Le chant du coucou – Frances Hardinge

Synopsis: 

Ce qui bougea en premier, ce furent les yeux, les yeux superbes de verre gris-vert. Ils pivotèrent lentement pour se fixer sur le visage de Triss. Puis la petite bouche frémit, s’ouvrit pour parler.
« Qu’est-ce que tu fais là ? Pour qui tu te prends ? C’est ma famille. »

Quand Triss se réveille à la suite d’une noyade dont elle a réchappé, elle comprend que quelque chose ne tourne pas rond : elle est prise de fringales incoercibles, elle se réveille la nuit des brindilles dans les cheveux, et sa sœur a peur d’elle.

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Mon avis: 

L’achat de ce livre est un coup de tête ou presque: je l’ai vu une première fois en librairie, la couverture m’a vraiment interpellée (je la trouve très jolie et bien plus réussie que la couverture VO), et en rentrant chez moi, comme je fais d’habitude, j’ai regardé les avis. Sauf que je n’en ai presque pas vu (je regarde exclusivement les avis français) vu que le livre vient de sortir, du coup quand c’est comme ça, d’habitude j’attends d’avoir un peu de retours avant de me décider. Là, la seconde fois que je l’ai vu, même en ayant lu qu’une seule chronique dessus, j’ai craqué et je l’ai acheté. C’est rare ^^

Et finalement, je ne regrette pas du tout cet achat impulsif: j’ai été happée dans l’univers de Frances Hardinge. La couverture et le synopsis m’évoquaient vraiment une histoire de résurrection, type Simetierre ou Winter People, et au début de la lecture, je pensais vraiment que c’est ce vers quoi se dirigeait l’auteur. Mais rapidement, l’intrigue bascule dans autre chose, et c’est ce qui fait toute la force du livre – tout en étant ce qui m’empêche d’en faire un coup de coeur. J’adore être surprise à la lecture, mais c’est vrai que là, j’avais envie de lire une histoire qui me donnerait des frissons, et Le chant du coucou n’est en fait pas un livre d’horreur à proprement parler, donc même si c’est vraiment un bon roman, j’ai été un poil déçue par ça pendant ma lecture.

Le chant du coucou se passe en 1923, 5 ans après la fin de la première guerre mondiale. Nous sommes en Angleterre, dans une famille qui a fait fortune suite aux réussites architecturales du père dans leur ville d’Elchester. Le fils aîné, Sebastian, a été tué pendant la guerre et les parents ont tendance à surprotéger leurs filles restantes, Triss, 11 ans, et Pen, 9 ans, qui ne s’entendent pas du tout. L’histoire démarre quand Triss survit à une noyade dont elle n’a aucun souvenir; Pen pique des crises de nerf à chacune de ses apparitions, son appétit semble sans fin et elle retrouve tous les matins de la boue et des feuilles mortes dans ses draps et ses vêtements – est-elle devenue somnambule?

Je ne vais pas vous dévoiler le reste de l’intrigue, qui est vraiment totalement différente de ce à quoi je m’attendais – sachez juste qu’il n’est pas question de mort-vivant ici. Le chant du coucou s’approche plus du conte macabre qu’autre chose – d’ailleurs, en VO, il est vendu en jeunesse, alors qu’en France non, et j’ai du mal à imaginer des enfants lire ce livre. Ce n’est pas gore ou particulièrement dur mais c’est noir, sombre, il y a quelque chose de dérangeant, effrayant et décalé dans l’univers de Frances Hardinge, un peu à la manière de Tim Burton ou de Neil Gaiman (que je n’apprécie pas spécialement d’ailleurs, mais là, j’ai vraiment aimé, comme quoi…). J’ai notamment pensé au livre / film Coraline à certains moments, ou à Faërie de Feist.

Les personnages et leurs motivations se révèlent aux autres (et à eux-mêmes) au fur et à mesure, les uns après les autres – Triss et Pen les premières, mais également le tailleur Mr Grace, l’ex fiancée de Sebastian (Violet), ou encore le père des filles. L’histoire prend une ampleur qu’on ne pouvait pas deviner au départ, et se révèle bien plus ambitieuse que prévu.

L’auteure nous propose une nouvelle interprétation de l’histoire du Petit Peuple (les fées / changelings etc, mais pas les sympas, non, plutôt celles qui sont mauvaises et/où qui aiment jouer des tours aux humains) – c’est un imaginaire que j’adore et que je regrette de ne pas trouver plus souvent en littérature. J’ai été ravie qu’il en soit question ici. Mais c’est aussi une histoire sur la situation de bien des familles des années 20, devant faire le deuil face aux disparus de la guerre et sur deux soeurs rivales.

Vous l’aurez compris, s’il n’y avait pas eu cette petite déconvenue pour moi quant au sens de l’intrigue, on ne serait pas loin du coup de coeur. L’ensemble du texte est très bien écrit, hyper prenant pour qui aime un minimum le fantastique, l’atmosphère qui se dégage du texte est fabuleuse (et la couverture la transcrit d’ailleurs très bien): il m’a l’air d’être sorti dans l’indifférence générale, mais pourtant c’est vraiment un livre que je vous invite à découvrir!

Je vous invite d’ailleurs à aller découvrir cette fameuse unique chronique française que j’avais lue avant mon achat (unique à l’heure où j’écris ces lignes en tout cas – j’espère bien qu’il y en aura d’autres :))

En résumé: 

4 réflexions au sujet de « Le chant du coucou – Frances Hardinge »

  1. C’est vrai que l’on pouvait penser à quelque chose de plus horrifique, mais personnellement ne lisant pas ce genre là j’avoue que c’est ce qui m’aurait refroidie !! ^^
    Et merci de me citer, c’est gentil 🙂 Je suis contente d’avoir motivé ton achat, même si je n’étais pas la seule cause ahah

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