Dentelle et Nécromancie (Victorian fantasy, tome 1) – Georgia Caldera

 victorian fantasy

Synopsis:

D’aussi loin que remontent ses souvenirs, Andraste, issue d’une longue lignée de sorcières, vit dissimulée aux yeux du monde. Son univers restreint ressemble à s’y méprendre à une cage dorée, elle qui ne rêve que de s’envoler. C’est alors qu’une invitation de la main même de la Reine vient bousculer les plans de sa grand-mère qui dirige la famille d’une main de fer. Et une requête royale ne se refuse pas… à moins de souhaiter perdre la tête.
Sa découverte du monde commence, à mille lieues de ce qu’elle imaginait. La cour est pleine de dangers, de rumeurs et de règles qu’elle ne maîtrise pas.
Mais sa plus grande erreur est de succomber au regard aussi noir que la nuit de lord Thadeus Blackmorgan…
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Mon avis:

Un bien curieux roman que celui-ci! A mi-chemin entre plusieurs styles (romance (historique), fantastique, fantasy et steampunk), l’univers créé par l’auteur est très intéressant (et m’a beaucoup rappelé celui de La malédiction d’Old Haven): nous sommes en Angleterre, sous le règne de la reine Victoria (supposément au XIXème siècle donc), sauf que la magie est très présente dans cet univers et que la reine Victoria est au pouvoir depuis déjà plusieurs siècles… c’est donc un cadre historique alternatif qui est proposé ici par Georgia Caldera, une sorte d’époque victorienne parallèle à la nôtre. Les personnes possédant un pouvoir sont soit des sorciers, soit des nécromanciens (ils peuvent contrôler le corps des morts). Aux frontières du Royaume, la guerre fait rage et la Reine recrute toutes les personnes ayant du pouvoir pour les entrainer au Palais Royal et les enrôler dans son armée…

J’ai beaucoup aimé cet univers alternatif victorien. Les pays limitrophes de l’Angleterre (qui s’appelle Néo-Britannia dans le roman, de même que Londres s’appelle Néo-Londonia) ont été renommés: Scotia pour l’Ecosse, Ilandria pour l’Irlande et Gallia pour le Pays de Galles. Différentes sortes de magie sont présentées ici, la magie « classique », la métamagie (qui permet de créer des « animécaniques », des animaux fusionnés avec une partie mécanique qui améliore leurs capacités, d’où le côté steampunk), la nécromancie… Georgia Caldera a une imagination féconde et ça se sent :).

Pourtant, l’intrigue principale de l’histoire n’est pas fantastique. Pour moi, ce livre est clairement une romance intégrée à un univers original pour le genre, mais une romance tout de même. Pratiquement toute l’histoire est axée autour de la relation entre Andraste et Blackmorgan, le reste n’est que (très) secondaire. Andraste est une jeune femme qui a été maintenue enfermée jusqu’à ses 21 ans par sa famille à cause d’une allergie au soleil. Elle ne rêve que de liberté et quand arrive chez elle une invitation de la Reine pour séjourner au Palais Royal, c’est une opportunité en or pour elle.. et aussi l’occasion de mettre en exergue sa naïveté et son inexpérience des manières du monde. Ainsi, lors de sa toute première soirée au Palais, elle tombe sur un homme sur le point de se suicider. Elle l’en empêche ( je vous laisse découvrir comment 😉 ), et découvrira plus tard qu’il s’agissait de Lord Blackmorgan, son professeur de nécromancie. S’ensuit alors une relation en dents de scie, faite de quiproquos, de malentendus, de désir…

Andraste a été invitée au Palais car la Reine pense qu’elle est une Elue de la Nuit: ce sont des femmes extrêmement rares qui ont des cheveux blancs et les yeux teintés de rouge (comme Andraste), et qui possèdent deux pouvoirs au lieu d’un (sorcellerie + nécromancie), les rendant très précieuses. Andraste n’est pourtant qu’une sorcière très modeste et ne semble pas avoir un quelconque don pour la nécromancie, qui la dégoûte.

Comme je le disais plus haut, l’intrigue principale, c’est vraiment la relation entre Andraste et Blackmorgan. Il y a de nombreuses intrigues secondaires (une femme qui tue celles qui présentent les mêmes caractéristiques physiques qu’Andraste, la Reine et son fils Augustin qui magouillent dans leur coin, la malédiction dont est victime la famille de Blackmorgan, le mariage arrangé d’Andraste avec un Ilandien…) mais elles sont vraiment survolées, de même que l’univers présenté par l’auteur, qui est utilisé en toile de fond mais pas vraiment mis en valeur par l’intrigue. Si pas mal des intrigues en question trouvent leur résolution dans les 50 dernières pages (en ayant été peu exploitées pendant le reste du livre), il n’en reste pas moins qu’on en sait finalement très peu sur la métamagie ou sur la nécromancie en elle-même (alors que pas mal de scènes se déroulent pendant les cours de nécromancie de Blackmorgan!), c’est dommage, il y avait de quoi creuser de ce côté-là pour enrichir le roman. Je pense que les personnes qui adorent la fantasy / le steampunk mais qui ne sont pas fan de romance risque d’être déçues et de rester sur leur faim. De mon côté, j’aime le fantastique, j’aime la romance, je suis beaucoup plus circonspecte sur la fantasy, donc le dosage ne m’a pas dérangée, et j’ai bien accroché. Mais j’espère que l’univers sera plus mis en avant dans le second tome.

En dehors de ces considérations sur l’intrigue, parlons un peu des personnages: Andraste est une battante mais elle est excessivement naïve (normal quand on a passé sa vie enfermée) et je commence à me lasser un peu de ces personnages d’oies blanches… elle se ridiculise plus d’une fois en public à cause de son manque de manières et j’étais embarassée pour elle (même si, sur le fond, elle a raison). Blackmorgan m’a rappelé le personnage de Piers dans la Belle et la Bête d’Eloisa James: il souffre physiquement et ça l’aigrit considérablement, il est rustre, il ne faut pas le chercher, mais il a son charme ^^. J’ai trouvé des similitudes flagrantes entre leur relation et celle d’Henri et Cornélia dans Les larmes rouges (de la même auteur), notamment sur les quiproquos qu’engendrent leur manque de communication. (D’ailleurs, petit point qui n’a rien à voir: c’est quoi ces prénoms à chaque fois? Henri, Cornélia, Andraste, Thadeus…?! y’en a pas un seul de potable…). Quant aux autres personnages, ils sont franchement accessoires. J’aurais aimé savoir ce que deviennent Ruth (la soeur d’Andraste) et Scott (qui convoitait Andraste également) car on ne sait pas du tout ce qu’il se passe pour eux à la fin du livre… Enfin, le personnage qui m’a déçue (ou plutôt, dont l’absence m’a déçue), c’est celui de la Reine Victoria. Le synopsis disait « une requête royale ne se refuse pas… à moins de souhaiter perdre la tête », je m’attendais donc à ce que la Reine prenne une part relativement important dans l’intrigue, alors qu’on ne la rencontre que brièvement à deux ou trois reprises, c’est tout! Elle porte un masque qui cache un visage appamment déformé, mais pourquoi? (je veux savoir ^^).

Au niveau de l’écriture, rien à dire. Georgia Caldera écrit toujours aussi bien (et son style, peut-être un peu précieux/suranné est adapté à l’époque de son roman cette fois-ci), les scènes un peu hot ne sont pas du tout vulgaires, c’est très agréable à lire. Concernant la couverture, je n’accroche pas du tout (ça me rappelle celles de la trilogie La sélection), c’est beaucoup trop girly et pas du tout adapté à l’histoire, qui a une atmosphère plutôt sombre.

Encore une fois, je ne pensais pas que j’avais autant à dire sur ce roman ^^ De mon côté, ce n’est pas un coup de coeur mais ça a été une lecture très agréable. Je n’ai pas ressenti de longueurs (mentionnées par pas mal de chroniques), je regrette juste un manque d’approfondissement de l’univers magique du livre, mais sinon j’ai vraiment passé un bon moment de lecture! J’attends la suite 🙂

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23 réflexions au sujet de « Dentelle et Nécromancie (Victorian fantasy, tome 1) – Georgia Caldera »

  1. Georgia Caldera est l’une des rares auteurs dont j’ai lu tous les bouquins. J’ai d’abord commencé avec Les Larmes Rouges et j’ai trouvé Dentelle et Nécromancie bien en-dessous… j’ai été déçue du manque d’approfondissement de l’univers et de la « magie » utilisée.
    Le personnage d’Andraste étant trop « oie blanche » comme tu dis si bien, et puis la façon dont elle sauve Thadeus je trouve ça trèèès moyen XD

    Je l’ai lu l’année dernière, et c’était agréable de s’y replonger le temps de ta chronique ! En tout cas, je me procurerais quand même volontiers le prochain tome.

  2. J’avais noté aussi le coup de « tout dans les 50 dernières pages » pour les intrigues extérieures à la romance. Un peu frustrant ^^ Mais sinon c’est un livre qui m’a donnée envie de 1) continuer la série 2) aller voir d’un peu plus près ce que l’auteur à fait d’autre en fantastique car elle a une plume bien agréable et une imagination débordante.

  3. Le resume me plaisait beaucoup mais je ne suis pas fans des livres purement romantique. J’aime la romance mais a petite et incorpore dans un decors fantastique or au pire de science fiction. Donc je ne pense pas que ce livre soit pour mois. Mais peut etre que je l’essaierai comme meme. Est ce que l’autre serie de l’auteur est moins porte sur la romance?

  4. Bonjour ! Je viens de voir ton commentaire sur ce roman sur mon ancien blog. Merci d’avoir pris cette peine ! La plate-forme meurt de sa lente mort, j’ai donc changé, ce qui explique que je viens seulement de voir ton comm… Je suis d’accord avec toi, on est plus sur une romance avec ce livre. L’auteure a d’ailleurs écrit une romance contemporaine après il me semble, et je crois qu’elle s’atèle à la suite en ce moment. J’espère quand même avoir la suite de Victorian Fantasy bientôt !

    • oui, Hors de portée, le seul Georgia Caldera que je n’ai pas lu ^^ merci à toi d’être passée 🙂 c’est vrai que pour le coup WordPress ne semble pas trop mal se porter 🙂

  5. O.O J’ai lu ta chronique en diagonale car il est dans ma PAL, mais tu me donnes envie de le sortir assez rapidement :p

    Par contre, ça me chagrine un peu si c’est en dessous des Larmes Rouges :-/

  6. Ping : De velours et d’acier (Victorian Fantasy, tome 2) – Georgia Caldera | Les chroniques de Totoro

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