Malhorne (intégrale) – Jérôme Camut

Synopsis: 

Tout commence lorsque Franklin Adamov, ethnologue, découvre une statue du XVe siècle au fin fond de l’Amazonie. Elle représente un homme de type européen, assis, armé d’une épée ; sur la garde de l’épée est inscrit le mot « Malhorne » dans l’alphabet romain. C’est impossible…

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Mon avis: 

Malhorne est une saga qui me suit depuis des années – la sortie du premier tome en 2003 chez Bragelonne pour être exacte. J’avais 13 ans, j’avais été intriguée par le synopsis, je l’avais acheté et lu, et j’avais été hyper mitigée: d’un côté j’adorais l’idée de base, mais d’un autre côté je n’avais pas du tout accroché à ce que l’auteur en avait fait et j’avais trouvé vraiment trop longue la partie où on nous présente toutes les vies de Malhorne dans le premier tome. J’avais quand même lu le second à sa sortie, qui avait achevé de me convaincre que ce n’était pas pour moi, et je n’avais jamais terminé la saga. La sortie d’une édition intégrale avec les 4 tomes l’an dernier m’y a fait repensé, et je me suis dis que maintenant que je suis plus âgée, peut-être que ça me plairait plus..? (oui, je suis toujours frustrée de ne pas terminer des sagas). Du coup, j’ai acheté l’intégrale, et je m’y remets, en espérant terminer cette fois 🙂 2000 pages tout de même!

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Tome 1 – Le Trait d’Union des Mondes: Le premier tome est, comme dans toute saga, un tome introductif qui pose les bases de ce qui va se dérouler ensuite. On commence avec un ethnologue, Franklin, qui, en « voyage d’étude » dans une tribu d’Amazonie, découvre une statue représentant un Européen. Le problème, c’est que la statue semble dater d’une époque antérieure à l’arrivée des européens en Amérique du Sud… Franklin est rapidement contacté par une Fondation privée, la Fondation Prométhée, dirigée par un richissime fabricant d’armes, et qui lui propose de financer la suite de ses recherches, puisqu’ils sont eux-même en possession d’une autre statue similaire, déposée à un tout autre endroit du globe, et datée d’une époque postérieure. Le début du récit, c’est donc la période durant laquelle toute une équipe va essayer de comprendre le mystère des statues. Rapidement, il devient évident qu’il y a 7 statues en tout, et qu’elles sont toutes liées par Julian Stark, un homme qui séjourne en hôpital psychiatrique depuis une dizaine d’années…

Le récit prend alors une autre tournure, puisque, d’une enquête sur un phénomène historico-ésotérique mystérieuse, on passe à un passage historico-fantastique avec le récit de Malhorne, personnage clé de la saga, qui prétend se réincarner à chaque fois qu’il meurt, tout en se souvenant de ses vies antérieures. La majeure partie du tome un, c’est son récit qui nous déroule toutes ses vies successives depuis le Moyen-Age, c’est la partie qui m’avait vraiment ennuyée quand j’avais 13 ans. Cette fois-ci, je dois avouer que ça m’a vraiment plus parlé, j’y ai trouvé bien plus d’intérêt. D’un point de vue historique et scientifique, c’est fascinant. Le fond de l’histoire et l’idée de base sont vraiment captivants.

Après, je reste tout de même loin du coup de coeur car, même si le fond m’a paru super intéressant, la forme ne m’a pas totalement convaincue: l’écriture de l’auteur d’abord n’est pas parfaite, les dialogues en particulier me semblaient sonner faux; ensuite, il y a des facilités scénaristiques un peu trop évidentes, la partie « dans le présent » avec la Fondation Prométhée est très manichéenne et naïve – on a les méchants à la botte du marchant d’arme mécène et les gentils, c’est un peu trop simple pour moi. Et parfois l’histoire avance trop vite dans les recherches, ça ne m’a pas paru hyper crédible, même quand on a les moyens. Les personnages sont aussi assez peu travaillés et c’est dommage.

J’ai donc globalement plus apprécié ma lecture que la première fois, mais la forme n’est pas aussi travaillée que le fond malheureusement. La fin du livre est plutôt inattendue et présage d’un second tome totalement différent, à suivre donc 🙂

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Tome 2 – Les Eaux d’Aratta: Ce deuxième tome m’avait laissé des souvenirs franchement plus vagues que le premier. Au fur et à mesure de ma relecture, je me suis souvenue de certaines choses en mode « ah oui, ça me gave, ce n’est pas pour rien que j’avais zappé » et d’autres « mais comment j’ai pu oublier ça?! ». En clair, je trouve ce tome d’intérêt clairement inégal.

Mais parlons d’abord de l’intrigue: au début, on est dans la suite directe du premier, en Amazonie, là où Franklin a emmené la dernière réincarnation de Malhorne pour la mettre à l’abri de Denis Craig et ses troupes. Malheureusement, cette période ne va pas durer et un évènement tragique va amener le groupe de Franklin à se séparer.  A côté de ça, on rencontre Gail, aux Etats-Unis, embrigadée dans une « secte de Malhorne » avec son fils Milos, 7 ans. L’auteur fait ensuite un bon d’une quinzaine d’années dans le futur, et on va suivre trois arcs narratifs différents: dans le premier, Franklin a disparu depuis plusieurs années, personne ne sait ce qu’il a pu advenir de Malhorne, et Tara reçoit un paquet de carnets d’un scientifique qui a visiblement fait des tests pendant 10 ans sur ce qui semble être une réincarnation de Malhorne. Elle va alors chercher à rassembler les membres de leur ancien groupe et enquêter pour retrouver Malhorne. En deuxième, nous allons également suivre Milos devenu adulte, et qui vit de menus larcins. Enfin, le dernier arc s’articule autour d’un groupe d’archéologues et d’une fouille d’envergure au Moyen Orient sur des vestiges de l’époque Sumérienne. Accessoirement, de temps en temps, l’auteur intercale des chapitres « monologues » d’un personnage qui se fait appeler Nemo et qui sont des restitutions d’un genre d’émission écolo où le spectateur se fait (en gros) insulter tout le long. Bien entendu, toutes ces parties vont finir se rejoindre en une intrigue globale à grande échelle.

Bon, à partir de là, vous aurez compris que déjà, les courts chapitres sur le Nemo m’ont vraiment gavée, je n’aime pas la vulgarité et je ne vois pas pourquoi il faudrait une caution décalée à ce point pour offrir un point de vue intéressant au lecteur. Sur le fond, ce qu’il dit est clairement important (d’autant que l’auteur en parle à la fin du livre en post face et que ses données sont toutes véridiques) mais alors sur la forme ça ne passe pas du tout. Heureusement qu’il n’y en a pas 50 car ça m’aurait vraiment plombé ma lecture. Je n’ai pas non plus accroché à tous les chapitres sur Milos, qui me laissaient totalement froide et qui n’ont jamais réussi à éveiller mon intérêt – même une fois qu’on a compris comment il rejoint l’intrigue globale. Je ne suis pas fan de ce genre de personnage de petite frappe et encore une fois, je pense que l’auteur aurait pu trouver un personnage avec un intérêt équivalent pour la suite de l’intrigue mais qui aurait été moins désagréable à suivre. Et lui pour le coup, contrairement à « Nemo », il prend pas mal de place dans le récit, donc je trouvais par moments le temps assez long. Sur la fin, il est rejoint par « Ilis » et sa « soeur » (je ne spoile pas leur identité pour vous laisser une surprise tout de même ^^) qui m’ont laissée assez perplexe.

A côté de ça, nous avons deux parties qui m’ont beaucoup plus intéressée, à savoir celle sur Tara et l’enquête qu’elle mène pour retrouver Malhorne, et les fouilles archéologiques. La partie du Tara (qui m’a vaguement évoqué le 2ème film d’Xmen et le retour au barrage de Stryker ^^) permet de combler certains trous qu’avaient laissé l’ellipse temporelle de 15 ans et d’apporter une nouvelle vision du personnage de Malhorne – ainsi que de nouvelle questions. Les fouilles archéologiques sont non seulement importantes pour l’intrigue (car il y a une vraie mise en abîme sur l’histoire de Malhorne et ceux qui l’ont visiblement précédé), ça en devient vertigineux), et en même temps c’est historiquement captivant (il faut savoir qu’archéologue est un des métiers qui me fascine et que j’aurais voulu faire petite ^^). La fin devient peut être un peu trop ésotérique pour moi, mais à voir avec la suite.

En clair, un tome plus mitigé que le précédent, qui alterne des passages hyper prenants avec d’autres qui le sont beaucoup moins. Je suis globalement perplexe sur l’intrigue, je ne vois pas du tout où l’auteur nous amène avec son histoire – à suivre!

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Tome 3 – Anasdahala: Ce troisième tome s’éloigne encore d’avantage du premier pour devenir franchement nébuleux. Ici Franklin, Tara quelques autres pénètrent dans l’Aratta et pendant 200 pages (sur 500) on entend absolument plus parler d’eux. Les 40 premiers pourcents du livre sont consacrés à Denis Craig, son enquête et ses hommes, autant dire les personnages qui m »intéressent le moins, j’ai honte de dire que même si je viens de finir le livre je n’ai aucun souvenir de ce qui s’est passé durant ces 200 pages, ça ne me parlait pas du tout. Et quand, enfin, on retrouve Franklin et ses comparses, on comprend vite qu’ils ont été séparés. Ilis est avec Milos, Franklin avec Tara, Stuart semble tout seul. On accède à la seconde partie du livre, où, pendant 200 pages, on va les suivre à tour de rôle dans leur nouvel environnement – puisque concrètement, ils semblent tous avoir atterri dans un nouveau monde, où alors des versions antérieures du nôtre: Franklin et Tara, notamment, sont dans ce qui ressemble être le bassin méditerranéen avec des arbres disparus depuis l’Antiquité, mais ne croisent aucune présence humaine…

Ilis va apprendre à Milos à se servir de l’Aratta et l’intrigue avance peu à peu grâce à ça. Ces balades entre différents mondes m’a un peu rappelé à la fois le tout premier tome des Chroniques de Narnia (avec la forêt et les flaques d’eau où chaque flaque est un accès pour un autre monde il me semble) et le dernier tome d’A la croisée des Mondes. J’ai largement préféré cette partie qui était vraiment plus intéressante et intriguante; mais les 100 dernières pages sont devenues vraiment nébuleuses pour moi, ça part vraiment dans tous les sens tout en intégrant une sorte de dimension philosophique et une grosse part de fantastique à laquelle je ne m’attendais pas en attaquant cette saga – moi, je voulais juste du mystère historique! Du coup, à nouveau plutôt mitigée sur ce tome 3 qui s’éloigne de plus en plus de ce que j’espérais avec Malhorne…

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Tome 4 – La matière des songes: Soyons honnêtes, j’ai failli arrêter la lecture de ce tome avant la fin. Je m’y suis profondément ennuyée. L’auteur ne s’arrête pas de ramener de nouveaux personnages et j’ai fini par être non seulement complètement perdue (et pourtant j’ai lu tous les tomes d’une traite) mais aussi par ne plus voir un quelconque intérêt pour tous ces nouveaux protagonistes. Les seuls que j’avais envie de retrouver, ce sont ceux qu’on connait depuis le début (Tara et Franklin en clair), mais leurs apparitions sont diluées parmi toutes celles des autres et n’ont pas suffi à sauver le tome pour moi.

L’auteur continue dans ce qu’il avait commencé à développer dans le tome 3, l’Aratta est un entre-monde dans lequel on peut avoir accès à 7 versions différentes de la Terre qui ont toutes évolué différemment, chacune avec un Eternel (comme Malhorne est celui de notre Terre), et l’un des 7 Eternels veut anéantir les autres. Ca pourrait passer comme intrigue, si seulement le tome 1 n’avait pas l’air de tenir des promesses complètement différentes. Je m’attendais vraiment à autre chose en démarrant la saga et les deux derniers tomes nous emmènent vraiment dans une nébuleuse, un gloubi-boulga qui s’éparpille sans jamais se fixer entre actions militaires, écologie, philosophie, ésotérisme et j’en passe. Ce dernier tome aura été celui de trop pour moi!

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Malgré des promesses vrament intriguantes dans le premier tome, qui, cette fois (contrairement à quand j’étais ado) m’a bien plu, les tomes suivants n’ont pas tenu les promesses de l’auteur, ou en tout cas pas de la façon dont je l’espérais. Jérôme Camut s’est beaucoup éparpillé et au final la saga en devient presque inaccessible et perd de son sens. Dommage, car ça démarrait bien!

En résumé: 

4 réflexions au sujet de « Malhorne (intégrale) – Jérôme Camut »

  1. C’est vraiment dommage, le résumé me tentait bien. Bon, cela dit, ce n’est pas plus mal avec tous les bouquins que j’ai déjà à lire ^^’
    C’est dommage qu’il n’ait pas répondu à tes attentes.

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