Le monde de Charlie (The perks of being a wallflower) – Stephen Chbosky

Synopsis: 

Au lycée,où il vient d’entrer, on trouve Charlie bizarre. Trop sensible, pas « raccord ». Pour son prof de Lettres, c’est sans doute un prodige ; pour les autres c’est juste un « freak ». En attendant, il reste en marge, jusqu’au jour où deux terminales, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. La musique, le sexe, les fêtes : le voilà entré dans la danse…et tout s’accélère.

image9 bis

Mon avis: 

Le monde de Charlie (pour ma part je suis plus habituée au titre du film, The perks of being a wallflower) est un titre dont j’entends pas mal parler depuis plusieurs années. Je n’ai pas vu le film et je n’avais pas lu le bouquin: au moins maintenant je saurai de quoi ça parle 🙂. L’histoire fait plutôt l’unanimité, et m’a rappelé Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers par bien des aspects, mais je dois dire que je suis sûrement passée à côté de quelque chose, car je l’ai trouvé sympa mais vraiment pas transcendant non plus.

Ce roman, c’est l’histoire d’un adolescent, Charlie, qui entre en première année au lycée (Le lycée aux Etats Unis durant 4 ans, c’est l’équivalent d’un troisième pour nous), et qui raconte sa vie à un destinataire inconnu par courrier (un peu comme s’il écrivait un journal en fait, sauf que c’est bien un roman épistolaire) pendant un an. Charlie est très particulier puisqu’on sent qu’il est très intelligent, mais en même temps complètement en décalage avec les autres, d’autant qu’il n’a visiblement pas intégré certains codes sociaux. Du coup, par certains aspects de sa réflexion, il fait bien plus que son âge, et par d’autres, il semble totalement inadapté et avoir des années de retard sur l’apprentissage de la vie en société. Je n’y connais pas grand chose mais pour ma part, ça m’a tout de suite fait penser à certaines formes légères d’autisme. Aucun diagnostic n’étant jamais posé, je ne pense pas que c’était le but de l’auteur de vraiment nous expliquer de quoi Charlie souffre, mais pour moi ça va plus loin qu’une simple différence de personnalité. Sachant qu’à la fin, il y a une « révélation » qui, je pense, était justement voulue par l’auteur pour que rétroactivement, on se dise « ah ok, donc c’est pour ça qu’il est comme ça », ou en tout cas que ça explique certains pans de son caractère.. mais pour moi ça n’a pas trop marché, ça peut effectivement expliquer certaines choses mais pas à ce point-là. (Enfin, il faudrait soumettre la question à un psy, ce n’est que mon ressenti ^^).

Bref, Charlie est clairement différent, sa soeur et son frère lui font bien sentir, et ses parents, s’ils sont plus mesurés, le pensent également. Charlie, lui, ne paraît pas souffrir particulièrement de ce décalage qu’il peut avoir avec les autres, il ne comprend même pas ce qui peut gêner dans son comportement, il se contente d’être lui-même, d’observer et d’en déduire des comportements à adopter dans telle ou telle situation. Au début de sa première année de lycée, il vient de perdre un ami qui s’est suicidé récemment, et n’a personne avec qui traîner. Il va être rapidement adopté par Patrick et Sam, un frère et une soeur plus âgés (des ‘seniors’, donc des terminales), qui eux aussi ont un statut un peu particulier puisqu’ils sont à la fois branchés et en marge du système (en tout cas c’est l’impression qu’ils m’ont faite). Patrick et Sam vont permettre à Charlie se s’ouvrir peu à peu et de faire ses premières expériences.. et c’est là que le bât blesse pour moi. L’auteur semble croire que pour se « normaliser », il faut en passer par la case sexe, drogue & rock’n’roll; Charlie va tour à tour sortir avec une fille qui n’aime pas, se mettre à fumer, à boire, à consommer de l’herbe, se faire droguer à son insu sans que ça le gène… et je ne suis pas du tout d’accord avec cette version de l’adolescence. De mon côté, je ne bois pas d’alcool (même à 27 ans), je ne fume pas, je ne me suis jamais droguée, et ça ne m’empêche pas d’être (je pense) normale ou d’avoir des amis. Pour moi, toutes ces choses que va faire Charlie pendant l’année grâce à Sam et Patrick ne font pas de lui quelqu’un de plus adapté, ça m’a attristée pour lui en fait, j’ai trouvé l’ensemble plutôt malsain. On dirait qu’il n’a aucune notion de ce qui est bien ou mal, d’avoir une opinion, il se contente de suivre le mouvement, mais du coup il n’a aucun moyen de savoir si ce qu’il fait, c’est parce qu’il a envie de le faire ou si c’est juste parce qu’il ne se pose pas ce genre de questions.

Je ne sais pas si je suis très claire dans mes explications.. le point à retenir c’est que l’ensemble était plus malsain qu’autre chose pour moi ^^. En plus, au delà de ça, je ne trouve pas super crédible le fait qu’un ado un peu en marge comme Charlie soit pris sous l’aile de deux jeunes comme Sam et Patrick, qui ont trois ans de plus que lui. Je n’imagine pas du tout quelque chose comme ça en France, des terminales prendre sous leur aile et emmener partout un élève de troisième ou de seconde, à des soirées etc… après, peut-être que ça arrive aux Etats-Unis, je ne sais pas ^^’.

Sur la forme, étant donné que c’est Charlie qui raconte, le texte est très plat (peu de ponctuation d’expression, il a toujours l’air complètement neutre dans ses propos, on ressent peu ses émotions en tant que lecteur), et ça m’a un peu gênée aussi. A côté de ça, j’ai apprécié la relation qu’il entretient avec son prof de littérature et le fait que le récit soit raconté sous forme de lettres.

C’est court, ça se lit assez facilement; je l’ai trouvé en rayon ado mais il aurait tout autant sa place en littérature contemporaine je trouve. J’avoue que je serais curieuse de voir le film (réalisé par l’auteur du livre) pour voir ce que ça donne, d’autant qu’il a (comme le livre) des supers critiques.. je suis assez perplexe sur ce bouquin en fait. Je ne comprends pas trop l’engouement général

En résumé: 

 

8 réflexions au sujet de « Le monde de Charlie (The perks of being a wallflower) – Stephen Chbosky »

  1. On se rejoint sur ce point. J’ai apprécié ma lecture, mais je n’ai pas compris tout l’engouement autour de ce bouquin moi non plus. D’ailleurs, j’avoue ne pas me rappeler de grand chose de l’histoire… :s

  2. Je l’ai bien aimé, mais pareil, il ne m’a pas laissé un grand souvenir non plus… Même si je trouve que tu es assez dure pour la relation avec Patrick et Sam… Bien sûr que ça existe ! (j’en suis la preuve vivante haha).
    Non plus sérieusement, le côté alcool/drogue ne m’a pas gênée, je pense que ça montre surtout que Charlie se cherche, y compris là-dedans (c’est ce que font pas mal d’ados autant être honnête), mais au final lui-même comprend que ce n’est pas vraiment son truc…
    Il n’empêche qu’au moins ça l’ouvre à un nouveau monde et il rencontre d’autres gens, ce qui étoffe sa réflexion.
    Après j’ai jamais dit que c’était le modèle à suivre et que tu étais asociale parce que tu ne bois pas ou que tu ne te drogues ! De toute façon c’est pas mon cas non plus…

  3. Ping : Dites aux loups que je suis chez moi – Carol Rifka Brunt | Les chroniques de Totoro

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *