Les marionnettes du destin (Val-Jalbert, tome 4) – Marie-Bernadette Dupuy

Synopsis: 

Printemps 1942. Militaire toujours basé à la Citadelle de Québec, Toshan s’apprête à partir pour l’Europe, laissant Hermine à Québec, désespérée. Dès que le beau Métis quitte l’Amérique, la pauvre femme devra affronter la mort de plusieurs de ses proches, ainsi que la disparition inquiétante de Kiona, sa demi-sœur. Tentée de céder à l’amour d’Ovide Lafleur, qu’elle rencontre par hasard à Chicoutimi pendant ses recherches pour retrouver Kiona, Hermine se sent perdue. Peu à peu, elle éprouve du désir pour l’homme qui la fait rire et fait preuve d’une intelligence raffinée et d’une grande culture.

image9 bis

Mon avis:

Ce quatrième tome des aventures d’Hermine m’a bien plu.

Je m’habitue aux défauts récurrents du texte et du coup, même s’ils sont toujours là, j’y fais moins attention (je pense à la fois à certains passages au phrasé peu naturels qui servent de rappels des tomes précédents, et à la personnalité de certains personnages qui m’agacent, soit par leur égoïsme (Laura ou Toshan), soit par leur puritanisme et leur naïveté (Hermine)).

Dans ce tome-ci, l’histoire est divisée en deux parties bien distinctes: celle au Québec, et celle en France. Encore une fois, le personnage de Toshan est très peu présent (en y réfléchissant bien, je trouve qu’avec Hermine, on les voit bien plus souvent séparés qu’ensembles!), cette fois parce qu’il est envoyé combattre en Europe. Pendant ce temps, à Val-Jalbert, plusieurs personnages trouvent la mort (dans la famille Marois d’abord, puis dans celle de Toshan). Hermine, accompagnée d’Octave Duplessis (mentionné dans le tome précédent), part à la recherche de Kiona, qui a disparu – il s’avèrera qu’elle a été emmenée de force dans une sorte d’école pour enfants indiens, tenus par des prêtres et des soeurs dépravés qui sont chargés de les « civiliser »… tandis que Charlotte trouve enfin l’amour, Hermine, qui souffre de l’absence de Toshan, se rapproche dangeureusement d’Octave. Mais elle finira par rejoindre son impresario en France, où elle espère retrouver son mari, qui, lui, inconscient de tout ça, essaie d’aider une mère juive et son fils à essayer d’échapper aux nazis. Nous suivons aussi un petit peu Simon Marois, qui a fini par s’enrôler dans l’armée malgré ses réticences, et qui est lui aussi en Europe…

Le fait de mêler clairement l’intrigue de la saga avec un évènement hyper important de la grande Histoire (la seconde guerre mondiale) apporte un vrai plus à ce tome, et plus de crédibilité (même si bien des fois, je me surprend à lever les yeux au ciel tellement les bons sentiments sont présents et donnent un côté trop facile aux choses). Le récit s’est étoffé au fil des tomes pour nous permettre de suivre de plus en plus de personnages, ce qui nous donne un panel assez vaste des situations qui pouvaient exister pendant les années 40 – la résistance en France, le sort des juifs sous le régime nazi bien sûr (mais surtout celui des homosexuels, ce qui est moins fréquemment évoqué), le traitement des indiens par les canadiens/européens, les relations (très mal vues) avec un soldat allemand

 J’ai été particulièrement touchée par le sort de Simon dans ce tome, qui est pourtant vraiment peu présent, j’aurais aimé que l’auteure s’attarde un peu plus sur lui d’ailleurs. Par contre, son père, Joseph, qui ne me plaisait pas trop dans les tomes précédents, m’a attendrie cette fois-ci. J’ai aussi beaucoup aimé découvrir Paris occupée via le regard très innocent d’Hermine (pour une fois, son innocence ne m’a pas gênée), j’ai été horrifiée par le sort réservé à Kiona au début du livre (même si ça parait un peu caricatural), et j’ai aussi apprécié ce qui arrive à Charlotte. Bref, la majorité des storylines m’a vraiment plu, malgré ce côté puritain / bons sentiments / naïf qui reste omniprésent, j’ai trouvé que c’était le tome le plus réussi jusqu’à présent. On s’attache forcément aux personnages à force de les suivre et je suis curieuse de lire le tome 5 🙂 

En résumé: 

2 réflexions au sujet de « Les marionnettes du destin (Val-Jalbert, tome 4) – Marie-Bernadette Dupuy »

  1. Les romans de Marie-Bernadette Dupuy sont toujours basés sur des histoires intéressantes : le combat d’une femme, une petite histoire insérée dans la grande… 😉 L’aspect historique de ses romans m’attirera toujours. Mais, pour le moment, je n’ai jamais réussi à me sentir pleinement séduite, notamment à cause du style et je vois que tu as un peu le même ressenti que moi, d’ailleurs… 😉 Ce manque de naturel, notamment dans les dialogues, je l’ai retrouvé dans Les enfants du Pas du Loup et dans Angélina, les mains de la vie (dans celui-là, j’ai en plus cumulé un agacement croissant envers l’héroïne, ce qui ne m’a pas aidée à m’investir dans cette lecture). Mais, en même temps, je sens chez elle énormément d’humilité, juste l’envie de partager avec ses lecteurs l’amour des mots et de belles histoires et cela me donne à chaque fois envie de lui donner une seconde chance, même si je referme souvent ses livres avec une pointe d’amertume et de déception. Cette année, je vais donner une deuxième chance à Angélina et lire le deuxième tome de ses aventures.

    Quant au Val-Jalbert, je le vois un peu partout depuis quelques temps et même si je ne le lirai pas tout de suite, je me dis que, vu le contexte, cela pourrait me plaire… malgré quelques petits défauts assez présents, visiblement ! 😉

    • Oui, j’ai un petit souci avec le style ^^. Mais je n’attendais pas grand chose de ces romans au départ et du coup je ne suis pas vraiment déçue ni amère comme toi, c’est juste une lecture sympa qui n’est pas un coup de coeur. Mais je ne pense pas lire les autres sagas de l’auteure une fois celle ci terminée ^^. Cela dit je te rejoins sur le fait qu’on sent que l’auteure a envie de partager de belles choses avec ses lecteurs ^^

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *