode de l’Empereur de Jade. 

il s’est mis à pleuvoir des trombes d’eau quand nous sommes sortis de la pagode, c’était prévu (la météo indiquait des orages tout l’après-midi), nous avons donc dégainé pour la première fois nos super ponchos de pluie / Kways. On a eu l’air bien bêtes, car finalement il s’est arrêté de pleuvoir très vite et on a aucune allure avec ces machins haha! Heureusement, en Asie c’est assez répandu, et personne ne nous a regardé bizarrement! (Oui, j’ai des photos, non, vous ne les verrez pas 😂)

Nous n’avons pas trouvé la ville spécialement belle mais en tout cas, c’était plein de touristes et très occidentalisé. L’atmosphére générale nous a bien plu, on a eu le sentiment d’une ville où il semble faire bon vivre (est-ce à cause du côté occidentalisé justement? Du fait que nous avions d’avantage de repères que d’habitude et que nous étions assez à l’aise? Je ne sais pas).

Le soir, nous sommes retournés manger dans la rue repérée la veille, Seb avait noté un resto qu’il voulait absolument tester, le Bún Cha. J’ai pris du boeuf avec du « riz gris » et je me suis retrouvée avec 4 sortes de petits tempuras de boeuf sans riz. Le serveur m’a expliqué que le « riz gris », c’était ce qui entourait la viande! Perplexitude.. mais c’était excellent! (Bon, je n’avais juste pas du tout assez à manger 🤣).

Pendant le repas nous avons entendu des grands cris à l’extérieur et en sortant, nous avons compris pourquoi: il y avait un match de foot, et on avait l’impression que tout Ho Chi Minh s’était passé le mot pour venir regarder le match dans cette rue! La moitié des gens étaient habillés en rouge avec l’étoile jaune (le drapeau Vietnamien), l’autre moitié, c’étaient les touristes 😊. L’ambiance était dingue! Le match, c’était Vietnam contre Malaisie, on est restés regarder jusqu’à la mi temps par curiosité, mais il n’y a pas eu de but (autre que celui qu’il y avait eu quand on avait entendu des cris pendant notre repas). Du coup, on est rentrés à la GH.. jusqu’à entendre, une heure après, un boucan de dingue dans les rues! On a compris que le Vietnam avait gagné le match, Seb est ressorti dans les rues pour filmer tellement c’était la folie dehors. On avait l’impression qu’ils avaient gagné la coupe du monde, ça a duré des heures (match terminé à 21h, c’était encore la teuf dans les rues à 2h du matin)! C’était vraiment amusant de constater que le sport (et le football à fortiori) est capable de rassembler les gens de la même façon, quel que soit le pays.

Jour 32 – dimanche 16 décembre 2018 – Ho Chi Minh / Saigon > bus vers Mui Ne  

Nous avions acheté la veille un bus pour la ville de Mui Ne, au Sud du pays, à quelques heures d’Ho Chi Minh. La journée a donc été essentiellement une journée de transport.

Mui Ne est une cité balnéaire essentiellement fréquentée par des touristes russes (on a pas trop compris pourquoi), donc tous les panneaux sont écrits en vietnamien, en anglais.. et en russe!

Je dis « balnéaire » mais c’était très décevant à ce niveau. Nous avions choisi de faire un stop là car remonter le Vietnam du Sud au Nord en un seul trajet est beaucoup trop long, il nous fallait des étapes intermédiaires, et nous avions vu quelques spots sympas autour de Mui Ne, mais la ville en elle-même n’est qu’une immense rue, bordée d’hôtels et de restaurants, qui longe la côte sur une dizaine de kilomètres, sans aucun charme. Nous espérions au moins trouver une plage (en ville en bord de mer.. logique!) mais il n’y en a pas vraiment, le bord de la mer est accessible depuis les hôtels qui sont du bon côté de la route (ce n’était pas le cas du nôtre), et nous n’avons de toute façon pas vraiment vu de plage à proprement parler. Bon, on a vu la mer, on était contents 😊

Notre guest house à Mui Ne 🙂

Les différents spots à voir à Mui Ne sont accessibles facilement, mais il faut être motorisé. Nous avions le choix de louer un scooter ou de payer une excursion. Nous avons vu pas mal de témoignages bloguesques sur des mauvaises expériences avec les forces de l’ordre locale lors de location de scooter quand on est étranger, donc nous avons préféré jouer la facilité et prendre une excursion en jeep, ce qui était possible à l’accueil de notre GH. Notre indicatif de prix vu sur un article de blog datant d’avril 2018 indiquait 90000 dongs par personne (1€ = 26000 dongs environ), donc nous tablions sur ça.  La réceptionniste nous a dit que chez eux, le tour était à 120000 dongs par personne, donc environ 1€ de plus. On était hyper fatigués et on avait pas envie de chercher ailleurs, le prix restait très raisonnable pour une excursion de plusieurs heures, donc nous avons payé les 240000 dongs pour nous deux, pour un billet pour le lendemain après midi, pour voir 4 endroits: les Fairy Stream, le village de pêcheurs et les red and white sand dunes.

Jour 33 – Lundi 17 décembre 2018 – Mui Ne

La jeep est venue nous récupérer à la GH à 13h30. Nous étions avec 4 autres touristes, 2 couples de coréens. Le premier stop a été les Fairy Stream et nous avons eu une très mauvaise surprise: l’entrée était payante, en plus de ce qu’on avait déjà payé pour l’excursion, ce que la réceptionniste de la GH s’était bien gardé de nous dire la veille! Nous n’avions pas pensé à poser la question car pour nous, en payant un tour, c’était évident que tout était inclus, sinon c’est précisé.. eh bien, pas ici! Un des deux couples coréens n’a pas du tout apprécié non plus, on a vraiment eu l’impression d’avoir été (encore une fois) roulés dans la farine. L’entrée n’était pas chère, 15000 dongs chacun donc à peine plus d’un euro pour deux, mais encore une fois c’est pour le principe. Cette sensation d’être pris pour une vache à lait en permanence est très pesante. Bref, on a payé sans faire d’histoire. Les Fairy Stream, en fait c’est un petit ruisseau dans lequel on marche pied nu, on le remonte et on observe le paysage autour, ça ressemble un peu au grand canyon (ou à l’idée que je m’en fais, puisque je n’y suis jamais allée). C’est vraiment très joli – mais sur les articles de blogs que j’avais lus, pourtant récents, on avait l’impression que les gens étaient seuls sur les photos. Je ne sais pas si on est tombé à une mauvaise période ou un mauvais jour, mais c’était juste blindé de monde! Impossible de faire des photos correctes alors que l’endroit était vraiment sympa… et les berges du ruisseau aux abords du parking étaient très sales puisque de nombreux bouis bouis servent à boire et à manger aux passants.. c’est vraiment dommage, ça dénature complètement le lieu (en plus de le polluer inutilement).

En sortant de là (et le chauffeur ne nous avair laissé que 40mn, donc c’était court),  notre groupe a changé de jeep sans aucune explication (mais en gardant le même chauffeur). Le deuxième stop de l’après midi était le village de pêcheurs. Je pensais que nous y aurions quartier libre un moment mais non.. « 10 minutes for pictures » et c’est tout! Il faut être vif! Impossible de découvrir le village en 10mn, je me suis contentée de ce plan du coup.

Le troisième arrêt était aux dunes blanches, qui sont assez loin (25km de Mui Ne). En arrivant, le chauffeur nous a accordé 45mn.. sauf qu’on a eu la mauvaise surprise de constater qu’en fait, le parking des jeeps est assez loin des vraies grosses dunes, et que le parking met des quads à disposition des visiteurs pour rejoindre les dunes en question.. quads qui coûtaient 400000 dongs, en plus du prix de l’excursion encore une fois, juste pour faire l’aller retour aux dunes en 45mn, et sachant que l’excursion elle-même ne nous a coûté « que » 120000 dongs chacun.. hors de question de se faire encore avoir et de payer autant pour un truc qu’on peut faire à pied! Donc nous sommes partis à pied. C’est sûr qu’en si peu de temps, nous avons juste pu faire l’aller retour vers la première dune en nous dépéchant, nous n’avons pas pu nous approcher de la seconde, mais tant pis 😅 sur la route, dans le sable, nous avons trouvé énormément de bouteilles en plastique vides abandonnées là, le site est loin d’être propre. Nous en avons ramassé 4 que nous avons jetées dans la poubelle du parking, mais il en restait beaucoup d’autres..

 De retour sur le parking, notre chauffeur fait monter les 4 coréens à bord, avant de nous dire à nous que nous changeons de jeep et de chauffeur (? Encore une fois, aucune explication). Nous nous mettons donc en route vers le dernier stop, les dunes rouges, pour le coucher du soleil. Cette fois, pas besoin de payer de quad, les dunes sont en bordure de route. Malheureusement, le soleil n’a pas été au rendez-vous, il était planqué derrière les nuages.. pas de coucher de soleil ce jour-là du coup! Et comme les blanches, les dunes rouges étaient très sales. On voyait beaucoup de détritus dans le sable, franchement, ça fait mal au coeur. Pas de photos du coup…

Au total, cette excursion, ça aura été 4 sites visités, 3 jeeps différentes utilisées (? Aucune explication..), 2 chauffeurs rencontrés (? Pas d’explication non plus), et 1 sensation de nouvelle arnaque (on paye une excursion qui se garde bien de nous dire qu’en vrai, si on paie les quads aux dunes blanches et l’entrée des Fairy Stream, le tarif n’est pas de 120000 dongs par personne, mais bien de 335000 dongs, donc presque le triple..  alors, c’est vrai qu’on a pas posé la question, mais la pratique nous semble clairement manquer d’honnêteté. Ne parlons pas des changements mystérieux de jeeps et de chauffeurs, et de la pression qu’ils nous mettent sur les chronos).

A refaire, pas sûr qu’on reviendrait à Mui Ne. La ville n’a aucun charme, on y trouve d’avantage de russes que de vietnamiens et les 4 spots touristiques du coin sont absolument envahis de monde – tout est pensé pour accueillir les gens, mais sans que l’impact environnemental ne soit étudié. Les déchets jonchent les sites, on a clairement pas l’impression d’être en pleine nature, on sent trop la présence de l’Homme partout… et la sensation d’arnaque de l’excursion ne nous a clairement pas convaincu non plus…

Jour 34 – Mardi 18 décembre 2018 – Mui Ne > bus

Encore une journée consacrée au transport: cette fois, nous quittons le sud du Vietnam pour remonter au centre du pays, direction Hoi An. Nous n’avons pas trouvé de bus direct, il fallait en prendre un premier à Mui Ne à 13h qui arrivait à 18h30 à Nha Trang, d’où partait un second bus à 19h30, pour Hoi An, arrivée prévue le lendemain matin à 5h. Vu que la ponctualité dans les transports, ce n’est pas leur point fort par ici, on était pas du tout sereins sur la petite heure debattement entre les deux bus.

Nous avons été acheter quelques snacks pour le long trajet qui nous attendait, et nous avons rapidement déjeuné avant de monter dans le bus. Contre toute attente, le premier a été relativement à l’heure et nous avons eu le second sans souci.

Jour 35 – Mercredi 19 décembre 2018 – Hoi An

Notre second bus devait arriver à Hoi An à 5h du matin, mais finalement, nous sommes arrivés à 6h30. Dans ce sens là, on apprécie les retards: pour les trajets de nuits, plus on arrive tard le matin, plus c’est pratique. Arriver à 5h du matin, ca veut dire qu’il fait encore nuit, que rien n’est ouvert pour se poser, et que la chambre de notre hôtel pour le soir n’est absolument pas prête. A 6h30, il fait jour, il y a de la circulation et des endroits ouverts si on veut, et la chambre n’est évidemment pas prête – mais au moins, on l’attend moins longtemps.

Là, notre guest house s’est avérée être plus loin que ce qu’on pensait – on a marché pratiquement 1h avec nos gros sacs avant d’y arriver, vers 7h30 donc. Nous avons attendu midi, avons pu prendre les vélos de la GH pour aller nous acheter à manger (2€ les deux gros sandwichs!), et nous avons finalement eu accès à la chambre vers 13h. Il y a une piscine dans cette GH (et pas seulement un petit bassin comme à Siem Reap), mais il pleuvait quand nous sommes arrivés 😥

Nous avions prévu de sortir visiter la ville dans l’après-midi, mais les 18h de trajet aurons eu raison de nous (encore que Seb a de la chance, il arrive à dormir un peu partout, et donc dans les bus. Ce n’est pas mon cas et j’ai dû dormir 4h sur les 18..). On s’est effondrés et on a dormi jusque 16h…

Nous sommes finalement sortis vers 18h30 en direction du night market en passant par le centre historique de la ville (classé à l’UNESCO), et même s’il faisait nuit, nous avons vraiment apprécié ce premier aperçu d’Hoi An. La ville est couverte de lanternes colorées, c’est juste splendide! Et plus on s’approche du marché, plus il y a de lanternes. J’ai adoré l’ambiance qui se dégageait de ces rues – ça m’a beaucoup fait penser à Chihiro, au début du film, quand la nuit tombe sur le parc et que l’animation reprend ses droits. De façon générale, on aime bien les night markets en Asie de toute façon 😊

Jour 36 – Jeudi 20 décembre 2018 – Hoi An

Après avoir mangé un copieux petit déjeuner à la GH (pour une fois, c’était inclus dans le prix), nous sommes partis à vélo découvrir la vieille ville de Ho Han (déjà traversée la veille de nuit). C’est très mignon 🙂 nous n’avons pas acheté le pass qui permet de visiter les monuments principaux, donc nous avons certainement manqué des choses, mais je comprends les gens qui ont un coup de cœur pour la ville : pas de merveille du monde ici, mais un charme fou et une atmosphère détendue qui font du bien ^^

L’après-midi, nous sommes partis (toujours à vélo) en direction de la plage « Hidden Beach ». Malgré son nom, elle n’est pas vraiment cachée et nous avons été assez déçus encore une fois au vu des détritus qui s’amoncellent à tous les endroits où on avait envie de se poser…

Jour 37 – Vendredi 21 décembre 2018 – Hue

Nous avions ce jour-là un bus à 7h, qui devait nous faire arriver à Hue aux alentours de 10h. Comme nous avions mis presque 1h pour faire le trajet bus – GH à l’arrivée, nous sommes partis à 5h30 le vendredi pour arriver 30 mn avant le bus (on n’est jamais trop prudents ici avec ça..). Malheureusement pour nous, nous sommes allés beaucoup plus vite qu’à l’aller et avons fait le trajet en 35mn.. nous sommes donc arrivés à l’arrêt de bus à 6h05! Pas grave, on attend.

Et on a attendu longtemps: le bus était super en retard et ne s’est pointé qu’à 8h30… c’était bien la peine de se lever à 5h15 -_-‘ du coup, nous sommes arrivés à Hue à 11h30. Nous sommes allés directement poser nos sacs à la GH du jour, qui avait des vélos et des scooters à disposition. Nous avons opté pour les vélos ce premier jour, pour aller visiter l’ancienne cité impériale 🙂 J’avais vu plusieurs avis pas spécialement enthousiastes et c’est vrai que la visite ne nous a pas totalement emballés, même si c’était sympa.

Le soir, c’était craquage: soirée sushis 😀 Nous avions repéré un restaurant japonais pas cher et effectivement, le repas nous est revenu à 10,7€ pour deux… si seulement les tarifs étaient les mêmes en France ^^

Jour 38 – Samedi 22 décembre 2018 – Hue

Après un petit déj à la GH, nous sommes partis cette fois en scooter pour nous éloigner un peu de la ville. Nous avons commencé notre promenade du jour en faisant un tour à la « boulangerie française » où, après 5 semaines et demi de carence, j’ai pu enfin m’acheter des pains au chocolat… le bonheur 😀

La première étape de la journée, ça devait être le parc aquatique abandonné, sur lequel j’avais lu pas mal de témoignages (par exemple ici ou encore ici). L’endroit étant abandonné, c’est censé être gratuit, mais bien entendu, certains ont compris que c’est une curiosité pour les touristes et demandent des sous. L’application Maps Me nous indiquait 2 routes relativement parallèles pour y arriver, l’une avec une entrée où on demande de payer (l’ancienne entrée principale du parc), l’autre supposément gratuite.. nous avons donc pris cette deuxième option. Curieusement, aucune barrière nulle part, on passe comme on veut et on finit par entrer dans l’enceinte de l’ancien parc. On pose les scooters devant une première attraction, et je n’ai même pas eu le temps de dégainer mon appareil photo qu’un mec débarque en nous faisant signe de partir et en nous montrant un papier écrit à la main dans un anglais obscur, disant de « respecter les règles du parc »… mais quelles règles au juste? Bien sûr, on a pas su… on a vu arriver deux autres mecs en scooter (des touristes comme nous) qui, eux, avaient payé l’entrée et qui se sont fait dégager comme nous! (c’est le comble..). Et juste après, deux nouveaux scooters qui arrivent et tentent de passer, mais le faux vigile les a fait partir aussi… Bon. En tout cas, on est loin d’être les seuls à vouloir explorer ce parc visiblement… on repart en direction de l’autre entrée (sait-on jamais), mais c’était effectivement bloqué aussi, et hors de question de payer pour visiter un endroit gratuit. En fait, ils ont mis un mec à l’ancienne entrée principale (qui demande de l’argent) et dans le parc, un autre mec circule en faisant dégager les gens (même ceux qui ont payé…). Super déçue, moi qui voulait tester l’urbex… j’imagine que l’endroit est devenu trop « couru » par les curieux..

Direction la deuxième étape de la journée, du coup: la tombe de Khai Dinh, un empereur du début du 20ème siècle. La tombe est construite à flanc de colline sur plusieurs niveaux.

Ensuite, dernier arrêt de la ballade, une autre tombe, le mausolée de l’empereur Minh Mang, mort pendant la première moitié du 19ème siècle. L’endroit est sur un lac, c’est très paisible et sympa; la tombe en elle-même n’est accessible au public qu’un jour par an, par contre.

En revenant à Hue, nous avons fait un rapide tour au marché et puis on s’est posés au bord de la rivière (qui a un joli nom: la Rivière des Parfums).

Nous avons mangé, sommes partis récupérer nos affaires à la GH et nous avons attendu notre train de nuit à la gare, qui nous amène au nord du pays, à Ninh Binh, la baie d’Halong terrestre. Ce sera pour le prochain article 🙂

Si vous êtes déjà allés au Vietnam et que vous avez des conseils sur le nord du pays, on prend! 🙂

 

3 réflexions au sujet de « Carnet de bord TDM – Vietnam #1: Le Sud (Ho Chi Minh et Mui Ne) et le centre (Hoi An et Hue) 📷 »

  1. Super frustrant l’arnaque dans le bus et sur les différents endroits où il faut toujours payer plus, ça m’aurait aussi bien énervée juste pour le principe.
    Les photos de l’ancienne cité impériale sont très jolies, ça a l’ai reposant 🙂

    • merci! à vrai dire on s’attendait un peu à mieux – énormément de bâtiments ont été détruits pendant la guerre et du coup ça n’était pas aussi majestueux que ça a dû être à l’époque ^^

  2. Ping : Tour du monde, les bilans: #3 – Le Vietnam | Les chroniques de Totoro

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