La voyageuse des îles – Marie-Odile Ascher

Synopsis: 

À l’île Maurice, dans la seconde moitié du xixe siècle, Sita, une petite servante indienne maltraitée, et intellectuellement surdouée, vit à cheval sur les trois mondes qui composent alors la société mauricienne : les maîtres blancs, les ouvriers agricoles et domestiques indiens, et les anciens esclaves noirs. Sita devient amie avec la fille des maîtres et rêve d’appartenir à cette caste mais, contrairement à ses espérances, l’univers des grands mounes, les « grands Blancs », demeure impitoyablement fermé aux gens de couleur. Sa beauté fait d’elle une proie, et il lui faudra user de toutes ses ressources pour échapper à ceux et à celle qui la convoitent. Elle a quinze ans lorsqu’elle apprend que sa propre famille prévoit de la marier contre son gré et fera tout alors pour échapper à cette union imposée.

À la même époque, en Bourgogne, Guillaume est un simple instituteur de campagne, bien décidé à tout mettre en œuvre pour échapper à un destin écrit à l’avance. Il saura saisir la chance lorsque celle-ci se présentera et, un jour, débarquera à Maurice, terre lointaine de tous les possibles.

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Mon avis: 

Le titre, la couverture et le synopsis m’avaient convaincue de donner une chance à ce roman peu connu. Je dois reconnaître qu’au début j’ai eu un peu peur, car l’auteur utilise un vocabulaire très précis de l’époque (XIXème) et même si les mots sont légendés, il y en avait tellement au démarrage que c’était très lourd à lire, j’avais l’impression d’être dans un documentaire. D’un côté, c’est très bien, on sent que l’auteure a énormément travaillé son contexte historique, mais là je trouvais ça un peu trop. J’avais du mal à faire abstraction pour me focaliser sur l’histoire et les personnages.

Tout s’est rélévé ensuite, j’ai moins eu le sentiment que l’auteure étalait ses recherches, et j’ai pris plaisir à suivre le récit. On va suivre essentiellement Sita, une jeune indienne qui vit dans une propriété blanche sur l’île Maurice au milieu du XIXème siècle. Ses parents veulent arranger son mariage, mais Sita s’y oppose fermement. A douze ans, elle a appris à lire et à parler la langue des colons toute seule, et va se faire remarquer par les maîtres du terrain, qui vont lui attribuer le rôle de demoiselle de compagnie de leur fille Charlotte. A l’époque, donner ce genre de privilège à une jeune fille de la classe de Sila n’était absolument pas courant et plutôt polémique. Mais que va-t-il arriver à Sita une fois adulte? elle aura été éduquée à l’occidentale, mais ne pourra jamais épouser un Blanc vu ses origines, et elle ne veut pas se marier selon les souhaits de ses parents non plus. Or, à l’époque, les alternatives au mariage pour une femme sont quasi-inexistantes…

Le synopsis mentionne un autre personnage: Guillaume, un français, plus âgé. A la même époque mais de l’autre côté du monde, il est ami avec un noble qui a gaspillé sa fortune et qu’il convainc de l’accompagner à l’île Maurice pour refaire fortune. Mais pendant la traversée, l’ami noble en question meurt, et Guillaume voit là l’occasion rêvée pour lui usurper son identité et arriver à Maurice avec un titre et un passé familial plutôt qu’avec son poste d’instituteur qui ne l’aurait pas mené bien loin.

A la façon dont le synopsis est présenté, on a l’impression que l’histoire se concentre sur les deux personnages, alors qu‘en fait, il n’y a réellement que deux chapitres sur Guillaume au début. A partir de son arrivée à Maurice, on aura plus jamais son point de vue et il est relégué comme personnage secondaire dans l’histoire de Sita, même s’il retrouve une forme d’importance à la fin. C’est vraiment l’histoire de Sita.

Globalement, à part le début laborieux, j’ai vraiment passé un bon moment avec ce bouquin. C’est un bon roman historique, avec des personnages finalement attachants et une héroïne moderne et qui se bat contre les conventions sociales de son époque (comme souvent dans ce type d’histoires). Je l’ai trouvé un peu court (350 pages en poche), mais parce que j’ai l’habitude de fresques historiques longues (à la Ken Follett), il y a peut-être certains passages qui auraient mérité d’être plus développés, mais je n’ai pas eu la sensation d’être flouée, d’autant que l’épilogue nous informe non seulement sur la suite des évènements pour les personnages, mais aussi sur leur descendance, et ça perso j’aime bien 🙂 Pour ceux qui voudraient se lancer dans les romans historiques sans avoir à lire de pavés, ça peut être une bonne alternative 🙂

En résumé: 

2 réflexions au sujet de « La voyageuse des îles – Marie-Odile Ascher »

  1. Contente de lire ton avis car il est dans ma wishlist ! J’avais flashé sur le titre, la couverture et le synopsis mais je trouvais peu de chroniques à son sujet. C’est chose faite grâce à toi ! Même si j’avoue que le côté decriptif me dérange un peu..

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