10 ans de liberté – Natascha Kampusch

Synopsis: 

Le 23 août 2006, l’un des pires enlèvements de ces dernières décennies prend fin. Natascha Kampusch réussit à s’enfuir de la cave dans laquelle elle était retenue prisonnière depuis huit années. Dans un récit saisissant, 3096 Jours, elle a raconté son effroyable calvaire. Dix ans plus tard, elle nous livre un aperçu de son retour à la liberté : ses expériences, les plus douloureuses comme les plus belles, ses rêves et ses cauchemars, son investissement dans des projets humanitaires (notamment au Sri Lanka) et son engagement auprès de jeunes eux aussi blessés par la vie. Peut-on s’affranchir d’un passé aussi terrible ? Comment trouver la force de se reconstruire après un tel traumatisme ?

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Mon avis: 

Lu à la suite de 3096 jours, qui racontait ses 8 ans de séquestration, 10 ans de liberté va donc nous décrire ce qu’a été la vie de Natascha depuis sa libération en 2006, quand elle avait 18 ans.

Et je trouve que ce deuxième livre, qui devrait être plus léger, plus optimiste et positif, finalement, n’est pas moins dérangeant que le premier. L’acharnement dont a souffert Natascha depuis sa sortie est dingue et sa vie donne vraiment l’impression d’être un enfer quotidien, en dehors même de ce qui devrait l’être pour quelqu’un dans sa situation (réapprendre le quotidien, gérer le traumatisme, reprendre une vie normale, etc). Elle a eu à gérer tout ça, mais aussi le regard suspicieux des gens dans la rue, les agressions et rumeurs, les courriers malveillants, la théorie du complot, et ce battage médiatique sans fin (c’est incroyable que ça ne ça soit pas arrêté au bout d’un moment). Ca donne l’impression qu’elle aura beau faire ce qu’elle veut, elle ne pourra jamais avoir une vie normale – on ne la laisse pas faire.

Le manque de tact dont les gens ont fait preuve à sa sortie (policiers, infirmières, journalistes…) est aussi hallucinant. Niveau choc psychologique, c’est du high level. Je ne sais pas où elle trouve la force d’affronter tout ça, mais elle a indubitablement un mental d’acier. Que ce soit dans le premier livre ou dans celui-ci, elle décrit avec finesse justement sa psychologie et celle des autres, je trouve ses analyses très fines et impressionnantes, non seulement pour son âge mais surtout pour quelqu’un qui a été enfermé aussi longtemps et qui n’a aucune formation sur le sujet.

Je trouve un peu dommage par contre qu’elle s’attarde à ce point sur ce côté ‘choc frontal avec la société’ mais pas du tout sur son quotidien et son réapprentissage de la vie (j’imagine tout ce qu’elle a eu a -re-découvrir: sa famille, internet, faire ses courses, sortir…), qui doit aussi occuper une part importante de sa vie depuis 10 ans, et sur la façon dont elle occupe son temps – d’un point de vue professionnel, j’entends: on sait qu’elle a passé l’équivalent du brevet des collèges, mais c’est tout. Fait-elle (ou a-t-elle l’intention de faire) des études supérieures, d’occuper une fonction quelconque? Ce sont des choses qui ne sont pas du tout expliquées dans le texte et je l’imagine mal vivre des royalties de ses livres ou de ses interviews jusqu’à la fin de sa vie – du reste, je ne pense pas que ça soit son but.

Elle mentionne aussi plusieurs fois des « amis », mais d’où sortent-ils? comment les a-t-elle rencontrés? que font-ils ensemble? Le récit est finalement très cloisonné à une partie bien précise de sa vie post-séquestration (le côté analyse sociologique en fait), mais beaucoup de choses sont occultées et je me dis que quitte à se livrer dans un bouquin, autant aller au bout du truc et parler d’éléments plus personnels (sinon, pourquoi écrire un livre autobiographique au départ?). On comprend bien qu’elle ne veuille pas tout livrer et garder une part d’intimité (notamment sur les violences sexuelles sont elle a été victime), mais certaines choses d’ordre moins privé auraient je pense mérité une mise en lumière. En tout cas, ça reste un texte très intéressant et instructif. 

 

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