Des fleurs pour Algernon – Daniel Keyes

des fleurs pour algernon

Synopsis: 

Algernon est une souris de laboratoire dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l’intelligence. Enhardis par cette réussite, les deux savants tentent alors, avec l’assistance de la psychologue Alice Kinnian, d’appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d’esprit employé dans une boulangerie. C’est bientôt l’extraordinaire éveil de l’intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l’amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jour, les facultés supérieures d’Algernon déclinent…

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Mon avis: 

C’est la couverture qui m’a d’abord attirée pour ce livre. J’ai rapidement compris qu’il était considéré comme un classique de la SF, l’oeuvre majeure de son auteur Daniel Keyes, alors que je ne connaissais pas du tout. Je l’ai donc acheté, dans sa « version augmentée »: l’édition comprend en fait la nouvelle originale, écrite en 1959, sa « version longue » de 1965 (le roman), et un « essai autobiographique » de l’auteur, qui raconte sur 200 pages comment il est devenu écrivain et son rapport avec son oeuvre principale.

J’ai commencé par lire la nouvelle: je ne suis pas du tout branchée « récits courts » et je voulais finir ça rapidement pour me plonger dans le coeur du roman. Au final, la nouvelle m’a touchée, je l’ai trouvée vraiment bien fichue, prenante, poignante. En fait, comme dans le roman d’ailleurs, le livre est rédigé sous la forme d’une sorte de journal intime, et on suit les pensées du personnage principal, Charlie. Intellectuellement très limité au début, son style simplet et son orthographe catastrophique montrent au lecteur son état mental. On comprend d’après ce qu’il raconte qu’il est au coeur des moqueries de ses collègues, ce dont il n’a pas du tout conscience (et franchement ça brise le coeur). De fil en aiguille, après son opération, Charlie parvient à apprendre et retenir de plus en plus de choses, il s’éveille au monde extérieur. Son écriture s’améliore petit à petit, tandis qu’il devient littéralement de plus en plus intelligent, ce qui était son souhait le plus cher. Mais son intelligence va-t-elle le rendre plus heureux?

Le roman comme la nouvelle soulèvent des questions éthiques et morales que je ne m’attendais pas forcément à trouver. La prise de conscience de Charlie du monde extérieur, du regard des autres, de leur médiocrité (lui qui prenait un peu tout le monde pour des génies au départ va vite déchanter) est vraiment bluffante. Et puis, son intelligence nouvellement acquise ne lui permet pas de savoir se comporter en toute situations, notamment avec les femmes. Je trouvais cet aspect bizarrement mieux traité dans la nouvelle d’ailleurs: dans le roman, il y a tout un passage avec sa voisine qui m’a laissé de marbre, je trouvais que ça arrivait comme un cheveu sur la soupe. Par contre, un élément du roman qui n’était pas présent dans la nouvelle, c’est toute la relation avec sa famille: son enfance, la façon dont ses parents et sa soeur se comportaient avec lui quand il était petit, le fait que personne ne l’ait jamais vraiment accepté tel qu’il était – sauf son père, mais qui ne s’est jamais battu pour lui, c’est terrifiant. J’ai trouvé sa démarche d’essayer de les retrouver 20 ans plus tard très courageuse. Le roman explore des pans de l’histoire personnelle de Charlie, par le biais de flash-backs, qu’il n’y avait pas dans le récit de 1959.

Son déclin intellectuel annoncé est terrible à lire car il a pleinement conscience de ce qu’il lui arrive… Est-ce une bonne chose de l’avoir rendu intelligent, mais seulement pour un temps? N’aurait-il pas été plus heureux sans savoir? 

Pour tous ceux qui n’apprécient pas la SF, je le conseille tout de même. Ce n’est pas un roman hyper pointu d’un point de vue scientifique ou technique, pas du tout, on est clairement dans le quotidien d’un homme qu’une opération chirurgicale va parvenir à changer, mais la science n’est pas le but premier du roman, c’est vraiment plus une réflexion sur l’intelligence, le rapport aux autres, la tolérance ou encore l’éthique.

L’essai autobiographique de l’auteur ne m’a pas complètement emballée – certains passages étaient de trop, mais j’avoue que j’ai vraiment apprécié pouvoir découvrir l’envers du décor, connaître les pistes de réflexion que l’auteur avait traversées avant de rédiger son histoire, les éléments qui l’ont influencé. Il avait l’air d’être quelqu’un de très humain. Je ne comprends pas qu’on ne trouve pas ce genre de « bonus » dans plus de livres (il y en avait dans la version VO de Divergente que j’ai lu l’an dernier par exemple), je trouve ça super intéressant.

En résumé: bon-livre-bis 

11 réflexions au sujet de « Des fleurs pour Algernon – Daniel Keyes »

  1. Tu m’as donné envie de le lire presque en priorité. Si nous sommes fait de la rencontre avec les autres, leurs regards sur nous peut parfois être destructeur ou constructif. En un mot , le sujet est intemporel , vite vite à mettre sur ma PAL !!!

  2. Je pense qu’un jour je le lirai, j’aime bien le résumé et surtout il a majoritairement de bons avis malgré que ce soit un classique alors… je suis curieuse

    (Promenons-nous dans les livres alias bénébooksblog, l’adresse de mon blog a changé.)

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