Un goût de cannelle et d’espoir – Sarah McCoy

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Synopsis: 

Allemagne 1944. Naïve et innocente, Elsie traverse la guerre à l’abri de la petite boulangerie de ses parents et sous la protection d’un officier nazi, loin d’être indifférent à son charme. Lors de la soirée de Noël du parti, elle échappe de peu à un viol grâce à un petit garçon juif. Seul et sans défense, il demande à la jeune fille de le cacher. Prendra-t-elle le risque ? États-Unis, de nos jours. À quatre-vingts ans, Elsie s’active toujours derrière les fourneaux de sa boulangerie. Elle rencontre Reba, une journaliste venue l’interroger sur les fêtes de Noël du passé…

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Mon avis: 

Le titre de ce roman m’intriguait depuis un moment. Je me suis enfin lancée et finalement, si ce n’est pas un coup de coeur, j’ai globalement bien apprécié ma lecture. 

On va (encore, en ce moment je n’arrête pas les romans comme ça) suivre deux temporalités différentes (même trois en fait): la période contemporaine au Texas, où la journaliste Reba va interroger la gérante d’une boulangerie allemande (Elsie) et sa fille Jane; et puis l’Allemagne en 1944-1945, où on retrouve Elsie mais jeune, aidant ses parents à la boulangerie.

Autant le dire tout de suite: j’ai adoré la période 1944-1945, mais je n’ai vraiment pas accroché à l’époque récente et aux personnages de Reba, Riki (son fiancé) et Jane. En fait, je n’ai pas compris vraiment cette histoire d’interview sur les anciens Noëls, je trouvais ça complètement fumeux comme excuse pour découvrir Elsie âgée, et je n’ai jamais réussi à me départir de ce sentiment pendant la lecture de ces passages-là. Il y a aussi tout un pan des passages « actuels » consacrés aux douanes américaines à la frontière mexicaine et aux migrants clandestins (le parallèle avec le régime nazi dépeint dans le reste du récit est évident), mais ça ne m’a pas passionnée non plus. Ce n’est pas inintéressant pourtant, mais je n’avais pas envie de lire ça dans ce livre-là.

Dans la partie pendant la guerre justement, le récit est plus riche et bien plus intéressant; dans ce genre d’histoire, on a souvent le point de vue des juifs ou des résistants au régime, rarement celui d’une famille qui ne condamne pas les nazis et qui profite même de leurs largesses. La famille d’Elsie représente surement bon nombre de familles de l’époque, qui ferment les yeux sur ce qui se passent dans les camps mais appréciant cette idée de « grande Allemagne » promise par Hitler. La soeur aînée d’Elsie, Hazel, qu’on ne rencontre que par l’intermédiaire de lettres, est au départ complètement embrigadée dans la réflexion nazie, elle habite dans un Lebensborn (cf Max) avec ses 3 enfants dont elle a fait don au régime. Les parents d’Elsie fournissent les nazis en pain, qui en contrepartie leur permettent de souffrir moins de la faim et des rationnements en leur fournissant certains produits. Elsie est la seule de la famille qui, sans être rebelle, semble moins convaincue par les nazis et leur guerre contre les juifs.

Au début du roman, elle a 16 ans et est invitée à son premier « bal nazi », où un officier client de ses parents (et âgé de 30 ans) la demande en mariage. L’officier en question va nous amener à la troisième « temporalité » du récit, puisqu’on va le suivre sur quelques chapitres s’étalant du début de la guerre à ce fameux bal. C’est vraiment mineur dans le roman mais ça mérite tout de même d’être souligné: encore un personnage nazi avec ses faiblesses et ses qualités et assez humain finalement.

Après le bal, Elsie va être amenée à protéger un enfant juif chez ses parents, qui ne sont pas au courant.. Cette partie (la plus commune dans les récits sur la guerre) est finalement peu exploitée par l’auteur je trouve, mais est à l’origine du passage le plus émouvant du livre à la fin, avec la lettre de Tobias.

Les passages d’Elsie prenant nettement plus de place que les autres (qui m’ont moins intéressée), j’ai passé un bon moment de lecture. La fin est très touchante.

En résumé: bon-livre-bis

6 réflexions au sujet de « Un goût de cannelle et d’espoir – Sarah McCoy »

  1. Je suis contente qu’il t’ai plu, c’était une très belle lecture pour moi. Je m’étais moins -comme toi- passionnée pour les passages de la période actuelle. Mais j’en garde un très bon souvenir.
    Je change de sujet mais j’adore le fait que tu mettes les photos des auteurs, car je l’avoue je ne fais jamais de recherches sur comment ils sont, et ça donne un charme supplémentaire en fait ! Tu as un très joli blog ! Bonne lecture à toi 🙂

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