Hysteresis – Loïc Le Borgne

hysteresis

Résumé:

« Allô, c’est un enfant perdu qui vous parle. Est-ce qu’il y a quelqu’un de l’autre côté ? Non, vous êtes déjà morts. Je suis l’enfant de vos enfants, je suis de votre sang. Il y a une petite bougie allumée près de moi. Il faut économiser les bougies. Autour, c’est le noir de la cave, celle où je vis. »


Le temps a filé depuis la Panique, la grande, l’incommensurable débâcle qui a couru sur le monde, balayant jusqu’au dernier rêve d’une humanité autocentrée… Le temps a passé, oui, et il a fallu reconstruire comme on a pu. Essayer, en tout cas, et au prix fort : celui du savoir, bien sûr, mais aussi celui de l’espérance… Et quand Jason Marieke arrive à Rouperroux, misérable village accroché à sa survie précaire, lui, l’ancien, celui d’avant la Panique, homme en quête doté de connaissances mystérieuses et aux questions qui dérangent, alors semble sonner l’avènement d’une ère nouvelle, celle des réponses et du cortège d’horreurs qui les accompagne… tampon-clear-arabesque

Mon avis:

Je suis assez perplexe sur ce roman dont la couverture m’avait attirée, ainsi que le résumé. Je lui reconnais finalement beaucoup de qualités, mais je n’ai pas été embarquée pour autant… étrange!

Etrange, atypique, le roman l’est certainement. Dans sa construction et dans sa narration essentiellement: on alterne les passages avec le narrateur principal (Romain, qui raconte ce qui s’est passé dans son village plusieurs années auparavant), d’autres sont des extraits de journaux ou de notes de personnages secondaires, et il y a une foule d’extraits de chansons ou de poèmes. Ca contribue à la richesse littéraire du roman de façon évidente, mais personnellement je suis complètement hermétique aux poèmes et aux paroles de chansons, ça ne me parle absolument pas, je trouve que ça casse le rythme et que ça ne sert à rien…

Nous sommes plongés dans un monde post-apocalyptique très curieux, intriguant, à l’atmosphère assez oppressante et malsaine. Quarante-deux ans auparavant, il y a eu la « Panique », sorte de cataclysme (écologique?) qui a tué beaucoup de monde, et les survivants vivent comme au Moyen Age, sans électricité et avec un confort très sommaire. Ils vouent un culte aux arbres et beaucoup de gens croient même aux fées; quiconque abîme un arbre est puni très sévèrement, comme ils ont puni tous les « vieux », ces personnes nées avant la Panique et responsables (selon eux) de la situation. Il ne fait donc pas bon avoir plus de 50 ans dans cet univers… C’est là qu’arrive Jason, un homme de 60 ans qui a vécu dans le village avant la Panique. Conteur itinérant, il est à la recherche de son amour de jeunesse, mais son âge inquiète les hauts fonctionnaires du village, dont l’ignorance, la bêtise, l’obscurantisme, le fanatisme et la méchanceté seront dévoilés au fur et à mesure du récit. Heureusement, une poignée de protagonistes sauve les meubles en s’avérant plus éclairés que les autres (l’archiviste par exemple, que j’ai bien aimé).

Je trouve l’ensemble des thèmes abordés intéressants et finement traités (surtout les croyances sur les fées, les cultes que peuvent engendrer l’effondrement de la civilisation, et le message écologique qui est très fort), de même que l’originalité du récit pour du post-apo. Sur l’arrière du livre, une petite phrase de l’éditeur indique que « Loïc Le Borgne signe avec Hysteresis son premier roman « adulte », récit post civilisation très personnel, puissant, lyrique, porté par une langue ciselée et une sensibilité tranchante« , et je suis d’accord avec tout ça. Malheureusement, je n’ai pas été touchée par le roman pour autant, j’ai l’impression de n’être jamais rentrée dedans, d’être restée à l’extérieur tout le long, en spectatrice. Je suis bien en peine d’expliquer pourquoi, et ça me perturbe de trouver autant de points positifs à un livre tout en n’ayant pas l’impression de l’avoir apprécié. Toutefois, je le conseille aux amateurs du genre, il est suffisamment original pour mériter qu’on s’y attarde, et j’espère qu’il vous touchera plus que moi!

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