Fleurs captives (Fleurs captives, tome 1) – Virginia C. Andrews

Synopsis: 

A la mort de son mari, Corinne retourne dans la demeure parentale en compagnie de ses quatre enfants. Malheureusement, la vie deviendra rapidement un enfer pour cette famille maudite. Pour de sombres histoires d’héritage, l’existence des enfants doit rester cachée aux yeux du père de Corinne, avec lequel elle est brouillée. Sa mère, pour sa part, se montre vindicative et terrible envers eux : sous couvert de les préserver, elle les séquestre dans le grenier avec à peine de quoi subsister. Alors, pour oublier, ils font de cet endroit d’incertitudes et de traumatismes le royaume de leurs jeux et de leurs rêves, le refuge secret de leur tendresse, à l’écart du monde. Mais les jours deviennent des semaines et les semaines des mois. Très loin d’être au bout de leurs surprises, dans cette atmosphère délétère de complots familiaux, leur seul objectif demeure de s’échapper. A n’importe quel prix.

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Mon avis: 

J’ai entendu parler de ce roman assez récemment et il m’a très vite intriguée. Les avis sont très positifs et pourtant, pas moyen de le trouver en librairie, il n’avait pas été édité depuis des années, à l’exception d’une réédition de la saga sous forme d’un coffret des 5 tomes par les éditions France Loisirs (pour le coup, malgré mon coup de gueule récent contre eux, là dessus je leur tire mon chapeau car le coffret est vraiment beau). Je l’ai commandé sur internet et je n’ai pas attendu longtemps avant d’attaquer la série! Bien m’en a pris: je ne suis vraiment pas loin du coup de coeur!

Fleurs captives, en tout cas dans ce premier tome, c’est l’histoire d’une fratrie qui va se retrouver cloîtrée pendant des années. Au début du livre, l’auteure prend le temps de planter le contexte de cette famille heureuse, les enfants sont petits, les parents sont heureux (le père travaille, la mère est femme au foyer). Mais un beau jour, le père se tue dans un accident de voiture, et la mère, Corinne, qui n’a pas de revenus, se retrouve prise à la gorge financièrement. Elle révèle pourtant à ses enfants que ses propres parents, que les enfants n’ont jamais vus car Corinne est brouillée avec eux depuis 15 ans, sont très riches, et susceptibles de leur venir en aide. Le souci, c’est que le père de Corinne l’a déshéritée des années plus tôt, et elle explique aux enfants que tant qu’elle ne sera pas revenue dans les bonnes grâces de son père et qu’il ne l’aura pas remise sur son testament, ils doivent faire comme s’ils n’existaient pas, pour ne pas menacer la réussite de ce plan. Voilà donc les 4 enfants cachés dans le grenier de la demeure géante des parents de Corinne, attendant désespérément que leur mère se réconcilie avec leur grand-père…

Fleurs captives, c’est un huis-clos hallucinant, sur le quotidien de 4 enfants (Chris, 14 ans; Cathy, 12 ans; et les jumeaux Cory et Carrie, 4 ans) suite à la perte déjà dure de leur père, qui se retrouvent propulsés dans une histoire familiale qu’ils n’avaient jamais imaginée (pour quelle raison le grand-père a-t-il déshéritée leur mère?), cloîtrés et cachés par leur propre mère dans le grenier familial. Le simple synopsis est dingue. L’histoire en elle-même l’est plus encore, au fur et à mesure qu’on apprend à connaître les personnages et les tenants et les aboutissants de cette histoire familiale. La grand-mère est un personnage ahurissant de cruauté dont on ne peut s’empêcher de penser (comme Chris dans le livre) qu’elle est folle. Corinne est un personnage beaucoup plus ambigu et c’est à la fin du livre seulement qu’on prend la mesure de sa perversité et de sa complexité: elle qui apparaissait au début du roman comme une adorable potiche se révèle également comme un monstre d’indifférence et de froideur. La révélation sur le grand-père à la fin du texte m’a vraiment chamboulée et si au début, on ne peut s’empêcher d’espérer, comme les enfants, que tout va s’arranger très vite et qu’ils vont pouvoir sortir du grenier et reprendre une vie normale, la désillusion nous fait tomber de très haut quand on apprend ce que Corinne a fait. Mais finalement, ce grand père qui est la clé de toute l’intrigue (on attend qu’il remette Corinne sur son testament, et/ou qu’il meurt), c’est un grand absent, puisque son ombre plane sur la demeure sans qu’on ne le rencontre jamais.

Malgré le thème très dur (la séquestration d’enfants, car malgré tous les beaux discours rassurants de la mère, c’est vraiment de ça qu’il s’agit), le texte se lit très vite, on avale les chapitres sans s’en rendre compte. Fleurs captives fascine, à la fois par le côté « survie » des enfants dans le grenier, et par les apparitions des « méchants » de l’histoire (la mère et la grand-mère).

La plume de l’auteure n’y est pas pour rien: elle est très accessible et facilite le côté addictif de la lecture. La seule chose qui m’a un peu gênée, c’est le côté un poil suranné qu’on pouvait ressentir dans le style (le texte a été écrit dans les années 70, et l’histoire en elle-même se passe dans les années 50). D’un côté, à la lecture, on ne se rend pas du tout compte que ça se passe il y a plusieurs décennies: les enfants sont privés de tout dans leur grenier, il n’est question que d’essentiels (nourriture etc) et ça n’a pas d’époque finalement. Mais le style en lui-même est peut être un poil trop simple et a quelque chose d’un peu démodé. C’est bien la seule chose que je reproche à ce livre sombre mais très prenant! Apparemment il a été adapté plusiers fois en téléfilm, je ne les ai pas vus mais je vais les chercher 🙂

En résumé: 

 

2 réflexions au sujet de « Fleurs captives (Fleurs captives, tome 1) – Virginia C. Andrews »

  1. J’avais vu le coffret dans ma boutique France Loisirs et comme toi, je l’ai trouvé sublime.
    L’histoire a l’air super tordue et malsaine, mais j’aime bien les personnages cruels et complexes.
    Je ne sais pas encore si je me laisserai tenter un jour, mais ton avis permet déjà de ressentir toute l’horreur de cette histoire familiale…

    • c’est malsain mais en même temps l’auteure ne fait pas dans le sensationalisme je trouve. On est plus dans l’optique optimiste des enfants. Vraiment je conseille 🙂

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