Les larmes de la liberté (La colline aux esclaves, tome 2) – Kathleen Grissom

Synopsis: 

Philadelphie, 1830. Orfèvre respecté de la bonne société de Philadelphie, James devient l’amant de Caroline, jeune femme malheureuse dans son mariage. Quand celle-ci tombe enceinte, James est rattrapé par son passé. Mais avant d’avoir pu avouer ses origines à Caroline, il est appelé au secours par Henry, un ancien esclave qui lui a autrefois sauvé la vie. Son fils Pan a disparu. Tout porte à croire qu’il a été enlevé et vendu.  Pour retrouver Pan, James doit retourner sur les lieux de son enfance, la colline aux esclaves…

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Mon avis: 

Mon avis général va rejoindre celui que j’avais eu pour le premier: c’est bien, mais pas un coup de coeur. Dans La colline aux esclaves, j’avais eu vraiment du mal au début, mais j’avais adoré la seconde partie, c’était un peu en dents de scie donc. Dans celui-ci, j’ai aussi eu un peu de mal au début (mais moins), et j’ai aussi préféré la seconde partie (mais moins). Du coup, ma lecture a été plus sereine mais m’a aussi moins embarquée.

Ce qui m’a gênée au début, c’est la construction du roman, qui n’est pas chronologique. L’auteure commence par nous présenter l’enjeu du livre: la disparition de Pan, jeune enfant noir (libre). Son protecteur, James Burton, promet au père de l’enfant (un ancien esclave qui l’a aidé quand il était plus jeune) de le retrouver. Et puis on se retrouve ensuite dans des flash backs qui alternent entre ceux de Pan et ceux de James sur les débuts de Pan chez James, puis on part dans d’autres flash-backs sur la jeunesse de James et sa rencontre avec Henry. On alterne aussi avec d’autres points de vue de personnages (une dans les flash back, une autre une fois revenus dans le présent de l’histoire). Bref, en fait, j’ai trouvé ça un peu confus. Comprenez-moi bien je n’ai rien contre les flash-backs et j’en suis même plutôt friande en général, mais là j’aurais préféré que la narration soit plus linéaire.

J’ai trouvé très intéressante toute la partie sur la jeunesse de James puis sa rencontre avec Charlotte, mais malgré tout son intérêt, je n’ai pas compris ce qu’elle apportait à l’intrigue générale, à savoir la recherche de Pan. Il y a un aussi un détail concernant Charlotte en fin de deuxième partie qui arrive un peu de nulle part, et j’étais persuadée que c’était un mensonge sur lequel l’auteure reviendrait plus tard, mais non. Ca m’a vraiment laissée sur ma fin car si c’était vrai dès le départ, j’aurais préféré qu’elle s’apesantisse un peu plus sur ce passage. Les passages racontés par Pan m’ont aussi moins captivés – les points de vue enfantins ne sont pas ma tasse de thé en général (je l’avais déjà noté dans ma chronique du premier tome d’ailleurs) et Les larmes de la liberté ne fait pas exception à ce niveau.

Quand on reprend enfin sur la disparition de Pan, nous sommes à la moitié du livre et j’ai l’impression que c’est vraiment à ce moment-là que commence le récit, comme si tout le reste n’était qu’une longue introduction (même si, encore une fois, je l’ai vraiment appréciée). De façon générale, le roman nous offre une vraie photographie de la condition des personnes de couleur dans les Etats-Unis du début du XIXème siècle, et c’est édifiant. Bien sûr, c’est le principal point positif du livre, son intérêt historique. Mais au delà de la simple condition des noirs, il est encore dans ce tome beaucoup question d’esclavage (même si l’auteure a élargit un peu son propos). Certains éléments nous rappellent (si besoin était) à quel point les pratiques de l’époque pouvaient être révoltantes et inhumaines. La façon dont Pan va finalement être retrouvé rejoint d’autres textes que j’ai pu lire sur l’esclavage, et je pense qu’historiquement l’auteure a bien bossé et que c’est assez crédible.

Je regrette toutefois la déconnection du reste du récit de cette partie sur la jeunesse de James, hyper intéressante mais sur laquelle on ne revient finalement pas, c’est dommage. En tout cas, l’auteure a à nouveau écrit un texte prenant, à la construction complexe (un peu trop pour moi pour le coup), mais historiquement hyper intéressant et qui, à travers cet épisode de l’Histoire des Etats-Unis, brasse des thèmes importants comme le racisme, l’esclavage, l’acceptation de soi et l’acceptation de la différence. 

Le livre peut se lire indépendamment du premier tome, mais j’ai tout de même eu un peu de mal à comprendre certaines choses car j’avais oublié des pans entiers de La colline aux esclaves et je pense qu’il est préférable de l’avoir en tête pour bien apprécier la lecture.

En résumé: 

3 réflexions au sujet de « Les larmes de la liberté (La colline aux esclaves, tome 2) – Kathleen Grissom »

  1. J’avais beaucoup aimé La colline aux esclaves ! Je ne m’y attendais pas et au final, j’ai vraiment apprécié cette lecture, de bout en bout, contrairement à toi, apparemment. 😉 Mais je comprends ton ressenti… 🙂

    J’espère aimer Les larmes de la liberté tout autant que le premier, en essayant de ne pas en attendre trop non plus… 😉 Kathleen Grissom est en tous cas une très bonne conteuse et l’intrigue originale de La colline aux esclaves avait su me séduire : j’espère que je le serai aussi par le deuxième volet ! 😉

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