Les stagiaires (Les stagiaires, tome 1) – Samantha Bailly

Synopsis: 

Ophélie, Arthur, Hugues et Alix viennent tous d’horizons différents. Leur seul point commun : ils rêvent de travailler chez Pyxis, entreprise spécialisée dans l’édition de mangas et de jeux vidéo, pilier dans le secteur de l’industrie créative. Une réalité s’impose rapidement : beaucoup de candidats, peu d’élus. Désormais, le stage est devenu une étape obligatoire pour ces jeunes qui sont à la croisée des chemins dans leurs vies professionnelles et affectives. Provinciale tout juste débarquée, Ophélie a laissé derrière elle petit ami et logement, et doit faire face aux difficultés de la vie parisienne. Étudiant en école de commerce, Arthur est tiraillé entre les grands projets qu’on a pour lui et son envie de mettre la finance entre parenthèses. À leurs côtés, Alix, passionnée de mangas, ne jure que par ses sagas favorites, et Hugues, graphiste, teste ses limites dans les soirées électro… Dans une atmosphère conviviale, travail et vie privée s’entremêlent. Pourtant, une question demeure en fond sonore : qui restera ? Quand la « génération Y » entre en collision avec le monde du travail : un récit marquant dans lequel beaucoup de jeunes adultes se reconnaîtront.

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Mon avis: 

La première édition de ce livre date de 2014 et je finissais tout juste mes études à l’époque. Je me souviens que j’avais bloqué dessus en librairie, mais il n’était qu’en grand format et je m’étais dit que j’attendrais sa sortie poche. Trois ans plus tard, j’ai tenu parole puisque je l’ai acheté très vite une fois sorti en poche ^^ (et je suis désormais mentor d’une stagiaire au boulot, à qui je l’ai offert :)). Je tenais vraiment à le lire car il faut savoir que mes stages (les deux derniers en tout cas, les plus longs pendant mon master – j’en ai fait quatre en tout) m’ont énormément marquée, dans le mauvais sens. J’étais supervisée par des personnes avec qui le courant ne passait pas du tout et surtout qui étaient vraiment malveillants. Mon stage de Master 1 notamment s’est hyper mal passé, et impacte encore aujourd’hui la façon dont je me comporte au boulot, quatre ans après. Ce que j’ai subi (il m’a fallu du temps pour le réaliser), c’était véritablement du harcèlement moral. Je l’ai très mal vécu, j’allais bosser avec la boule au ventre, je me demandais tous les jours ce qui allait encore me tomber dessus, et j’avais vraiment l’impression d’être nulle et incompétente. (Maintenant que je suis dans une grosse boîte bien plus exigeante, je sais que ce n’est pas vrai, mais il m’aura fallu du temps pour m’en rendre compte). Du coup, depuis cette période, je rêve de prendre des stagiaires sous mon aile pour leur donner tout ce à quoi je n’ai pas eu droit quand j’étais moi-même stagiaire. Depuis l’an dernier, j’ai enfin suffisamment d’expérience pour accueillir et former des stagiaires et j’adore, j’essaie autant que possible de les bichonner et de bien m’occuper d’eux. Bref, je vais fermer cette petite parenthèse qui me paraissait importante pour que vous compreniez mon rapport avec ce livre en particulier ^^.

Ma première réaction à la lecture a été ma perplexitude face au résumé: des stagiaires, dans le livre, il y en a six, et nous avons les points de vue de deux d’entre eux (Ophélie et Arthur). Du coup, je ne comprends pas pourquoi le résumé en mentionne 4 ^^ soit il fallait évoquer uniquement ceux dont nous suivons le point de vue, soit les six ^^. Bon, passé ce petit point pas très important, je vais simplement dire que j’ai passé un très bon moment avec ce bouquin, que j’ai lu en quelques heures. Je l’ai trouvé très réaliste, c’est un vrai roman générationnel. Précarité, statut ingrat, ce côté à mi-chemin et en transition entre l’adolescence et le passage à l’âge adulte et au monde du travail, incompréhension parfois des proches… Je n’ai pas forcément accroché avec tous les personnages, mais je me suis totalement reconnue dans les situations qu’ils vivent.

Il y a Ophélie, stagiaire en com’ qui arrive de Rennes et découvre la galère de la recherche de placard d’appart à Paris avec 400€ par mois (pour l’avoir vécu avec un vrai boulot, je suis même étonnée qu’elle ait fini par trouver, quand je vois la difficulté même avec un CDI…). Arthur vient d’une famille bourgeoise qui lui promet une carrière brillante dans la finance, sauf que ça ne l’attire pas du tout, et qu’il se sent prisonnier de ce futur doré – il se rebelle donc à sa manière, en trompant sa copine et en brûlant la vie par les deux bouts. A côté de ces deux personnages principaux, on a Alix, un peu distante au départ mais finalement avec le coeur sur la main; Hugues, que j’ai eu du mal à cerner; Vincent, le stagiaire RH, et Enissa, la bimbo fragile. Je dois avouer que j’aurais préféré avoir Vincent, Hugues ou Alix en personnage principal à la place d’Arthur, qui m’a insupportée du début à la fin. Si je peux comprendre sa sensation d’enfermement, je ne cautionne pas du tout son comportement puéril, immature et autodestructeur. Il aurait surtout besoin de dire merde à ses parents. Alors qu’Ophélie, par contre, me ressemble beaucoup plus (même si l’intrigue avec Arthur à la fin m’a franchement surprise). Pourtant, la petite troupe fonctionne bien et dégage un capital sympathie certain. Les chapitres alternent entre Ophélie et Arthur et comme il n’y a pas d’indication en début de chapitre sur qui parle, parfois j’étais un peu perdue, mais la plume est simple mais agréable et accessible, et même si ce n’est pas le roman du siècle, j’ai vraiment trouvé qu’il mettait le doigt sur un vrai phénomène de société. J’avoue que j’ai franchement hâte de lire les suites (A durée déterminée, dont j’attends la sortie poche, et A durée indéterminée, à paraître)!

En résumé: 

9 réflexions au sujet de « Les stagiaires (Les stagiaires, tome 1) – Samantha Bailly »

  1. Moi aussi j’ai trouvé le personnage d’Arthur tête à claque et la « romance » un peu surprenante.
    Cependant, je n’ai pas accroché du tout à l’histoire, mais tu le sais déjà.

    • oui j’avoue que le passage « ophélie + arthur » j’ai vraiment halluciné. ça ne colle pas du tout avec tout ce qu’on sait d’Ophélie depuis le début du livre. c’est une partie qui m’a un peu gênée, mais après je ne me suis pas plus arrêtée que ça dessus car ce n’est pas le propos du livre. dommage que tu n’aies pas aimé ^^’

  2. Le roman a l’air très actuel et je suppose qu’en tant que lecteur, on ne peut que s’identifier aux personnages. Effectivement, on est tous plus ou moins passé par la case stage à un moment donné ! Pour ma part, j’en ai deux pendant mes études, un de deux jours à peine ce qui, comment dire ? Ne sert à rien. Et un de plus d’un mois qui ne m’a pas laissé non plus un souvenir impérissable… 😀 Un peu comme pour toi, en fait : mauvaise ambiance, supervision par des personnages effectivement désagréables, qui te prennent pour une cruche ou cherchent clairement à te faire faire le sale boulot ! Bref…pas forcément la partie la plus réjouissante de nos vies mais je serais curieuse de voir comment Samantha Bailly aborde ce passage désormais presque obligé dans une vie professionnelle… je ne suis pas très littérature contemporaine à la base mais j’aime ce genre de romans légers et très actuels…de temps en temps…peut-être pourrait-il me plaire ! Allez ! Je le note ! 😉

    • si ce n’est pas trop truc à la base, ça peut être une bonne lecture détente pour les vacances 🙂 effectivement le stage de deux jours ça ne sert à rien! lol. Déjà un mois ça me parait super léger..

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