L’éducation de Stony Mayhall – Daryl Gregory

L'éducation de stony mayhall

Synopsis:

Stony a trois sœurs : Alice, Chelsea, Junie. Et sa mère Wanda, qui l’aime plus que tout. Sans oublier Kwang, son copain de toujours, persuadé que Stony possède un superpouvoir. Parce que Stony est insensible aux flèches que son ami lui plante dans le ventre histoire de rigoler… Il faut dire que Stony ne respire pas. Ne mange pas vraiment. Ne dort jamais. Et pourtant il grandit. Stony ignore ce qu’il est. Il n’a pas pris la mesure de son réel pouvoir. Ça viendra. Reste une interrogation : y en a-t-il d’autres comme lui ? La réponse à cette question emportera tout dans son sillage…

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Mon avis: 

Après La fille qui a tous les dons, j’ai enchaîné directement avec un nouveau roman de zombie, encore une fois avec une originalité certaine – plus encore que dans celui de M.R. Carey. On est ici dans un mélange de fantastique et d’uchronie, et pas de post-apo (plutôt rare pour roman de zombies): en 1968, une « épidémie zombie » s’est déclenchée aux Etats-Unis, mais a très vite été contenue et matée par le gouvernement. (Donc ce n’est pas du post-apo, puisque l’Aocalypse n’a pas eu lieu…). Peu de temps après cette fameuse épidémie, Wanda, mère de 3 jeunes filles, va trouver sur le bord de la route une femme morte qui tenait un bébé dans ses bras. Mais le bébé, lui, n’est pas vraiment mort…

L’auteur nous raconte ce qu’aurait pu être l’histoire si une épidémie zombie s’était déclenchée en 1968. Il nous propose une version alternative de notre histoire contemporaine (les seventies libérées, la chute des Twin Towers en 2001, la lutte contre le terrorisme) éclairée sous un jour différent, tout en dénonçant certains travers bien réels de notre société (le rejet de la différence / le racisme notamment, mais pas que).

L’intrigue est découpée en 5 grandes parties qui nous amènent des années 60 à 2010, pour dresser un portrait morcelé de la vie de Stony. La première partie se focalise sur sa jeunesse, la façon dont il a grandi coupé du monde, entouré presque exclusivement de ses soeurs et de sa mère, qui le cachent par peur de ce qu’il pourrait lui arriver. Il sait qu’il est différent mais se sent pourtant humain au fond de lui; et surtout, il pense être seul au monde à souffrir de cette condition. Dans les parties suivantes, on découvre avec Stony que d’autres « zombies » ont survécu à 1968, ils sont même relativement organisés, avec une société et des codes. En fait, le roman propose une réécriture du mythe du zombie, puisqu’ici, ils ne sont dangereux que 24-48h après avoir été « transformés »; ils sont alors pris d’une fièvre qui les pousse à manger d’autres humains, mais ensuite, la fièvre retombe, et ils redeviennent « normaux »… sauf qu’ils sont toujours morts, et clairement rejetés par les vivants, qui ont peur d’eux.

J’ai beaucoup apprécié le fait de suivre les personnages sur 40 ans, les ellipses temporelles (inhérentes à ce procédé) ne m’ont pas trop gênée, mais j’ai trouvé les parties d’un intérêt inégal. La première est fascinante et beaucoup d’éléments de la suite en découlent, elle est donc primordiale. Les parties centrales ont moins accroché mon intérêt, je me suis détachée de Stony, même si l’auteur dénonce et passe des messages importants à ce moment-là. Je ne me suis pas ennuyée, mais ça manquait de quelque chose. Par contre, la fin m’a vraiment plu et remonte le reste du livre pour moi 🙂

Si vous aimez les romans de zombies purs et durs, avec du sang et du gore, clairement, passez votre chemin. En revanche, pour les autres, ça peut être intéressant, car il y a un vrai message sur l’acceptation de la différence, au delà du thème du zombie qui finalement sert surtout de prétexte. Le roman a d’indéniables qualités, même si je ne suis pas archi convaincue par le milieu du livre ^^

En résumé: Image5

5 réflexions au sujet de « L’éducation de Stony Mayhall – Daryl Gregory »

  1. Moi qui justement ne suis pas branchée zombies de base, je me retrouve totalement happée par ta chronique 😉
    Comme quoi peu importe le sujet, la façon dont il est traité peut nous interpeller même si ce n’est pas notre came.
    Merci pour la découverte.
    Bisous.

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