Meurtres pour rédemption – Karine Giébel

meurtres pour rédemption

Résumé:

Si jeune, Marianne devrait être insouciante et rêver à l’avenir, des projets plein la tête. Mais son seul rêve, c’est la liberté. Car Marianne est en prison. Perpétuité pour cette meurtrière. Indomptable, incapable de maîtriser la violence qui est en elle, Marianne refuse de se soumettre, de se laisser briser par l’univers carcéral sans pitié où elle affronte la haine, les brimades, les coups, les humiliations. La tête haute, toujours. Elle s’évade parfois, grâce à la drogue qu’elle paye en nature, grâce aux romans qu’on lui laisse lire, grâce à ses souvenirs aussi. Grâce au bruit des trains, véritable invitation au voyage. Elle finit par apprendre l’amitié, la solidarité, et même… la passion. Mais sans aucun espoir de fuir cet enfer, hormis dans ses rêves les plus fous. Et puis un jour, l’inimaginable se produit. Une porte s’ouvre au parloir. Trois hommes, trois flics lui proposent un odieux marché, lui offrant une possibilité de quitter ce purgatoire. Mais en échange de sa liberté elle devra tuer pour eux. Des derniers meurtres à commettre… pour rédemption.

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Mon avis:

Avant-dernier bouquin de ma « pile-des-livres-que-j’ai-dans-ma-PAL-mais-qui-ne-me-disent-plus-rien-et que-je-me-force-à-lire-tous-d’un-coup », c’est encore une fois une très bonne surprise (finalement, dans cette fameuse pile, il n’y a que La tempête du siècle et Le poids de son regard qui ne m’ont pas du tout accrochée).

Les critiques sont toutes excellentes, il s’agirait du meilleur de Karine Giébel, etc. Pourtant, ayant lu Juste une ombre et n’ayant que moyennement adhéré, je n’étais pas hyper-emballée à l’idée de me plonger dans un pavé pareil (988 pages tout de même), surtout pour une histoire plantée dans l’univers carcéral qui ne me parle pas du tout (en général, je m’ennuie). Et puis, finalement, contre toute attente, la magie a vraiment bien fonctionné 🙂

L’héroïne de l’histoire s’appelle Marianne, et ce n’est pas le personnage principal type. Issue d’une famille aisée, elle a perdu tôt ses parents et a été élevée par ses grand-parents, qui ne voyaient pas d’un bon oeil sa pratique du karaté (pas assez bien pour eux). Adolescente, Marianne rencontre un petit voyou avec qui elle va tenter de voler une personne âgée. Le vol se passe mal, son ami est tué et, acculée, elle tue un policier lancé à sa poursuite et blesse gravement une de ses collègues, enceinte. Ce sera la prison à perpétuité pour elle. On la découvre donc en maison d’arrêt, où elle moisit depuis déjà 4 ans. Sa découverte du milieu carcéral ne s’est pas faite sans heurts; entre la culpabilité qui la ronge, l’addiction au tabac et à l’héroïne qu’elle ne peut payer qu’en couchant avec un des surveillants, ses co-détenues violentes et les matonnes sadiques, c’est comme l’enfer sur terre sans espoir de sortie. Pourtant, un jour, 3 policiers viennent lui proposer un marché: ils peuvent la faire sortir de prison si elle accepte de tuer pour eux…

Dans juste une ombre, j’avais déjà noté la maîtrise des mots de Karine Giébel. Cette impression est renforcée ici; il n’y a pas à dire, elle a une plume vraiment magnifique et sait manier les mots pour plonger ses lecteurs dans un bain d’émotions. Son style est précis, incisif, noir au possible, mais vraiment prenant et peu d’auteurs peuvent se vanter d’écrire aussi bien.

C’est un livre très noir, très sombre, dur et violent. Pourtant, ça semble également très réaliste. L’univers carcéral est très bien dépeint. L’intrigue est longue à se mettre en place, puisque la proposition des flics à Marianne arrive page 80 environ, et on n’entend plus parler d’eux ou presque pendant les 400 pages suivantes. Elle attendra la page 540 pour s’évader, donc plus de la première moitié du livre se déroule exclusivement à l’intérieur de la prison. Pourtant, à aucun moment je n’ai trouvé le temps long, moi qui ne suis vraiment pas fan des histoires qui se passent en prison. On s’attache à Marianne, à sa hargne, son désir de liberté, on la comprend, même si elle a tué. Il y a tout de même des touches de lumière grâce aux personnages de Daniel et de Justine, qui, chacun à leur manière, rendent le quotidien de Marianne un peu plus supportable. Je me suis aussi beaucoup attachée à Emmanuelle, et j’ai été vraiment attristée de la façon dont cette sous-intrigue se termine.

La seconde moitié du livre est à la fois très différente (puisque Marianne sort enfin de prison) et finalement assez semblable: elle passe d’une cellule à une autre (l’endroit où elle est gardée « en transit » tant qu’elle n’aura pas commis les fameux meurtres) et de surveillants infects à d’autres matons (les flics qui la surveillent). On comprend que la vraie prison de Marianne, c’est sa culpabilité. La voir traitée comme une sous-merde par pratiquement tout le monde fait mal au coeur, et dénonce vraiment l’injustice du système judiciaire (n’est-ce pas là un comble?). Comment pourrait-elle s’améliorer, devenir une meilleure personne en étant traitée de la sorte? Les vrais criminels ne seraient-ils pas plutôt les surveillants qui profitent des failles du système pour assouvir leurs pulsions sadiques? Le livre est porteur de messages sous-jacents très forts et est bluffant de bout en bout.

J’ai deux regrets, c’est la façon dont termine l’histoire pour Daniel et le fait qu’on ne revoie pas Justine après la sortie de prison de Marianne, j’aurais aimé que les deux femmes se rencontrent une dernière fois.

Au final, un livre qui m’a vraiment soufflée, et que je conseille à tous les amateurs de polars!

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12 réflexions au sujet de « Meurtres pour rédemption – Karine Giébel »

  1. Tout comme toi, Juste une ombre m’avait convaincue quant à l’écriture, et ce roman me fait beaucoup envie pour continuer à découvrir cette auteure.

    Bon, il se pourrait que je dise ça de tous ses romans. :p *faible*

  2. j’ai très envie de faire un bout de chemin à coté de cette Marianne , car sans être son avocate , tu me donnes envie de mieux la connaitre ainsi que l’univers carcéral . Donc pour moi , à lire absolument …. après mes priorités .

  3. J’ai eu l’occasion de lire deux autres romans de l’auteure, et j’ai adoré les deux. Il m’en reste encore un dans ma PAL (Le purgatoire des innocents si je ne me trompe pas) et je me le garde pour cet hiver, genre début décembre, sous la couette avec juste une petite lampe allumée ^^

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