Carnet de bord TDM – Inde #1: le centre (Mumbai, Ajanta et Ellora caves) 📷

Day #1 – jeudi 15 novembre 2018

Nous sommes arrivés à l’aéroport de Mumbai dans la nuit du mercredi au jeudi, vers 2h du matin. Nous n’avions pas du tout envie de chercher l’hôtel ou quoi que ce soit en pleine nuit, donc nous avions prévu de « dormir » à l’aéroport. Celui de Mumbai est un peu spécial car une fois qu’on en sort, on ne peut plus y entrer, il y a des contrôles militaires…

Vers 8h30, nous sommes sortis en pensant prendre un bus vers le centre-ville où nous avions réservé un hôtel, mais nous avons déchanté rapidement : les transports sont très mal indiqués, les bus sont tous notés en hindi uniquement, aucun moyen de savoir lequel allait où, aucune navette / shuttle comme on peut en trouver dans beaucoup d’endroits, donc nous nous sommes résolus à prendre un taxi. A l’aéroport ils sont pré-payés, donc il faut faire la queue, expliquer au guichetier où on va – on a eu un mal fou à le comprendre, au début on ne captait même pas qu’il nous parlait anglais, payer, trouver le taxi, et lui ré-expliquer à lui où on va (ce serait trop simple s’il y avait une communication entre le guichetier et le chauffeur). Sauf que le chauffeur ne parlait pas un mot d’anglais… donc ça a été hyper compliqué de lui faire comprendre où on devait aller. Au bout d’un moment, il nous a demandé à grand renforts de gestes (tout en conduisant) qu’il voulait savoir si on avait un GPS pour l’aider.. (ben non ! c’est pas un peu ton boulot ça ? >> ça me fait halluciner ces taxis qui pensent que leurs clients vont mieux connaître la route qu’eux. On avait eu exactement le même coup en Thaïlande l’année dernière…).

Il a fini par nous déposer à plusieurs rues de l’hôtel – le trajet a duré 1h et même si on savait que l’Inde serait un pays avec lequel on allait nécessairement avoir un choc culturel, c’est quand même violent. Même sans sortir du taxi, la pauvreté évidente, les déchets partout, les klaxons continus, ça ne peut pas laisser indifférent.

On était tellement nazes qu’on s’est écroulés de fatigue à l’hôtel et on a dormi tout l’après-midi, donc pas de visite pour ce premier jour. Vers 18h, nous sommes sortis tout de même pour trouver de l’eau et à manger dans le quartier. Pas de souci pour l’eau, par contre la bouffe, impossible… on a vu aucune supérette / supermarché / épicerie ou quoi que ce soit d’équivalent, et la street food, c’était du thé, des gateaux ou des chips, mais pas des repas.. donc ce premier jour, nous n’avons pas non plus mangé ^^’

Le soir, nous avons eu la bonne surprise de découvrir que notre fenêtre donnait sur une mosquée. Dans l’idée, aucun souci, mais là, de 20h45 à 22h15, il y a eu des chants (au micro, qui résonnent dans toute la rue et y compris dans la chambre) et un prêche d’un monsieur avec une voix hyper énervée, on avait l’impression de se faire engueuler.. ça n’en finissait pas ! Première soirée au top ^^’

Day #2 – vendredi 16 novembre 2018

Le deuxième jour, nous étions résolus d’aller visiter un peu la ville. Malheureusement, nous étions encore hyper fatigués et la sensation constante d’agression dans les rues de Mumbai ne donnait pas envie de s’éterniser dehors. Nous avons pris le métro jusque Churchgate pour voir le point d’intérêt principal de la ville : la Gate of India (construite au début du XXème siècle). Je trouvais que le bâtiment en face (que je vous mets ici) était plus joli que la Porte en elle-même… la Porte était très sombre (j’ai éclairci la photo pour faire plus joli) et surtout, à peine arrivés sur la place, je me suis fait littéralement harceler par des dizaines d’indiens qui voulaient faire des selfies avec moi. Ben oui, être blonde aux yeux bleus et grande en Inde, ça fait de vous un genre de Beyoncé que les locaux s’arrachent (et j’exagère à peine) ! Les premiers selfies, ça étonne mais on se laisse faire, c’est rigolo, mais au bout d’un moment, à ne plus pouvoir faire deux mètres sans se faire arrêter pour poser sur une photo, c’est bien relou – d’autant que moi, les photos, j’aime les prendre, mais pas être dessus ! Nous avons battu en retraite et quitté la place très vite pour avoir la paix, c’est dommage…

Nous avons heureusement trouvé un petit endroit pour manger (endroit touristique oblige) et nous sommes repartis à l’hôtel car je ne me sentais pas très bien. Le soir, Seb a trouvé dehors du pain (toujours pas un repas mais ça dépanne :)) et des mini sandwichs locaux hyper épicés – toujours pas de la grande cuisine indienne, mais après le jeûne de la veille, ça a fait du bien ^^

Day #3 – samedi 17 novembre 2018

Nous avions prévu de partir le soir-même en bus de nuit pour Aurangabad, notre point de chute pour visite Ajanta et Ellora caves. Du coup, une fois le check-out de l’hôtel fait, on a dû passer la journée avec nos gros sacs sur le dos (nous aurions pu les laisser à la consigne je pense, mais l’arrêt de bus et l’hôtel étaient hyper éloignés et il n’était pas question de revenir les chercher en fin de journée avant le bus). Le quartier où nous devions prendre le bus était à priori plus touristique que là où nous avions dormi, donc on s’était dit qu’on visiterait en attendant. Mais on a mis 2h pour faire hôtel > arrêt de métro près de l’arrêt de bus, et on a bien mis 2h pour trouver l’arrêt de bus en question ensuite (on voulait le trouver avant pour être sûrs de ne pas le louper).

Dans le métro, c’est un truc de fou : comme il n’y a pas de portes, les gens sautent du train encore en marche, et ceux sur le quai montent dedans avant qu’il ne soit arrêté. Nous, on a pas l’habitude, et avec nos gros sacs, on ne se sentait pas de descendre du train en marche. Mal nous en a pris, le train ralentissait encore qu’on a vu une marée humaine se précipiter sur nous (= les gens qui montaient), et quand on a fait mine de vouloir sortir, on a compris que c’était vraiment mal vu et qu’on aurait dû le faire avant. Un mec m’a regardé avec un regard tellement haineux qu’il m’a fait peur, on s’est fait invectiver par la foule (enfin c’est ce qu’on a ressenti car on ne comprenait rien…).

Bref, du coup, après tout ça, il était 16h30, on était au bout de notre vie à marcher non-stop dans le métro et dehors avec nos gros sacs sur le dos. Apparemment, pas très loin, il y avait le parc national de Gandhi, donc on a voulu aller s’y poser, mais c’est payant et les guichets fermaient quand nous sommes arrivés… La lose. On s’est donc posés au bord de la route et on a bossé la logistique des jours suivants (parce que là, Mumbai, c’était du freestyle total, et ça ne nous a pas trop réussi, on a pas vu grand-chose, pas mangé grand-chose, et surtout on a vraiment pas kiffé et on était contents de sortir de cette ville tentaculaire et oppressante (pour nous en tout cas)).

Pour l’anecdote : le soir, dans le bus, je commençais à m’endormir quand j’ai senti quelque chose dans mes cheveux. Je lève la tête et je vois des enfants indiens en train de me toucher les cheveux, morts de rire ! Décidément, les cheveux blonds, en Inde, c’est tout un truc…

Day #4 – dimanche 18 novembre 2018

Après 12h de bus de nuit, nous sommes arrivés à Aurangabad vers 9h du matin. Nous sommes allés directement à l’hôtel que nous avions réservé qui était proche de l’arrêt de bus, nous avons posé nos gros sacs, et on s’est mis en route vers la « bus station » (également toute proche) pour aller prendre un nouveau bus jusque Ajanta, où se trouvent des grottes classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le trajet en bus a duré 3h et les routes étaient dans un état catastrophique, on arrêtait pas de sauter sur nos sièges, c’était un peu long (surtout avec les 12h qu’on venait déjà de faire :)). Il n’y a qu’une centaine de kilomètres en Aujangabad et Ajanta, en France ça serait plié en une heure, mais vu l’état des routes ici…

Une fois arrivés à Ajanta, les grottes sont à 4km du parking donc il faut prendre une navette qui nous amène véritablement devant. L’achat des billets nous a fait un peu halluciner car il y a des tarifs pour les indiens et des tarifs pour les étrangers (dans l’idée, pourquoi pas) mais là, la différence de tarifs était folle – et apparemment c’est pareil partout en Inde. L’entrée était à environ 50 roupies pour un indien (60 centimes d’euro) et 600 pour un étranger… donc littéralement plus de 10 fois le tarif local ! Ca reste peu cher bien sûr, mais on a quand même l’impression de se faire escroquer… en tout cas, dès l’entrée, on a noté la présence ++ de singes qui n’avaient pas peur des humains donc ils s’approchaient pas mal, c’était chouette 🙂

A l’entrée, on traverse un genre de mini marché – un mec nous a suivis à l’arrivée, baragouiné quelques mots de français en mode sympa, avant de nous lâcher qu’il fallait qu’on vienne voir son échoppe. On avait pas trop envie (on a pas prévu de ramener des souvenirs, trop lourd et pas du tout dans l’idée du voyage sac à dos), mais il était insistant donc on lui a promis qu’on irait le voir en repartant.

La visite des grottes s’est faite sous un soleil de plomb, de 13h30 à 15h30. C’était sympa, même si de mon côté j’étais frustrée car impossible de faire des photos dans les grottes (j’en ai fait une en loucedé avec mon téléphone quand même), d’où le peu d’images. Dans chaque grotte, il faut retirer ses chaussures pour entrer (ça doit être la même chose dans toute l’Asie car au Laos et en Thaïlande c’est pareil, pour entrer dans les temples il faut retirer les chaussures). Concrètement, les grottes d’Ajanta, ce sont d’anciennes grottes habitées par des moines et construites entre le 2ème siècle avant JC, jusqu’au 8ème siècle. Elles ont été redécouvertes en 1819.

En ressortant, le mec de l’arrivée nous est retombés dessus (on s’est demandé s’il nous avait attendus…) et nous a exhortés à venir voir sa boutique. C’étaient des pierres qu’il vendait ! hors de question d’acheter ça pour nous (aucun intérêt + beaucoup trop lourd), on lui a dit au revoir gentiment et on est repartis.

L’endroit où le bus nous avait déposés à l’aller n’est pas indiqué par un vrai arrêt de bus, donc notre seule solution, c’était de se mettre de l’autre côté de la route et d’attendre qu’un bus passe dans l’autre sens. Trois indiens attendaient avec nous. Premier bus : plus de place. Le deuxième ne s’est même pas arrêté. Un couple de personnes plus âgées est arrivé et à ce moment-là (nous étions donc 7 à attendre), une voiture s’arrête à notre niveau et nous dit qu’on peut monter avec lui pour aller à Aurangabad, moyennant 400 roupies pour deux (le bus nous avait coûté 290). Les cinq indiens sont montés donc ça nous a mis en confiance et on s’est dit ok, ça nous évitera d’avoir à attendre un bus pendant une durée indéterminée (il n’y a pas d’arrêt donc pas d’horaire, et quand un bus passe, s’il est plein, ben il vous laisse là…), sachant qu’on avait 3h de route à faire pour rentrer. On est donc montés dans la voiture – pas bien grande mais avec un coffre « aménagé » (du coup on s’est demandé si le mec n’était pas un genre de taxi sans licence…). Deux personnes dans le coffre, une à l’avant avec le chauffeur, et 4 sur la banquette arrière (le couple âgé, Seb et moi). Clairement on était hyper mal installés, le couple prenait pas mal de place, le monsieur avait les jambes écartées en mode pépère alors que Seb ne pouvait pas s’assoir correctement et moi j’étais contorsionnée entre lui et la porte… bref. Et au bout d’environ 20mn de trajet, le chauffeur s’arrête, et refait monter d’autres personnes ! On s’est retrouvés à 13 dans la voiture, 4 devant, 4 derrière et 5 dans le coffre (dont deux très petites filles) ! c’était fou. Le trajet a été infernal car la route était aussi mauvaise qu’à l’aller, en travaux, les fenêtres de la voiture grandes ouvertes à cause de la chaleur donc on se prenait toute la poussière (à la fin mes cheveux c’était du carton), on a cru qu’on arriverait jamais. Avec le recul on se dit qu’on aurait mieux fait d’attendre le bus, c’était moins cher, plus confortable et pas plus lent !

(après calcul, entre le samedi soir 21h et le dimanche soir 21h, on s’est tapés 18h de transport… 12h de bus de nuit Mumbai – Aujangabad, 3h de bus jusque Ellora, et 3h de voiture retour. On a bien dormi le soir ^^)

Day #5 – lundi 19 novembre 2018

Ce jour-là, c’était Ellora caves. J’avais vu des avis qui indiquaient que s’il fallait choisir entre Ajanta et Ellora, Ellora était mieux. Nous avons fait les deux mais c’est vrai que rien qu’en terme de trajet, Ellora est plus intéressante car seulement à une trentaine de kilomètres d’Auragabad, donc trajet 3 fois moins long qu’Ajanta (1h au lieu de 3), et du coup ça coûte aussi moins cher.

Bref, nous avons repris un bus. Pour l’anecdote, depuis qu’on est arrivés, on a remarqué une misogynie évidente dans la culture indienne – c’est toujours à Seb que tout le monde s’adresse, moi je suis transparente. Là, dans le bus, j’étais côté couloir, éveillée, et Seb à la fenêtre, en train de dormir. Le contrôleur du bus a voulu venir nous prévenir qu’on arrivait à notre arrêt, mais plutôt que de me le dire à moi (j’étais côté couloir, donc de son côté, et je ne dormais pas), il a préféré passer son bras sous mon nez pour secouer Seb, le réveiller et le prévenir lui…).

Nous sommes arrivés à Ellora en fin de matinée, et bizarrement, nous n’avons pas payé l’entrée. Il y avait un panneau qui indiquait « national integration week », je n’ai pas trop compris ce que c’était mais j’imagine que c’est à cause de ça qu’on est rentrés gratuitement. Tant mieux ^^

A peine entrés dans les grottes, j’ai été à nouveau chopée par un groupe entier d’indiens qui voulaient faire des selfies avec moi. C’est vraiment fou, ça dure des plombes, on ne veut pas dire non pour ne pas être malpoli mais c’est vraiment pesant. Tous les trois pas je devais m’arrêter ! à la fin Seb m’a donné sa casquette pour masquer mes cheveux, on arrivait pas à avancer… (j’avais trop le swag haha).

Du coup, entre ce côté très misogyne (je ne me fais pas de films, Seb est frappé aussi), où j’ai l’impression de ne pas exister, et à l’inverse ces demandes de selfies incessantes partout où on va, Seb m’a résumé magnifiquement la situation : « ici personne ne te respecte, mais tout le monde te kiffe ».

Les grottes sont magnifiques (surtout la principale) et effectivement, s’il faut choisir entre Ajanta et Ellora, Ellora vaut d’avantage le coup. On y trouve des grottes de trois religions différentes, dont la construction s’est échelonnée entre l’an 500 et le 8ème siècle. La « grotte » principale est un temple complètement excavé de la falaise, c’était vraiment splendide. On visite le temple en bas, et on peut aussi monter le voir d’au-dessus (mais ce n’est pas du tout sécurisé, aucune barrière, on est quand même en haut d’une falaise…).

Une fois sortis des grottes, comme la veille, nous avons attendu le bus. A nouveau, premier bus plein, deuxième bus qui ne s’arrête pas, une voiture nous propose ses services mais on a retenu la leçon et refusé, et on a eu notre bus ^^.

L’après-midi a été réservé à de la programmation. On s’est bien pris la tête avec le système de transports indiens – c’est très compliqué pour les étrangers de réserver en ligne et ça ne marchait pas pour nous, on a dû courir à la gare, faire 1h30 de queue et nous avons finalement acheté un billet pour Agra (Taj Mahal) pour mercredi.

Aujourd’hui, 20 novembre, c’est « repos » (= tri des photos/vidéos, blog, lessive…  ^^). Je ferai un article « bilan » pour chaque pays où je noterai plus précisément nos ressentis / impressions, le budget, etc.

Rendez-vous au Taj Mahal 🙂

 

 

 

8 réflexions au sujet de « Carnet de bord TDM – Inde #1: le centre (Mumbai, Ajanta et Ellora caves) 📷 »

  1. Bouh !
    Alors pour répondre à ta question sur le précédent article : oui nous allons bien ( c’est gentil de demander, alors que tu es en pleine aventure). D’ailleurs que de péripéties (j’espère que vous arrivez à manger et dormir) le début a eu l’air super rude… Courage. A++

    • ben c’est normal 🙂
      oui début pas évident… mais on a pas choisi le pays le plus simple non plus, donc on ne peut s’en prendre qu’à nous même 🙂 on mange désormais 😀 (mais on ne voit toujours aucun magasin / supérette à l’horizon…). Dormir, ça dépend des endroits – le principal souci étant le bruit constant, soit ce sont les klaxons, soit les gens qui crient, soit les appels à la prière… ça n’arrête jamais ^^’ (et je déteste les boules Quiès..).

      Ton billet pour Noël au Vietnam est prêt? 😀

  2. Très belles photos, ça a l’air magnifique. Mais j’avoue que tout le côté transport en bus ou voiture, la pauvreté, photo avec toi parce que tu es blonde et le côté misogyne, ça me rebute un peu ^^ J’espère que ça s’améliorera un peu par la suite 🙂

    • franchement je comprends, c’est vrai que sur les photos c’est beau (forcément, je ne montre pas les trucs moches) mais c’est vraiment un pays qu’il faut vouloir visiter, et être préparé psychologiquement car c’est dur. Après deux semaines, je dois dire que je n’apprécie pas trop l’Inde pour le moment, même si certains endroits sont magnifiques, beaucoup de choses me gênent et me dérangent vraiment…

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