Le manuscrit inachevé – Franck Thilliez

Synopsis:  

Aux alentours de Grenoble, un jeune a fini sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans son coffre, le corps d’une femme, les orbites vides, les mains coupées et rassemblées dans un sac. À la station-service où a été vue la voiture pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme qui conduisait n’était pas le propriétaire du véhicule et encore moins le coupable.

Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. En pleine promo pour son nouveau roman dans un café parisien, elle résiste à la pression d’un journaliste : elle ne donnera pas à ce vautour ce qu’il attend, à savoir un papier sur un auteur à succès subissant dans sa vie l’horreur racontée dans ses livres. Car sa vie, c’est un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale où est resté son mari depuis la disparition de leur fille. Mais un appel lui annonçant son hospitalisation à la suite d’une agression va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées. Il a perdu la mémoire. Elle est seule.

Dans le vent, le sable et le brouillard, une question se posera : faut-il faire de cette vie-là un manuscrit inachevé, et en commencer un autre ?

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Mon avis: 

Le manuscrit inachevé est le nouveau Franck Thilliez, qui, en gros, alterne une année sur deux entre les enquêtes de son couple phare Sharko et Hennebelle avec des one-shots. Ici, c’est un one-shot, deux ans après Rêver.

J’avais noté depuis des mois la date de sortie (le 3 mai), et j’avais fait des calculs savants pour aller l’acheter dès ce jour-là, tout en ayant également en tête d’acheter la veille le nouveau Grangé (qui sortait le 2) – sauf que j’étais en déplacement les deux jours. Le 2, dans ma librairie, j’ai demandé par hasard s’ils n’auraient pas déjà des exemplaires du Thilliez à vendre, et la vendeuse m’a (évidemment) répondu qu’ils ne pouvaient pas les vendre avant la date de sortie. (Bon… j’ai tenté ^^). Par contre, il se trouve que cette semaine à Lille a lieu un festival de séries, et, m’a-t-elle dit, l’auteur y était ce jour-là pour une rencontre / dédicace, et le festival avait donc une dérogation pour vendre le livre avant la sortie officielle ! Ni une ni deux, j’y cours avant de prendre mon train et je tombe en plein pendant la rencontre ! (c’était improbable, car tous les ans depuis Angor, je me débrouille pour aller à une dédicace de l’auteur au moment de la sortie de ses livres, mais cette année, je suis juste tellement sous l’eau au boulot que je n’ai pas du tout eu le temps de me pencher sur son agenda, et j’avais laissé tomber l’idée d’obtenir une dédicace ou de le voir. Il faut croire que j’arrive à le faire même sans faire exprès du coup 🙂 j’étais super contente mais en même temps vraiment déçue car la dédicace a démarré 25 mn avant le départ de mon train, et il y a avait tellement de monde que je n’ai pas pu faire la queue. J’ai quand même eu le livre avant la sortie officielle.. mais sans dédicace ^^’.

Le manuscrit inachevé est une mise en abîme comme j’en ai rarement lu. Nous sommes prévenus dès l’entrée du livre que ce que nous allons lire n’est pas écrit par Franck Thilliez, mais par un auteur de polar, Traskman, qui n’a jamais écrit la fin de son roman, et dont la fin a été écrite par son fils. C’est là une première dimension du livre. Ensuite, nous rentrons dans l’histoire de Traskman, le fameux manuscrit inachevé (la deuxième dimension), qui nous parle (entre autres choses) d’une auteure de polars, qui a écrit un roman (la troisième dimension)… C’est un jeu de poupées russes, un peu à la Inception, et c’est totalement maîtrisé par l’auteur qui, comme d’habitude, nous offre un travail d’écriture incroyable, riche, dense et travaillé à la perfection.

L’univers du récit est sombre. J’ai lu dans certaines chroniques que c’était l’un de ses romans les plus noirs ; je ne sais pas si j’adhère totalement à cette idée car certains de ses titres étaient déjà très noirs, mais personnellement j’adore donc ça ne me gêne pas du tout, et je n’ai pas trouvé que celui-ci était pire que d’autre. Certains passages sont vraiment durs mais en même temps posent question – une partie de l’intrigue n’est pas sans rappeler le film Prisoner avec Hugh Jackman, excellent d’ailleurs : que seriez-vous capable de faire subir à la personne que vous pensez responsable de la disparition de votre enfant ?

Car il est question de disparition d’enfant dans ce livre – entre autres choses : le récit est riche, se compose non seulement des différentes dimensions expliquées plus haut, mais est aussi composé de deux intrigues principales qu’on suit en parallèle. D’un côté, nous avons un couple à la dérive après la disparition de leur fille 4 ans plus tôt, de l’autre, un accident de voiture volée dans laquelle un cadavre est découvert. Thilliez nous embarque dans une histoire où, pour une fois, le côté scientifique est médical est mis de côté (même si on retrouve tout de même quelques indications de ce côté-là, notamment sur la mémoire, ce n’est pas au centre du récit comme il peut le proposer d’habitude) de façon à mettre encore plus en avant l’enquête (ou plutôt la double enquête) et la complexité du texte.

Comme souvent chez cet auteur, une partie de l’intrigue se déroule dans le Nord, dans des endroits que je connais (cette fois, à Berck et Ambleteuse), c’est une des raisons qui me font accrocher encore d’avantage au livre, car j’arrive à me projeter dans les lieux décrits et j’apprécie que ma région soit mise en valeur (enfin, je ne sais pas si on peut dire ça vu l’histoire, mais bon ^^). L’autre partie du texte se déroule dans la région Rhône Alpes.

Vous l’aurez compris, c’est à nouveau (mais de toute façon, il n’y a pas de suspense à ce niveau-là avec Thilliez) une excellente lecture. Deux bémols pour moi pour chipoter – d’abord, justement l’absence de ce côté médical et scientifique auquel il nous a habitué, j’adore ça et ça m’a un peu manqué, même si ça reste une très bonne lecture. Ensuite, et là c’est totalement subjectif et personnel, je trouve que de façon générale, les Sharko/Hennebelle sont de meilleurs d’année en année, alors qu’au niveau des one-shots, je préfère les plus anciens (Vertige, L’anneau de Moebius, La forêt des ombres). Le manuscrit inachevé s’inscrit dans cette appréciation globale : il a beau être excellent, il m’a moins touchée que d’autres livres du même auteur, j’ai été moins sensible à l’histoire et aux personnages. Ca n’a rien à voir avec la qualité du texte, on ne peut juste pas être touché de la même façon par toutes les histoires et celle-ci m’a moins parlé que d’autres, voilà tout.

La fin fait pas mal parler j’ai l’impression, et d’ailleurs l’auteur lui-même en a parlé mercredi à cette fameuse rencontre. D’après lui, la réponse à la question qu’on ne peut s’empêcher de se poser à la dernière page se trouve dans le livre. Eh bien je dois être abrutie, mais je n’ai pas compris la fin ^^ bon, je l’ai lu tellement de manière compulsive que je suis clairement passée rapidement sur le côté « énigme » de l’histoire (oui, car en plus de la double enquête et de la triple mise en abîme, il y a aussi une sorte d’énigme à l’attention des lecteurs, avec des mots soulignés à certains endroits, j’ai bien vite vu qu’il s’agissait toujours de palindromes mais je n’ai pas poussé ma réflexion plus loin). Mais du coup, je suis un peu frustrée car la fin est ouverte (on se pose une grande question) sans l’être (puisqu’apparemment la réponse est là, quelque part). Encore une fois, l’auteur fait très fort ^^.

En tout cas, si vous ne connaissez pas encore l’auteur, il est plus que temps d’aller le découvrir J (en plus il est trop sympa et super humble) !

En résumé: 

9 réflexions au sujet de « Le manuscrit inachevé – Franck Thilliez »

  1. A te lire, je me dis que la couverture du livre et l’éditeur , « Fleuvenoir » , nous donne une indication sur le coté sombre de l’histoire.
    J’inscris d’office celui ci dans mes lectures nocturnes à venir. L’intrigue sous forme de poupée russe est une amorce bien tentante avec ou sans dédicace !

  2. Sacrée péripétie pour pouvoir acheter ce roman ^^ ça doit être frustrant pour la fin, je suis prévenu au moins quand je le lirai. Je serai attentif ^^

  3. Un roman bien faible par rapport aux habitudes de l’auteur. Mais, malgré la déception, le lecteur n’a qu’une envie : aller au bout pour connaître le fin mot de l’histoire, pour comprendre les énigmes distillées par l’auteur et pour mettre un nom sur l’assassin. Et c’est bien ce qui fait la force des thrillers : même si l’intrigue est passable, on a malgré tout envie de savoir !

    • c’est dur, je ne dirais pas que c’est faible par rapport à d’habitude, il a essayé de nous proposer quelque chose de différent (comme il fait souvent avec ses one shots) ^^

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