Les dames du Lac (Le cycle d’Avalon, tome 1) – Marion Zimmer Bradley

PicMonkey Collage

Synopsis: 

La légende du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde n’avait, depuis longtemps, inspiré un roman d’une telle envergure, d’un pareil souffle. Et, pour la première fois, ce draine épique nous est conté par une femme à travers le destin de ses principales héroïnes. Bien sûr, Merlin l’Enchanteur, Arthur et son invincible épée Excalibur, Lancelot du Lac et ses vaillants compagnons, tous sont présents mais ce sont ici les femmes, exceptionnellement attachantes, qui tiennent les premiers rôles: Viviane, la Dame du Lac, grande prêtresse d’Avalon, Ygerne, duchesse de Cornouailles et mère d’Arthur, son épouse Guenièvre, Morgane la Fée, soeur et amante du grand roi… S’appuyant sur plusieurs années de recherches, cette épopée envoûtante est bien autre chose qu’un roman historique de plus. Elle relate la lutte sans merci de deux mondes inconciliables, celui des Druides et des anciennes croyances défendant désespérément un paradis perdu et celui de la nouvelle religion chrétienne supplantant peu à peu rites et mystères enracinés au coeur de la Grande Bretagne avant qu’elle ne devienne l’Angleterre.

image9 bis

Mon avis: 

L’idée de base de la saga est excellente: reprendre les légendes arthuriennes du point de vue des femmes, il fallait y penser. Le fait est que je connais très peu la mythologie du Roi Arthur à part quelques noms (Table ronde, Brocéliande, Guenièvre, Lancelot…). Je serais donc bien incapable de dire si cette adaptation du mythe est bien faite ou non (en tout cas, j’y ai retrouvé les noms que je connaissais). Mais une chose est sûre, ça semble bien fait, bien goupillé, bien pensé, et franchement travaillé par l’auteur, qui a probablement passé un temps fou à potasser les légendes et le contexte historique de l’époque.

L’histoire se déroule vers le Vème siècle après Jésus Christ. L’Europe est en pleine transition religieuse, entre la disparition des croyances païennes issues de l’Empire Romain décadent et l’essor progressif du catholicisme. C’est ce que j’ai préféré dans ce roman (et que j’avais d’ailleurs également beaucoup apprécié dans La voie des oracles), cette dualité religieuse de l’époque, ce monde en mutation, je trouve ça fascinant. Ce n’est pas seulement une toile de fond ou un contexte historique abstrait, mais bien un moteur des personnages principaux du récit – je pense notamment à la femme d’Arthur, Guenièvre, fervente catholique qui pousse son mari à abandonner ses croyances païennes, quitte à se mettre tout un peuple à dos.

On découvre aussi un côté plus fantasy / fantastique avec la présence constante de l’île d’Avalon (héritière de l’Atlantide? Il se trouve que la légende de l’Atlantide fait partie de ces mythes dont je raffole), ses prêtresses et ses druides. J’aime quand le surnaturel est enchâssé dans un récit beaucoup plus terre à terre comme ici, et l’auteure a parfaitement réussi le mélange des deux genres (surnaturel et historique).

A côté de ça, malheureusement, je ne suis pas complètement convaincue par la plume de Marion Zimmer Bradley. Je n’ai rien de particulier à lui reprocher mais je n’ai pas vraiment accroché pour autant. Ce qui m’a gênée vient probablement du côté trop académique de son écriture; l’ensemble m’a paru se prendre un peu trop au sérieux et plein de rigueur. J’avais l’impression que personne ne sourit jamais dans cette histoire… la mise en page du roman n’a pas aidé, puisque c’est très serré, le texte n’est pas du tout aéré, les chapitres s’enchaînent sans passer à la page suivante, bref, le tout est un peu trop compact pour moi.

De plus, l’histoire se déroule sur plusieurs décennies (on démarre avec Ygerne, la future mère d’Arthur, quand elle n’a que 19 ans et qu’Arthur n’est justement pas encore né, jusqu’à l’âge adulte dudit Arthur) mais on a très peu d’indications temporelles et beaucoup d’ellipses. Pour une histoire qui se déroule sur une période d’environ 30 ans, 400 pages peuvent sembler peu, pourtant c’est très dense, et un peu d’aide pour mieux se situer dans le temps aurait été une bonne idée. Je pense que ça vient du fait que l’auteur reprend un récit légendaire qui n’a pas de date à proprement parler, mais des indications comme « 3 ans plus tard » auraient déjà pu aider. Enfin, c’est un détail ^^.

En résumé, je pense que c’est un roman qui peut plaire aux amateurs de récits historiques et de réécritures de contes et de légendes; pour les amateurs de fantasy pure, ne vous attendez pas quelque chose de très poussé de ce côté-là, il y a finalement peu d’action et le rythme est plutôt contemplatif (d’autant plus qu’on suit les femmes de l’histoire, et qu’elles passent beaucoup de temps à attendre leurs maris partis guerroyer… sauf que les guerres en question, on n’y assiste pas). Même si je ne suis pas vraiment convaincue, le côté historique m’interpelle vraiment et je pense que je lirai la suite de la saga 🙂

En résumé: Image5

(en rédigeant ma chronique je me rends compte que le roman a été adapté en téléfilm en 2001 avec Julianna Margulies, que j’aime beaucoup ^^ je vais essayer de le dégoter en VO pour la peine!)

13 réflexions au sujet de « Les dames du Lac (Le cycle d’Avalon, tome 1) – Marion Zimmer Bradley »

  1. J’avais beaucoup aimé cette lecture parce que, depuis toujours, j’ai un faible pour tout ce qui concerne de près ou de loin le mythe arthurien. Je trouvais ça très intéressant de le découvrir du point de vue des femmes mais je comprends tes réticences quand à la mise en page et au rythme de l’histoire.
    Merci pour l’info sur l’adaptation, je ne le savais même pas ><

  2. J’ai Le cycle du Trillium dans ma PAL, et c’est l’ampleur de la saga qui me fait un peu peur. J’ai du mal à m’accrocher à la même histoire trop longtemps. Surtout si tu dis que son écriture est très académique. Je vais peut-être me lancée un jour, mais je pense qu’elle va encore prendre la poussière quelques temps :$

    • oui je connais ce sentiment ^^ de mon côté j’essaie d’avancer mes sagas cette année donc je pense vite me lancer sur la suite, mais en général je suis comme toi

  3. J’ai beaucoup entendu parler de cette série aussi, et le fait de faire conter l’histoire par des femmes me plait beaucoup. Par contre la forme (académique, mais bon ça je peux encore m’y faire – mais surtout cette histoire de ne pas changer de page pour un nouveau chapitre!) me freine un peu.
    J’adore la légende arthurienne, et cette période de transition religieuse me semble super intéressante! Donc je pense qu’un jour, je vais craquer.

    Si voir l’histoire d’Angleterre par les yeux des femmes (trop souvent oubliées par l’hisoire) t’intéresse, je te conseille les livres de Philippa Gregory (par contre beaucoup ne sont pas traduis en français), c’est super intéressant et ça replace la femme dans l’Histoire. J’en ai chroniqués certains, et deux autres sont à venir. Quant à la transition religieuse, si le sang ne te fait pas peur, la série Viking de History channel est vraiment top.

    • j’adore Vikings 🙂
      les Philippa Gregory je n’ai lu que The other Boleyn girl mais il faudrait que je lise les autres 🙂

  4. Je l’ai lu il y a super longtemps (quelque chose comme 15 ans, c’est dire), mais j’avais beaucoup aimé à l’époque, justement pour le mélange historique / fantastique. Bon j’avais aussi une petite faiblesse pour la geste arthurienne, ça aide ^^

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *