La nuit des béguines – Aline Kiner

Synopsis: 

Paris, 1310, quartier du Marais. Au grand béguinage royal, elles sont des centaines de femmes à vivre, étudier ou travailler comme bon leur semble. Refusant le mariage comme le cloître, libérées de l’autorité des hommes, les béguines forment une communauté inclassable, mi-religieuse, mi-laïque. La vieille Ysabel, qui connaît tous les secrets des plantes et des âmes, veille sur les lieux. Mais l’arrivée d’une jeune inconnue trouble leur quiétude. Mutique, rebelle, Maheut la Rousse fuit des noces imposées et la traque d’un inquiétant franciscain … Alors que le spectre de l’hérésie hante le royaume, qu’on s’acharne contre les Templiers et qu’en place de Grève on brûle l’une des leurs pour un manuscrit interdit, les béguines de Paris vont devoir se battre. Pour protéger Maheut, mais aussi leur indépendance et leur liberté.

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Mon avis: 

Prêté par une amie, La nuit des béguines m’était totalement inconnu avant qu’il n’arrive entre mes mains, et malheureusement, je n’ai pas vraiment apprécié ma lecture. J’en suis la première étonnée car il avait tout pour me plaire!

Ce roman permet à l’auteure de présenter à ses lecteurs l’ancien béguinage de Paris, entre 1310 et 1315. Pour ceux qui ne le savent pas, un béguinage (certains sont encore visibles pour le public, à Amsterdam ou Bruges par exemple – je pense que c’étaient plutôt des endroits répandus dans le Nord de la France, la Belgique ou les Pays Bas, moins ailleurs) était un lieu habité au Moyen-Âge par des femmes pieuses qui refusaient tout à la fois d’entrer dans les ordres et de se marier. Autant vous dire qu’à l’époque, ce n’était pas hyper bien vu, et  clairement plutôt moderne de la part de ces femmes. La nuit des béguines nous plonge donc au coeur du quotidien du béguinage de Paris lors du règne de Philippe le Bel (dépeint récemment dans la série Knightfall – c’est le roi qui a vu la chute de l’ordre de Templiers à Paris… autant vous dire que la période était assez troublée). Une jeune femme mal en point est amenée au béguinage; on finit par comprendre qu’elle a fui un mariage imposé par sa famille. Le livre va suivre sur quelques années le destin de quelques une de ces femmes, et de l’homme qui traque la fugitive.

Il faut rendre à César ce qui est à César: clairement, d’un point de vue historique, on sent un travail énorme d’Aline Kiner, tant sur la documentation et la représentation d’une certaine réalité historique (des lieux, du béguinage et du Paris Moyen-Âgeux, et des personnages, comme avec le roi ou son conseiller de Nogaret, ou encore Marguerite Porète, béguine brûlée vive au début de l’ouvrage, tous mentionnés à de nombreuses reprises et qui ont véritablement existé). C’en est à un point tel qu’on se croirait presque parcourant les rues avec les personnages, la reconstitution du Paris du XIVème siècle est d’une qualité folle.

Ce constat très positif de premier abord me peine vraiment car à côté de ça, je n’ai absolument pas accroché au reste du récit – en clair, le contexte historique est excellent, mais l’histoire par contre, beaucoup moins. En tout cas, elle ne m’a pas convaincue. J’ai même failli abandonner ma lecture, ce qui est assez rare pour être souligné. Les personnages ne m’ont pas touchée, je les trouvais globalement assez fades et interchangeables. Il y a très peu de dialogues et le rythme du récit est tellement descriptif et contemplatif que j’en étais à me demander s’il y avait véritablement une intrigue, comme si l’auteure n’était pas parvenue à choisir entre écrire un genre d’essai / documentaire sur l’époque et écrire une oeuvre de fiction. Je trouve le mélange des deux mal dosé, et donc peu attractif pour le lecteur. En clair, le style de l’auteure, sa façon d’écrire et d’amener son histoire (dans un contexte historique pourtant très intéressant) ne m’a pas charmé. C’est vraiment dommage car le sujet m’intéressait beaucoup, et c’est le genre de livre qu’habituellement j’apprécie 🙁 Malheureusement, un bon contexte ne suffit pas à rendre une lecture agréable…

En résumé: 

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