Moloka’i (La prisonnière du paradis) – Alan Brennert

la prisonnière du paradis

Résumé:

Hawai, 1892. Rachel Kalama, petite Hawaïenne de sept ans à l’esprit vif et malicieux, rêve de visiter des contrées lointaines à l’image de son père, qui officie dans la marine marchande. Jusqu’au jour où une tache rosâtre apparaît sur sa peau, et où ses rêves d’ailleurs s’envolent aussi sec. Arrachée à son foyer et à sa famille, Rachel est envoyée à Kalaupapa, campement de quarantaine installé sur l’île de Moloka’i. C’est là que sa vie doit se terminer – mais elle s’aperçoit qu’en réalité, elle ne fait que commencer… 

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Mon avis:

Publié en broché en juin 2014 sous le titre Moloka’i (le titre original) et réédité en poche en juin 2015, ce livre me faisait de l’oeil depuis sa sortie: un récit qui mêle l’historique à la maladie, ça m’intéresse beaucoup. J’ai mis du temps avant de l’acheter, puisque le format poche a changé de titre, et que je n’avais pas compris au début q’u’il s’agissait du même livre! Je devais vraiment être pressée de le découvrir, puisqu’il n’aura pas duré plus d’une nuit… j’ai dévoré les 630 pages entre 21h et 4h du matin la nuit dernière!

Sur le même thème que l’excellent L’île des oubliés de Victoria Hislop, qui avait été un coup de coeur il y a deux mois, Alan Brennert nous plonge ici au coeur d’une léproserie hawaienne, des années 1890 aux années 1940. Nous y faisons la connaissance de Rachel, une petite fille arrachée à sa famille après la découverte d’une marque rose suspecte sur sa peau, et qui va être envoyée sur l’île de Moloka’i où était installée une colonie de lépreux. Révoltée pendant de longues années par sa condition, désirant plus que tout guérir et quitter Moloka’i pour voir le monde, Rachel parviendra-t-elle à réaliser ses rêves?

Ce roman, c’est le récit de l’histoire d’une femme, Rachel, de sa révolte, de ses espoirs, de ses joies, de ses peines, bref, de la façon dont elle parvient à s’accomoder tant bien que mal de sa condition et réussit à s’épanouir malgré sa maladie. Pas larmoyant pour un sou, c’est une vraie leçon de vie que nous donne le roman; on ne peut qu’admirer la force de caractère de Rachel tout au long du livre.

Les personnages secondaires sont tous bien dessinés et très attachants, et la plume de l’auteur est particulièrement agréable et immersive. L’essentiel du récit se déroule sur l’île, en retrait du monde, et de temps à autres, une nouvelle surgit de l’extérieur et rappelle aux patients de Moloka’i que le monde continue d’avancer sans eux (l’arrivée du cinéma, de l’électricité, de la Seconde Guerre Mondiale…). Ces moments, rares (de par l’isolement de Moloka’i), sont vraiment prenants et jalonnent la vie de l’île de repères historiques qui permettent de mieux comprendre le quotidien qu’a pu être celui de ses habitants dans la première moitié du XXème siècle (comme pour le roman de Victoria Hislop, Alan Brennert s’est basé sur des faits réels: l’île de Moloka’i existe bien et a effectivement été une léproserie pendant de longues années).

Là où L’île des oubliés était une fresque familiale s’étendant sur plusieurs générations de femmes, Moloka’i est moins ambitieux et se concentre uniquement sur la vie de Rachel. C’est probablement ce qui fait que malgré mon excellent ressenti, ce n’est pas un coup de coeur – ça, et le fait que je le trouve un poil moins touchant également. Mais globalement, c’est une excellente lecture qui m’a permis d’en découvrir plus sur un pan d’histoire que je ne connaissais pas du tout. Je le conseille vraiment! 

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11 réflexions au sujet de « Moloka’i (La prisonnière du paradis) – Alan Brennert »

    • c’est différent! il y avait des enjeux familiaux dans L’île des oubliés qui ne sont pas présent ici, avec une dimension multigénérationnelle, alors que dans Moloka’i on suit la même personne tout le long. Le sujet est le même (l’exclusion des malades de la lèpre) mais le traitement, non! j’avoue avoir eu une petite préférence pour L’île…, mais celui-ci est très bon malgré tout 🙂

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