Le livre des secrets – Fiona Kidman

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Synopsis: 

En 1953, quand s’ouvre le roman, Maria vit depuis plus de cinquante ans seule dans la maison de famille délabrée. On la surnomme « la sorcière de Waipu », elle qui très jeune se rebella contre sa mère pour vivre sa passion avec un cantonnier. Mise au ban d’une communauté encore très respectueuse des strictes règles morales édictées par son sourcilleux fondateur – l’autoritaire et charismatique Norman McLeod, avec qui sa grand-mère Isabella quitta l’Écosse en 1817 –, elle a tout le temps de se pencher sur le passé.

Après plus de trente-cinq ans de voyage à travers le vaste monde et quelques longues étapes, en Nouvelle-Écosse et dans l’île de Cap-Breton, sur les côtes d’Amérique du Nord, McLeod, que ses disciples appelaient l’ « Homme », décida, en 1854, que leurs tribulations prendraient fin sur cette côte du Nord de la Nouvelle-Zélande où Maria vit le jour bien des années plus tard. L’Homme qui guida là son peuple, convaincu de le conduire sur le droit chemin, reposait depuis vingt ans déjà dans le cimetière près de l’océan. Le journal tenu par sa grand-mère tout au long de sa vie aventureuse, et sur lequel Maria met la main, lui révèle pourtant l’envers du décor : s’y dessine non le portrait d’une diablesse dont elle aurait hérité les penchants pervers et indociles, comme sa propre mère tentait de l’en convaincre, mais celui de l’héroïne indépendante et téméraire que fut Isabella. Il fallait bien du courage en effet pour s’imposer face à un McLeod peu enclin à accepter chez ses ouailles des opinions individuelles, surtout quand celles-ci étaient des femmes.

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Mon avis: 

J’ai été beaucoup moins emballée par cette lecture que ce que j’espérais, malheureusement :/

Le livre des secrets raconte l’histoire de Maria, une vieille femme qui habite seule isolée sur une maison dont elle ne sort jamais; les habitants du village voisin la craignent et lui apportent régulièrement ce dont elle a besoin pour survivre. Passé les premières pages qui nous présentent son quotidien, on va rapidement se plonger dans l’histoire de sa grand-mère Isabella, puis de sa mère Anna, pour comprendre comment Maria a bien pu se retrouver dans cette situation, elle qui a tout l’air d’une grand-mère inoffensive. Ces 3 générations de femmes vont mettre en exergue chacune leur tour une certaine forme d’obscurantisme religieux, qui place les femmes plus bas que terre tout en exerçant un fort pouvoir de persuasion, et qui du coup fait franchement froid dans le dos.

Tout cela, c’est au personnage de Norman McLeod qu’on le doit, une sorte de gourou qui se voudrait prêtre (mais qui n’a jamais été ordonné), et qui arrive à convaincre une poignée de ses fidèles que l’herbe sera plus verte ailleurs. Plusieurs fois en plusieurs décennies, sa communauté est déracinée, passe d’un continent à l’autre par des éprouvants voyages en bateau (nous sommes fin XVIIIème / début XIXème), mais reste envers et contre tout fidèle à McLeod, malgré ses manières plus que discutables vis à vis des femmes en général (et de la sienne en particulier), de ses idées, de ses jugements et de ses prêches douteux.Isabella, la grand-mère de Maria, a fait partie des ‘pélerins’ qui ont accompagné McLeod dans son périple, malgré une forte inimitié à son égard. Isabella est une femme moderne pour son époque, peu docile, elle n’apprécie pas McLeod et ne s’en cache pas, même si cela lui vaut d’être un peu mise à part au sein de la communauté. Sa fille, Anna, au contraire, fait tout son possible pour entrer dans le rang, rester dans la norme; sa dévotion religieuse est forte et sa façon d’élever sa fille Maria renforcera son côté traditionnel et conservateur.

Le contexte historique du roman est très intéressant, et par certains aspects, j’ai apprécié l’histoire. Mais en dehors de ça, j’ai eu beaucoup de mal avec le style de l’auteur. A l’exception des grandes parties, on a peu d’indications de dates, on ne sait jamais vraiment à quel moment on est, il y a des ellipses (parfois courtes mais tout de même) qui m’ont un peu perdue, j’avais du mal à suivre le fil, c’était très flou. Et j’ai toujours eu l’impression de rester une sorte de spectatrice lointaine, comme s’il y avait une vraie distance entre moi et le récit. Quant aux personnages, à part Isabella (et encore), je ne les comprenais tout simplement pas. Entre Anna qui est à des lieues de ma façon de penser, Maria qu’on a envie de secouer, McLeod qu’on a envie de frapper, j’ai trouvé que la plupart des protagonistes subissaient leur sort sans jamais essayer de se prendre en main..

Bref, même si le thème était prometteur, je m’attendais à autre chose de ce roman auquel je n’ai pas vraiment accroché, malgré un contexte historique assez soigné et des thèmes non dénués d’intérêt. 

En résumé: Image1

4 réflexions au sujet de « Le livre des secrets – Fiona Kidman »

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