Là où tombent les anges – Charlotte Bousquet

Synopsis: 

Solange, dix-sept ans, court les bals parisiens en compagnie de Clémence et Lili. Naïve, la tête pleine de rêve, elle se laisse séduire par Robert Maximilien et accepte de l’épouser. Mais son prince est un tyran jaloux, qui ne la sort que pour l’exhiber lors de dîners mondains. Coincée entre Robert et Emma, sa vieille tante aigrie, Solange étouffe à petit feu. Heureusement Lili la délurée et la douce Clémence sont là pour la soutenir. Quand la première guerre mondiale éclate, Robert est envoyé sur le front. C’est l’occasion pour Solange de s’affranchir de la domination de son mari et de commencer enfin à vivre, dans une ville où les femmes s’organisent peu à peu sans les hommes…

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Mon avis: 

Comme souvent, ce roman m’aura fait de l’oeil longtemps avant que je ne finisse par le lire. Je l’ai repéré à l’époque de sa sortie en 2015 et j’ai attendu longtemps avant qu’il ne sorte en poche. Ne voyant toujours rien venir à ce propos, je me suis résolue à l’acheter en grand format, mais plus moyen de le trouver en librairie… je l’ai donc commandé en ligne!

Première remarque: je l’ai acheté neuf et, s’il est effectivement neuf, l’ouvrage en lui-même m’a paru fragile et/ou de mauvaise qualité (je parle là du papier). Il gondole légèrement et l’essentiel des pages du roman étaient collées les unes aux autres (je pense à cause de la couleur bleue qui a été ajoutée sur la tranche des pages). Un peu déçue de ce côté-là donc, même si ça reste anecdotique. La couverture en revanche est très simple mais j’aime beaucoup 🙂

Quant au texte à proprement parler, si ce n’est pas un coup de coeur comme pour beaucoup, ça reste une bonne lecture. Je suis assez surprise qu’il figure dans une collection YA – pour moi, ce serait parfaitement adapté pour les adultes.

Nous suivons les destins entremêlés de plusieurs femmes de 1912 à 1918, à Paris, la principale étant Solange. En 1912, elle a 17 ans et s’enfuit de sa campagne natale, où son père la maltraite, pour rejoindre son amie Lili dans la capitale. Lili démarre une carrière de chanteuse de cabaret, mais Solange est bien trop introvertie pour ce type de métier – elle est déjà bien contente d’avoir échappé à son père. A force de sortir avec Lili, elle fait la connaissance de Clémence, avec qui elles se lient d’amitié. Courtisée successivement par deux hommes, ne sachant pas vraiment quoi faire de sa vie, Solange accepte de se marier avec le second, Robert. Commence alors pour elle une vie d’épouse rangée, à s’occuper de la vieille tante acariâtre de Robert et à essayer de contenter son mari, qui s’avère rapidement être un vrai tyran… Mais la guerre qui couve va tout changer.

Comme à chaque fois que je lis des textes historiques, je suis effarée (même si je suis bien au courant, ça ne cesse de me révolter) de la condition des femmes de l’époque. Même s’il nous reste du chemin à parcourir en terme d’égalité homme/femme, tant de progrès ont déjà été faits! On ne peut que se réjouir des évolutions sociétales au cours du XXème siècle. Solange va passer au cours du récit de petite souris introvertie ayant peur de son ombre à femme n’ayant pas peur de s’affirmer, et son évolution fait plaisir à lire car au début, on a presque envie de la secouer – même si je pense que c’est le décalage avec notre époque qui nous fait réagir comme ça en tant que lectrices: à l’époque, ce n’était pas si évident. Les autres personnages (pratiquement tous féminins, puisque les hommes sont au front) sont au second plan mais enrichissent le récit d’autres points de vue, ce qui permet d’avoir une vision plus globale de ce que pouvait être la vie à Paris et en France pendant la Grande Guerre, puisque les filles ont toutes des trajectoires très différentes, qui reflètent bien les différentes strates de la société de l’époque. J’ai été particulièrement touchée par la tante Emma, j’ai beaucoup aimé la façon dont ses rapports avec Solange évoluent au fur et à mesure et la façon dont elle se dévoile petit à petit.

Le texte est raconté à la troisième personne mais est émaillé de beaucoup d’extraits de correspondances entre les filles, avec leurs hommes au front, et d’extraits de textes et de journaux de l’époque, ce qui favorise encore d’avantage cette immersion dans les années 1910.

Je vous disais que ce n’était pas un coup de coeur – c’est principalement en raison de l’écriture, qui ne m’a pas totalement convaincue. J’ai trouvé le début un peu brouillon, on passe d’un mois au suivant sans vraiment de fil conducteur, certains personnages apparaissaient, d’autres disparaissaient, ça m’a un peu destabilisée. Et puis cet aspect-là finit par se stabiliser, mais j’ai trouvé que globalement il y avait peu d’émotions qui se détachaient du texte, l’ensemble est un peu fade, et c’est dommage car le fond est très intéressant.

Là où tombent les anges reste néanmoins un roman historique prenant et percutant que je conseille 🙂

En résumé: 

2 réflexions au sujet de « Là où tombent les anges – Charlotte Bousquet »

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