La déroute (Les accoucheuses, tome 3) – Anne-Marie Sicotte

Synopsis: 

Pendant que Léonie désespère de réussir à assurer la pérennité d’un savoir ancien trop souvent tourné en ridicule, sa fille Flavie est prête à tout pour s’affranchir des conventions qui constituent une entrave aux ambitions des femmes et à leur liberté d’action. Des opposants déterminés espèrent leur défaite. Le groupe des hommes de l’art cherche avant tout à favoriser l’essor d’une science obstétricale naissante. Les fières accoucheuses auront donc à affronter un ennemi aussi puissant qu’insaisissable, une opinion publique qui s’accroche à un idéal de vertu et de bienséance, une morale victorienne triomphante.

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Mon avis: 

Et une nouvelle saga terminée, une! Si ce n’est pas un coup de coeur, j’ai passé un excellent moment avec cette trilogie!

Dans ce troisième opus, suite à la fin en apothéose du tome précédent, on retrouve Flavie dans la communauté d’Oneida, aux Etats-Unis, où elle a rejoint son amie Marguerite. Désabusées, lassées d’être considérées comme des bonnes à rien par les médecins Montréalais qui les empêchent de faire des études avancées et de ce que la société impose comme contraintes aux femmes, elle se sont réfugiées dans ce qui s’apparenterait aujourd’hui clairement à une secte; un groupe aux moeurs beaucoup plus libres, dirigé par une sorte de leader qui se proclame élu de Dieu. La première moitié du livre suit alternativement Flavie à Oneida, et son mari et sa mère restés au Canada, qui doivent faire face aux ragots calomnieux circulant sur Flavie.

Ce dernier tome est ambivalent car il est à la fois totalement dans la continuité des précédents, et à la fois très différent, puisque Flavie se retrouve dans un environnement totalement neuf et inconnu du lecteur. (Il faut savoir que la communauté d’Oneida n’est pas une invention de l’auteure, ça a réellement existé).  L’exil de Flavie est un peu déconcertant car on changement vraiment complètement de cadre et c’est un peu perturbant, mais ça colle avec le combat du personnage et avec l’époque, tout en étant justement historiquement intéressant, donc ça ne m’a pas gênée plus que ça. De plus, sur la fin du livre, le message est à la fois optimiste et pessimiste, ce qui laisse une impression curieuse. Avec le recul historique, le lecteur sait ce qu’il est advenu de la cause des femmes aujourd’hui (du moins en Occident, car il est clair que ce n’est pas le cas partout), et on prend vraiment la mesure de l’importance des combats féministes qui ont été menés depuis l’époque de Flavie et Léonie; mais pour les personnages, à l’époque à laquelle se termine la saga (1855), c’est à une vraie déconvenue de la cause des femmes que doivent affonter les personnages. Je trouve ça incroyablement percutant de pouvoir faire le parallèle avec l’époque actuelle; l’oeuvre d’Anne-Marie Sicotte est résolument féministe.

En dehors de cet aspect « sociétal » (très lié à la pratique du métier de sage-femme – et l’impossibilité pour les femmes d’accéder au rang de médecin à l’époque), comme je le disais dans la chronique du tome précédent, Les accoucheuses est également une saga familiale, et de ce côté-là, mon petit coeur de lectrice est comblé par cette fin – tous les personnages ont une « vraie » fin et aucune de me déçoit 🙂 J’ai particulièrement apprécié l’évolution des personnages de Flavie et Bastien tout au long de ces trois tomes, j’ai vibré avec eux, et je les quitte avec un petit pincement au coeur 🙂

Globalement, le seul reproche que je pourrais faire à cette série, c’est peut-être quelques longueurs (et un peu trop de personnages, mais c’est surtout pendant le premier tome que c’est gênant, car on finit par s’habituer). Si les pavés ne vous font pas peur et que vous aimez les livres historiques, je vous invite vraiment à les lire 🙂

En résumé: 

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