Les limites de l’enchantement – Graham Joyce

les limites de l'enchantement

Synopsis: 

Elevée par Maman Cullen dans la campagne anglaise, Fern vit dans un monde en marge du nôtre. Un monde en osmose avec la nature et les esprits qui la peuplent, un monde sur lequel, si vous êtes initié, vous pouvez avoir prise. Mais Fern va devoir faire face à la réalité et à la société moderne qui la rattrapent. Déjà, des hippies sont venus s’installer près de leur maison, les envahissant avec leurs drôles de moeurs et leur musique hypnotisante. L’expulsion les guette, faute d’avoir payé le loyer. Après avoir aidé tant de personnes des environs, Fern pense bien trouver, à son tour, un peu de réconfort auprès de ses voisins. Mais cela ne sera pas si simple.

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Mon avis:

Les limites de l’enchantement est un curieux roman. Classé en SF/fantastique, pour moi, ce n’en est absolument pas. J’avais lu quelques avis avant d’attaquer le livre, je savais donc que la partie « imaginaire » était discrète, mais là ce n’est plus de la discrétion : il n’y a juste rien de fantastique là dedans. Tout est une question de croyances et d’atmosphère. Les personnages (Fern et sa mère adoptive) vivent maigrement de leurs connaissances de guérisseuses par les plantes/sages-femmes. Elles répètent des rituels qu’on pourrait aussi bien apparenter à des manies ou de la superstition (rien dans la plume de l’auteur ne laisse entendre que leurs croyances ont un impact quelconque sur le réél). Une vague communauté d’’initiés » est évoquée, que j’assimilais pendant ma lecture à des « sorcières » (comme on pourrait en trouver dans notre monde : connaissance des plantes, rituels wicca, etc), mais vraiment pas de surnaturel à proprement parler, et même ce dont j’évoque reste finalement assez diffus, comme une toile de fond, ce n’est pas le propos de l’auteur.

Graham Joyce (dont c’était le premier roman que je lisais, après en avoir repéré plusieurs) réalise en fait ici, comme le décrit très exactement la jaquette du livre, « une chronique douce-amère de l’Angleterre rurale dans les années 1960 (…) un portrait sensible et touchant d’une jeune femme à qui personne n’a jamais appris à vivre dans un monde en mutation« . Je n’ai pas de meilleurs mots pour parler du livre, finalement. Fern vit effectivement à une époque hybride, où le monde moderne et les progrès de la médecine repoussent chaque jour un peu plus les gens comme elle, proches de la nature et de croyances « païennes » (en fait, elle et sa mère me font penser à des sortes de druides ou de chamans). Sa mère la maintient enfermée dans cet univers clos, loin des turpitudes de la ville et des hommes, mais le jour où elle tombe malade, Fern se retrouve seule et réalise qu’elle n’est absolument pas armée ou préparée pour vivre dans ce monde qui lui réclame un loyer ou qui lui impose des voisins hippies / toxicos. Elle est complètement en décalage avec la réalité de son époque, et c’est cette réalité qui, en la rattrapant et en s’imposant à elle, va la faire mûrir et s’ouvrir aux autres, en lui permettant de se rapprocher d’autres personnes ou en l’obligeant à s’inscrire à une vraie formation de sage-femme.

L’auteur ne porte pas de jugement sur ses personnages et leurs différentes façons de vivre; en revanche, on sent toute l’ambivalence du personnage de Maman, à la fois très sage et très castratrice. Sa plume est douce, l’atmosphère qui se dégage du roman plaisante, on est vraiment plongé dans les sixties. Si j’ai été un peu déroutée par l’absence totale de surnaturel, je n’ai pas passé une mauvaise lecture pour autant, le roman est agréable à lire et on passe un bon moment 🙂

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8 réflexions au sujet de « Les limites de l’enchantement – Graham Joyce »

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